dimanche 25 juillet 2010

La souffrance au travail en milieu hospitalier: un cas affligeant pour la FPH

La souffrance au travail... c'est un fait particulièrement triste quand l'environnement professionnel concerné est un centre hospitalier, lieu où justement la prise en compte de ces situations devrait permettre une meilleure conscience...

Ainsi la psychologue et psychanalyste Marie Pezé (créatrice de la première consultation sur la souffrance au travail) a été victime de tensions liées à son handicap.
Le comble est que Marie Pezé a contribué à rendre public le problème de la souffrance au travail par son livre: « Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés »!...

"C’est du passé : sa consultation est condamnée depuis qu’elle a reçu, une lettre de licenciement après des années de bras de fer avec la direction de l’hôpital qui l’employait.
Son histoire est d’une ironie confondante : alors qu’elle reçoit des salariés en souffrance au Centre d’accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre, Marie Pezé est licenciée après avoir tenté, en vain, d’obtenir des aménagements de son poste de travail, qui la faisait souffrir.
Psychanalyste et docteur en psychologie, Marie Pezé a créé sa consultation, la première de France, en 1997. Elle est handicapée à 80%. « La première fiche de la médecine du travail date de 1999 », raconte-t-elle. « Il y en a eu trois au total. A chaque fois, mon cas s’était aggravé. »
L’hôpital ne réalise pas les aménagements demandés
Voici par exemple ce que préconise en 2003 un médecin du travail qui la déclare « apte sur poste aménagé » :
« pas de port de charges, aide à la gestion des dossiers, courriers et photocopies, déplacements limités : aide, vestiaire à proximité, pas de gestes fins et répétés : dictaphone pour courrier, utilisation d’oreillette téléphonique, secrétariat aidant. »
Mais la direction du Cash n’effectue pas les aménagements demandés par la médecine du travail. Marie Pezé est souvent en arrêt maladie. Quand elle exerce -sa consultation accueille 900 patients par an, dont un tiers travaillent dans le même hôpital qu’elle-, ses patients la voient répondre au téléphone, faire des photocopies, porter des dossiers…
Outre ses patients, des magistrats, des médecins du travail ou des psychologues constatent aussi ses conditions d’exercice : pour obtenir le certificat de spécialisation en psychopathologie du travail, dont Marie Pezé est responsable pédagogique, ils assistent à ses consultations.
Des journalistes et des parlementaires la sollicitent
Des élus, des documentaristes ou des personnalités diverses, intéressés par les pathologies que la psychologue a contribué à mettre en lumière, viennent aussi, avec l’accord des patients.
L’automne dernier, le journaliste Jean-Robert Vialet l’interroge dans sa très belle série documentaire sur France 2, « La Mise à mort du travail », qui obtient le prix Albert-Londres 2010. Les députés UMP auditionnent Marie Pezé dans une commission parlementaire et l’interrogent pour leur site Lasouffranceautravail.fr. (Voir la vidéo)
Mais au Cash, seuls les médecins ont droit à un secrétariat et à une imprimante dans leur bureau. Marie Pezé, malgré son handicap, doit aller au bout du couloir, et porter ses dossiers elle-même : quoique docteur, elle n’est pas médecin.
Début 2009, une psychologue du travail qui recevait les employés de l’hôpital (1 500 fonctionnaires, médecins et contractuels) s’en va. Elle n’est pas remplacée avant 18 mois.
« Depuis son départ, j’ai récupéré les salariés qu’elle prenait en charge », raconte Marie Pezé.
Le Cash doit faire des économies
Le 7 avril 2010, elle écrit au directeur de l’hôpital pour, une fois de plus, lui « faire mesurer la nécessité de recruter rapidement un psychologue du travail en remplacement » de la précédente. Deux pages de rappel à la loi et de détails, dont ceux-ci :
« Les agents du Cash sont, du fait même de la population prise en charge par l’institution, confrontés à des situations de violence qu’il ne faut pas banaliser : incendies avec morts, crimes, tentatives de meurtre, viols, coups et blessures, injures, insultes, provocations, incivilités… »
Le directeur, nommé un an plus tôt avec mission de faire des économies, répond le jour-même :
« Madame,
Vous avez oublié parmi les destinataires le premier président de la Cour des comptes. Cette noble institution pense qu’il y a aussi des efforts à faire dans les hôpitaux en matière de gestion. »
Marie Pezé n’est donc pas la seule à souffrir des restrictions budgétaires.
Le 16 juin 2010, un médecin du travail la déclare « inapte définitive ». « Inapte à mon poste, pas à mon travail », dit la psychologue.
« Je faisais le même tableau clinique que mes patients »
La direction du Cash ne communique pas sur le licenciement de Marie Pezé. C’est l’avocate de l’hôpital, Me Anne-Françoise Abecassis, qui s’en charge :
« Mme Pezé a été licenciée en raison d’une inaptitude physique constatée par le médecin du travail. Elle ne souhaitait pas être reclassée. Au contraire, elle a clairement exprimé qu’elle attendait ce licenciement. Les écrits en témoignent. »
Pour des raisons juridiques, Marie Pezé refuse de commenter les propos de l’avocate. Simple réponse :
« Je faisais le même tableau clinique que mes patients. »
A propos des demandes d’aménagement du poste de travail de Marie Pezé, que l’hôpital était légalement dans l’obligation d’effectuer, l’avocate botte en touche :
« Je ne connais pas l’historique de ce dossier, j’en ai été saisie très récemment. Mais elle a refusé un autre bureau, car elle voulait un environnement très immédiatement médicalisé. »
Marie Pezé répond qu’elle reçoit des patients « qui font des poussées d’hypertension et des malaises ».
La direction : « C’est une perte pour l’établissement »
Ils iront désormais les faire ailleurs, puisque Me Abecassis confirme que la consultation de Marie Pezé, qui a la particularité d’être psychologue clinicienne, sera supprimée :

« Mais tout le monde s’accorde à dire que c’est une perte pour l’établissement. »
L’avocate rappelle que la psychologue « a exprimé qu’elle est très fatiguée physiquement, psychiquement » et ajoute, énigmatique, qu’elle n’a pas envie d’en dire plus que ce que Marie Pezé dit elle-même sur son état."

La psychologue, licenciée à un an ½ de la retraite, perd du même coup ses fonctions de responsable pédagogique, d’experte devant les tribunaux, et d’enseignante à l’université. Pour conclure dans cette affaire lamentable c'est encore un exemple du peu de cas qui est réservé aux personnes ayant un problème d'handicap dans le travail, tout semble être de la poudre aux yeux, dans la réalité les choses se passent avec pour seule priorité : la rentabilité...rien que la rentabilité!
Ceci écrit nous vous invitons à lire le livre de Marie Pezé, il est poignant et plus que jamais d'actualité.

« Vous voulez en savoir plus sur la souffrance au travail ? Il faudrait que vous entriez dans mon bureau, que vous preniez place sur cette chaise à côté de la mienne. Que vous écoutiez. Vous pourriez ainsi entendre l'extraordinaire impact du travail sur le corps et sur le psychisme. Le travail peut sauver. Il peut tuer aussi. Travail sous contrainte de temps, harcèlement, emploi précaire, déqualification, chômage sont le lot quotidien des patients de la consultation Souffrance et Travail ». Marie  Pezé

mercredi 21 juillet 2010

Point de vue sur la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur la grippe H1N1.

Évaluation du rapport final réalisé par le Docteur Marc Girard:

Plusieurs internautes m’ont demandé de commenter le rapport final consacré aux travaux de la Commission d’enquête réunie par l’Assemblée nationale "sur la manière dont a été programmée, expliquée et gérée la campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1)". Ce rapport a été diffusé à la mi-juillet 2010.

A titre liminaire, qu’il me soit permis de confesser que ce commentaire correspond pour moi à une corvée d’utilité publique, car de façon - là encore - assez précoce pour ne pas me rendre suspect de réagir a posteriori, je n’ai cessé d’ironiser sur les résultats prévisibles de cette enquête-bidon (cf. entre autres mes Perles des 04/01, 15/01, 19/01, 20/01, 23/01, 29/01 [1], 18/02, 30/03, 01/04, 05/04, 16/04, ou encore des 16/05/, 02/06, 12/06/, 21/06 [2]). Je serais donc fondé à soutenir qu’il n’y a pas un instant à perdre avec la misère prévisible et prévue de cette contribution sachant de plus que, d’expérience, il n’y a rien de plus ravageant et consommateur de temps que de réfuter l’ineptie.

Il est utile de préciser pour radical qu’il fût, mon scepticisme ne résultait pas d’un préjugé obtus à l’égard des politiques : mais dans ses présupposés comme dans sa méthodologie, cette commission n’a jamais eu la moindre crédibilité (je reviendrai sur ce point dans un instant).

Tel qu’il se présente aujourd’hui, ce pauvre rapport atteint le respectable volume de 742 pages : perdre du temps à confirmer ce qui a été annoncé, c’est se détourner d’autres questions plus essentielles [3]. La presse française, par exemple, est restée très discrète sur les récents déboires d’Avandia qui, à trois jours d’intervalle (09/07 et 12/07), ont justifié pas moins de deux articles dans le New York Times - revue provinciale à diffusion confidentielle (sans commune mesure avec les phares intellectuels qui justifient ici l’argent récemment réinvesti du minitel rose et du porno) mais qui, pour l’essentiel, confirment l’analyse de la pharmacovigilance telle que, tant bien que mal, j’avais essayé de présenter lors de mon audition...

En l’espèce et pour les raisons susdites, je me propose donc de mettre en pratique la méthode évoquée dans mon livre (p.79) :

"on n’a pas besoin d’avaler jusqu’au bout un oeuf pour constater qu’il est pourri (...) : il y a des bouquins dont il suffit de lire la quatrième de couverture pour savoir ce qu’il y a dedans."

Des conclusions prévisibles et prévues

Dans Les Echos du 21/01/10, on pouvait lire cette profession de foi du président du Nouveau Centre, principal demandeur de la commission :

"C’est une commission pour accompagner tout gouvernement à mieux gérer les crises de pandémie et à répondre de manière efficace aux questions posées ", a plaidé le président du groupe centriste, François Sauvadet, se défendant de vouloir " remettre en cause l’action " de Roselyne Bachelot, qui " a bien fait son job ".

La signification de cette partialité fondatrice est encore aggravée dans le rapport (p. 8-9) par la revendication décomplexée de tout ce que la commission a délibérément ignoré, à savoir notamment les conflits d’intérêts des experts (ainsi que le scandale des antiviraux, celui-ci n’étant d’ailleurs qu’un prolongement de ceux-là) : ce, au motif que "le seul sujet de l’organisation de la campagne de vaccination étant au demeurant suffisamment complexe pour éviter toute dispersion." On pourrait s’arrêter là, car une bonne part de la supercherie se résume à cet aveu :

* Loin de s’interroger sur la mystification qui a conduit a inventer une "pandémie" dont il est aujourd’hui notoire qu’elle n’a jamais existé, on s’escrime à la recrédibiliser rétrospectivement en affectant de s’interroger gravement sur les modalités d’une meilleure organisation lors de "la prochaine" pandémie : mais pour qu’il y ait une "prochaine", encore eût-il fallu qu’il y en eût une "précédente". Il est d’autant plus regrettable que cette question centrale soit esquivée par la commission que la tromperie de la "précédente" (grippe porcine) succédait elle-même à la blague de la pénultième (grippe aviaire), pour ne point parler de l’antépénultième (virus HPV) et de celles qui ont encore précédé (hépatite B)... Il faudra bien s’interroger un jour sur ces épidémies virales dont l’actualité en termes de santé publique est scandée par la disponibilité de vaccins dont le coût exorbitant est la seule originalité.

* En admettant même qu’il eût été légitime de limiter les travaux de la commission à "l’organisation de la campagne", n’était-ce pas aller un peu vite en besogne que de poser d’emblée que l’organisatrice incontestée de cette campagne avait "bien fait son job" ? A quoi bon enquêter, si elle a tout fait bien ?

Le motif de ces incohérences pourtant voyantes, c’est tout simplement l’historique le plus probable qui a conduit à toute cette gabegie. Il se murmure en effet que, préoccupé non pas tant par la dangerosité propre de la grippe que par la perspective de millions de travailleurs en arrêt-maladie dans le contexte d’une crise économique grave (pour s’informer, on a les experts qu’on peut), c’est le Président de la République lui-même qui aurait fait le choix d’un achat massif aux conditions exorbitantes imposées par les fabricants. Toujours soucieux de justifier mes références, je tiens à préciser ici que je n’ai pas de preuves formelles du fait - lequel ne m’est remonté que par l’intermédiaire des meilleurs-experts certainement plus au fait que moi de ce qui s’est réellement passé dans les allées du pouvoir. Mais je tiens ce on-dit pour d’autant plus crédible qu’il est fort compatible avec ce que nous savons de l’omniprésence présidentielle et que, d’autre part, il explique l’injustifiable comportement de la ministre de la santé, laquelle s’est cantonnée dans une posture d’exaspérante arrogance : ne cherchant même pas à mimer l’intelligence ni l’élégance, la ministre a simplement donné l’image d’une femme assurée d’une totale impunité.

La boucle serait donc bouclée, car si l’on peut tenir pour éminemment probable que le responsable de cette désastreuse campagne n’est autre que le Président de la République en personne, on n’imagine pas une seconde les leaders du Nouveau Centre aller mordre la main qui les nourrit : Madame Bachelot a d’autant "mieux fait son job" qu’elle s’est contentée d’obéir aux ordres du patron...

Une méthodologie inadéquate

Du début à la fin, cette commission d’enquête a donné une image de bricolage et de combine. D’abord, en s’écartant de l’usage qui veut que les postes de président et celui de rapporteur soient équitablement répartis entre la majorité et l’opposition. Ensuite, et à l’autre bout de la chaîne, en bouclant un rapport dans la précipitation : selon le Canard Enchaîné (07/07/10), deux photocopies seulement du rapport ont été mises durant quatre jours à la disposition des 30 membres de la Commission...

Entre ces deux extrêmes, tout a boité : sans même évoquer l’assiduité apparemment problématique de la plupart des membres, citons quelques éléments en vrac.

* De quel droit les séances, non publiques, n’ont-elles été ouvertes qu’aux journalistes ? Y a-t-il, en France, des citoyens de seconde zone dans le droit à l’information (sachant de plus qu’en l’espèce, ces journalistes si bizarrement privilégiés ont quand même joué un rôle majeur dans la réplication et l’amplification des informations fausses qui ont alimenté le scandale de la grippe porcine) ? Il me paraît ahurissant qu’aucun parlementaire - de droite, de gauche ou d’ailleurs - n’ait eu l’idée d’évoquer cette élémentaire question de droit [4].

* Au nom de quel principe les personnes auditionnées n’ont-elles eu aucun réel droit de regard sur la transcription de leur audition - et notamment des propos qui leur sont attribués ? La lettre de convocation stipulait textuellement que le compte rendu adressé aux intéressés "ne pourra[it] être corrigé". C’est ainsi que, pour parler de ce que je connais, le compte rendu de ma propre audition ne recouvre qu’approximativement ce qui s’est réellement dit : on n’y entend plus Lagarde insister lourdement sur le fait que ma convocation fut simplement réductible à une lubie de son collègue Bapt, on n’y comprend qu’imparfaitement les motifs qui ont justifié le soir même ma lettre ouverte, on n’y reconnaît que vaguement ma dénonciation pourtant fort argumentée d’une pharmacovigilance qui "ne marche pas" et qui n’a jamais marché, on n’entend qu’incomplètement Madame Lemorton (députée de Toulouse et pharmacienne d’officine) dénoncer la tromperie qui conduit à vacciner contre l’hépatite B des bébés totalement à l’insu des parents... On peine à admettre que le Président puisse essayer de mettre un auditionné en difficulté au motif que sa déposition est intégralement enregistrée (p. 656), sans avoir l’élémentaire élégance de veiller à ce qu’à tout le moins, cet enregistrement lui soit ensuite remis afin de permettre les vérifications qui s’imposent. On comprend mal, enfin, que sans le moindre élément de fait pour soutenir ses accusations, le même président accuse répétitivement un auditionné d’avoir "caviardé" Dieu sait quoi Dieu sait comment (Rapport, p. 652 et 654).

* S’il est exact que, devant la commission, un auditionné a pu proférer des "mensonges" (Rapport, p. 652 et 653) après avoir prêté serment, comment un Président responsable peut-il se dispenser de réclamer les sanctions judiciaires qui devraient alors s’imposer ? Faut-il comprendre que le cérémonial sur serment, c’était juste du pipeau [5] ?

* En admettant même qu’un script intégral des dépositions ait été matériellement impossible à réaliser en si peu de temps :
Avec quels moyens cette commission - par ailleurs incapable de faire des photocopies en nombre décent à destination de ses propres membres - a-t-elle réussi le travail considérable d’obtenir, en une dizaine de jours seulement (de ma convocation du 27/05 à mon audition réelle du 09/06), le script intégral de mes interventions publiques->142] ? A-t-elle bénéficié de concours extérieurs et si oui, desquels ?
Pourquoi ne pas avoir adopté le moyen simple et éprouvé d’un enregistrement vidéo des auditions ?

* Sur la base de quels critères ont été choisis les journalistes qui ont participé à la table ronde du 27/05/10 ? Pourquoi n’y trouve donc aucun représentant de cette "petite" presse qui, à la différence des invités de ce jour-là, a vaillamment résisté à la propagande gouvernementale ?

* De la même façon, sur la base de quels critères ont été choisis les experts ou techniciens auditionnés ? Dans la mesure où c’est constamment et exclusivement derrière leur "excellence" présumée que s’est abritée Madame Bachelot pour justifier le bien-fondé de sa campagne, pourquoi n’a-t-il pas été approprié de les interroger sur leurs biais et leurs conflits d’intérêts même si la commission entendait ne se concentrer "que" sur cette campagne ?

Rien de tout cela ne tient debout.

Des recommandations atterrantes

Sans qu’il soit besoin, là encore, de commenter l’intégralité du détail, l’incongruité rare des recommandations confirme la débilité de l’ensemble.

Au terme de cette histoire qui a surtout montré le danger pour la santé publique d’un secteur vaccinal réglementairement sinistré par les lobbies et exploité sans scrupules pour garantir la rentabilité d’une industrie pharmaceutique obstinément incapable d’innover, la commission n’a pas trouvé mieux que de recommander "une politique vaccinale volontariste" (p. 119)... Et, dans l’improbable cas où le lecteur, suffoqué de rire, n’aurait pas bien compris, le rapporteur s’empresse de préciser qu’il parle bien des vaccins "contre la grippe saisonnière" - quand l’histoire aura été notamment l’occasion de livrer au débat public les résultats désastreux des évaluations Cochrane concernant ces vaccins-là précisément. Il est difficile d’être plus autiste.

On n’a que l’embarras du choix, ensuite, si l’on préfère pleurer que rire : par exemple, quand on entend le rapporteur recommander la mise en place d’études épidémiologiques "lors de toute future campagne de vaccination" (p. 115) alors qu’à la base du problème posé, il y a d’abord l’insuffisance des études qui devraient conditionner l’autorisation de mise sur le marché (et, par conséquent, la mise en place éventuelle de "campagnes" ultérieures) [6].

J’ai un attachement sentimental tout particulier concernant la recommandation de "conforter l’expertise" (p. 116). D’abord pour le choix du mot "conforter" qui signifie notamment (selon le Grand Robert) "Donner des forces à (un régime politique, une situation, une thèse, etc.)(...) Raffermir (qqn) dans une opinion" : comme si tous ces meilleurs-experts à la solde des lobbies et devant qui les politiques se sont durablement couchés avaient, en sus, besoin d’être "raffermis" !... Ensuite, parce que, si l’indigente défense des politiques s’est limitée à dénoncer l’incompétence présumée des experts à qui l’épreuve du réel a outrageusement donné raison [7], je reste sur le reproche que m’a adressé en privé un député d’avoir commis "une grave erreur" en dénonçant réciproquement l’incompétence pourtant facilement documentable de certains responsables sanitaires. "Ces problèmes de compétence, me suis-je vu objecter, ça n’intéresse personne" : sauf lorsqu’il s’agit de conforter dans leur usurpation les "experts" qui ne sont que les hommes de paille des lobbies, mais dont l’indiscutable "compétence" exonère les politiques d’avoir à justifier leur choix d’experts - accessoirement à l’assumer quand il s’avère rétrospectivement catastrophique ou scandaleux ("responsables mais pas coupables").

C’est aussi l’occasion de dénoncer vigoureusement l’oecuménique exhortation du rapporteur à reconnaître un droit à l’erreur. Certes, personne - et surtout pas l’auteur de ces lignes - n’est à l’abri d’une erreur ; mais, tandis que l’erreur qui relève de ce droit se répartit équitablement d’un côté ou de l’autre de la vérité, le type d’erreurs commises par les meilleurs-experts de l’administration a systématiquement penché vers la défense des intérêts de leurs sponsors : dans la méthodologie statistique si regrettablement ignorée du rapporteur, ce type d’erreur correspond à ce qu’on appelle un biais et la reconnaissance de tels biais appelle naturellement d’en rechercher les causes - selon une exigence intellectuelle qui s’inscrit comme par hasard à rebours du pauvre programme adopté par les responsables de la commission.

Je ne reviendrai pas sur la sidérante déploration de la commission relative à la mise à l’écart des médecins dans la campagne vaccinale : quand il n’est plus sérieusement contestable que toute cette pseudo-pandémie - et la campagne qui allait avec - n’a été qu’un piège à cons tendu par les lobbies, il faut vraiment n’avoir peur de rien pour soutenir que si l’on y avait associé les médecins, il aurait mieux fonctionné ! Voilà qui augure bien mal de la recommandation associée visant à "améliorer les modalités d’information des professionnels de santé". Avec un appui aussi peu dissimulé des parlementaires, on peut compter sur les lobbies pour nous concocter une "formation médicale continue" dont on vous dira des nouvelles...

Enfin, puisque même les meilleurs-experts de Madame Bachelot semblent l’ignorer et, qu’à ma connaissance, ce point n’a encore jamais été publiquement relevé, qu’il me soit permis de rappeler qu’outre son caractère proprement scandaleux (cf. plus bas), la mise en cause unilatérale d’internet par les politiques renvoie à un nouveau coup de force réglementaire qui contribue, s’il en était encore besoin, à décrédibiliser la pharmacovigilance des vaccins contre la grippe porcine. Car dans leur obstination bornée à voir dans ce média la source de tout le mal, nos parlementaires ont simplement oublié que la réglementation pharmacovigilante en vigueur [8], loin d’autoriser à traiter internet avec mépris, imposait normalement aux fabricants de documenter toutes les alertes de tolérance circulant sur ce canal et parvenant à leur connaissance, ce au titre de leurs obligations de suivi après commercialisation... C’est peu dire que de celle-ci comme des autres, ils n’ont pas fait grand cas - et que nos parlementaires eussent été bienvenus de réserver un minimum d’indignation réciproque relativement à ce scandale dans le scandale.

Pour conclure

On hésite entre deux qualifications pour ce pauvre rapport : torche-cul prévisible, ou magouille préoccupante. Il est à craindre, hélas, qu’il ne justifie les deux...

1. Certes, on reste d’abord confondu par une telle nullité dont on trouverait bien d’autres illustrations si l’on se donnait la peine de tout lire ligne à ligne : il suffirait de se baisser pour en ramasser des brassées à chaque fois. Oh ! je n’ai pas la nostalgie d’un âge d’or de la démocratie ; mais force est de constater qu’à l’heure actuelle, la caractéristique la plus nette des politiques, c’est qu’ils n’ont même plus besoin de ruser pour prétendre abuser les citoyens - même plus besoin de mimer l’intelligence ou le scrupule pour faire passer les plus lamentables de leurs petites mystifications [9].

2. Cependant, ce qui se joue-là, également, c’est l’institutionnalisation du mépris radical des politiques pour les citoyens : alors que le personnel politique ne craint pas d’exploiter comme "victoire prometteuse" une élection gagnée avec moins de 15% des inscrits (cf. Les Perles du 13/07/10), c’est une insupportable arrogance d’accréditer que le refus massif de la mystification grippale et de la supercherie vaccinale serait réductible à l’incapacité des citoyens concernés de choisir leurs sources d’information ! C’est le retour du traité de Lisbonne, à ceci près que la volonté ignorée par la classe politique à l’occasion de ce traité était celle de 56% des citoyens, quand celle sur laquelle ils osent jeter l’opprobre avec un tel cynisme concerne cette fois 85% des Français...

Cette dégénérescence des politiques vers une incompétence de plus en plus voyante assortie d’un mépris compensateur non moins voyant à l’égard des citoyens témoins - et victimes - de leur incurie n’est évidemment pas l’exclusive du rapporteur ou du président de cette commission. Je n’ai pas l’immodestie de juger l’état de la Nation à l’aune de la réception réservée à mes oeuvres, mais qu’il me soit permis de rapporter l’anecdote suivante dont j’abandonne l’interprétation à mes lecteurs. Mon livre s’étant d’emblée posé comme réflexion politique sur une situation générale où la grippe porcine n’y était traitée que comme un exemple parmi bien d’autres, j’en ai adressé dès octobre un exemplaire aux principaux leaders du monde politique (parlementaires, ministres, chefs de partis, etc.), sachant que depuis cette date, on ne peut pas dire que les événements aient le moins du monde contredit mes analyses, notamment en ce qui concernait la supercherie de la grippe porcine, les conflits d’intérêts des experts, le principe de précaution ou encore le délitement de la réglementation pharmaceutique sous les coups de boutoir des lobbies européens. Or, tandis que le personnel de droite dans son ensemble a tenu au moins à accuser réception du bouquin (le regretté Philippe Seguin étant clairement le seul à en avoir effectivement pris connaissance), aucun leader ni de la gauche, ni de l’extrême-gauche, ni des Verts n’a même daigné sacrifier à ce rituel d’élémentaire politesse...

J’ai suffisamment le sens du Bien Public pour n’éprouver aucune blessure narcissique à ce désintérêt unanime du personnel de la gauche élargie. Mais j’y vois - et cela m’inquiète - la confirmation d’une analyse que j’ai déjà eue l’occasion d’exposer sur mon site, à savoir que notre société souffre d’une absence totale de pensée politique appliquée à la santé : situation qui ne devrait pas manquer d’alerter les citoyens au simple regard du fait que les dépenses de cette santé (par rapport à laquelle les politiques abdiquent toutes leurs prérogatives au profit "d’experts" marrons) comptent cependant pour plus de 11% de notre PIB...

Lors de mon audition, Madame Lemorton a eu le courage d’un aveu accablant : " J’ai été alertée très tôt par le collectif Europe et Médicament qu’une circulaire délétère [sur la pharmacovigilance] était en préparation à Bruxelles. La commission des affaires européennes de notre assemblée a été jugée seule habilitée à statuer sur cette circulaire, sur le rapport de Mme Valérie Rosso-Debord. Cependant, cette commission ne comporte, à gauche comme à droite, aucun spécialiste de pharmacovigilance" (cf. Rapport, p. 649). Cette directive assez scélérate pour que je l’évoque spontanément dès mon introduction correspond en fait à l’instrument réglementaire visant à accélérer et à faciliter l’introduction de médicaments insuffisamment évalués lors du développement clinique : c’est-à-dire, soyons précis, à légitimer l’introduction accélérée de médicaments qui, à l’échelle de la seule Europe, rapporteraient des milliards d’euros à leurs fabricants tout en pouvant se solder, toujours à la même échelle, par des centaines de milliers d’accidents potentiellement graves. Or, relativement à des textes d’une telle portée économique et sanitaire, les citoyens apprennent - par hasard en passant - que pas un des parlementaires européens n’a la moindre compétence pour comprendre le texte que, n’en doutons pas, ils n’auront aucune réticence à voter !...

Au terme de quelle dérive a-t-on pu aboutir une telle démission du politique, quand il suffit d’une culture historique minimum pour savoir que de tout temps - et avec les moyens du bord - les gouvernements, fussent-ils antiques ou médiévaux, ont toujours eu une conscience aiguë des risques encourus par les populations si on laissait libre cours à la fantaisie des charlatans ?...

On ne manquera pas de relever au passage que l’exploitation par la commission du désastre de la grippe porcine en une réhabilitation du risque de grippe aviaire (p. 65 du Rapport) devrait mettre bien mal à l’aise les Diafoirus d’internet et autres experts autoproclamés (il y en a eu, ô combien !) : lesquels, incapables d’évaluer sérieusement la situation épidémiologique et, encore moins, de fournir le moindre argument approprié sur le coup de force technico-réglementaire ayant permis la mise sur le marché de vaccins trop évidemment bâclés, se sont contentés de contester la campagne vaccinale de Madame Bachelot en opposant la grippe porcine dans sa bénignité à ce que pourrait être une grippe aviaire dans sa malignité présumée ; en lui reprochant d’opposer au H1N1 les armes qui se fussent indubitablement imposées contre le H5N1... Formidable retour des choses, en vérité, quand la supercherie de cette grippe aviaire brandie depuis des années par nos meilleurs-experts a tout de même été l’ancrage de la résistance citoyenne à cette nouvelle supercherie de la grippe porcine. De la sorte, se trouve réactualisée l’analyse de mon livre (p. 41) relativement aux "Malgré nous de l’alarmisme" qui, faute d’une compétence idoine, n’ont rien trouvé de mieux, pour éteindre des braises qui n’inquiétaient personne, que ranimer le prochain incendie par lequel les ridiculisés de la grippe porcine vont se repositionner en prophètes de la prochaine pandémie à venir. Cela renvoie, bien sûr, à une éthique de la prise de parole sur internet, laquelle fera peut-être l’objet d’un article ultérieur. Dans l’entre temps et puisque les écrits restent, qu’il me soit permis de rappeler qu’à l’heure où s’écrivent ces lignes (20/07/10), les preuves d’une menace significative liée à une grippe "aviaire" sont aussi pauvres et fantaisistes que celles qui ont conduit à la mystification de la grippe porcine : certains opposants à la campagne vaccinale de Madame Bachelot auraient fini par nous le faire oublier...

Pour conclure, qu’il me soit permis de dire que je tiens la nullité de cette enquête pour un échec personnel : quitte à affronter l’ironie blasée de mes correspondants, je n’ai cessé - et depuis le début - de soutenir que le délabrement technico-réglementaire du monde pharmaceutique et la collusion massive des autorités sanitaires avec les lobbies appelaient, et de toute urgence, l’intervention du politique [10]. Cependant, on a vu ce qu’on vient de voir... Mais qu’y faire ? Descendre dans la rue ? Leur couper la tête ? Même si elle s’achève en queue de poisson trop prévisible, cette commission est une première car malgré toutes les petites manoeuvres de dissimulation et de magouille, elle s’est déroulée au su et au vu de millions de citoyens reliés par la toile. Ce qui a fondamentalement changé par rapport à un passé pas si lointain, c’est que, désormais, les gens n’en sont plus réduits à ravaler leur indignation - après l’avoir diluée dans l’irrésolution à laquelle les acculait leur solipsisme obligé [11] : ils se comptent, recoupent leurs informations et échangent leurs analyses. Ils s’encouragent dans la révolte - et ce n’est pas un hasard si ceux sur lesquels se focalise cette révolte désormais durable n’ont pas de mots assez durs pour condamner ce réseau informatique qui met à nu leurs scrofules. Certes, le risque existe que dans un sursaut désespéré, les responsables de toute cette corruption parviennent à juguler le formidable instrument de résistance citoyenne qu’est devenu Internet. Mais j’ai confiance dans la capacité de rébellion de mes concitoyens. Je veux croire que, par la pression de leur esprit critique, de leur colère et de leur dévotion au Bien Public, ils vont forcément ramener les politiques à un peu plus de respect pour la démocratie - et un peu plus de considération pour la santé publique...

Plus que jamais, s’impose à nous l’exhortation fondatrice de notre Nation : "Aux armes, citoyens !"...

[1] "On trémule d’excitation anxieuse dans l’attente de leurs conclusions"

[2] "Ces aveux ajoutés au spectacle des commissions d’enquête parlementaires nous font apercevoir les racines de l’impunité dans l’Etat prédateur"

[3] J’ai toujours soutenu que la question de la grippe porcine n’était qu’un exemple parmi bien d’autres et qu’il importait de ne pas s’y noyer

[4] Le jour même où cet article est posté, Le Monde.fr (20/07/10) qualifie de "décision absurde et contradictoire avec l’esprit même de la réforme constitutionnelle de 2008" celle consistant à imposer le huis clos pour l’examen en commission du projet de loi sur les retraites. De nouveau et comme par hasard, le problème ici posé (en l’espèce : la transparence du débat politique) dépasse largement la seule question de la grippe porcine.

[5] Je note rêveusement que dans les 742 pages du rapport, le mot "mensonge" (ou "mensonger") n’est employé que six fois, dont deux fois à mon égard (33% des occurrences...) et pour le reste jamais à l’encontre de quelque personne auditionnée que ce soit... Quant à "caviardé", le terme n’est repris que trois fois dans le rapport, chaque fois à mon propos (100% des occurrences)

[6] Le sérieux de la proposition se mesurant également à l’incongruité de la méthode recommandée ("par un suivi statistique ou de cohortes") par quoi le rapporteur - pourtant médecin de son état - justifie à son corps défendant sa recommandation d’"améliorer les modalités d’information des professionnels de santé" (p. 119) - surtout quand ils opèrent comme rapporteurs d’une commission parlementaire...

[7] "Experts auto-proclamés", "Diafoirus d’internet"...

[8] European Commission. Volume 9A of the rules governing medicinal products in the European Union, section 4.3.3.

[9] L’actualité fournit un autre exemple, non moins éloquent, du processus où, confrontés aux démentis les plus impitoyables du réel, les politiques n’ont d’autre défense que de s’obstiner ad nauseam dans leurs mensonges pourtant démasqués, assurés qu’ils se trouvent qu’une presse à la botte ne craindra pas d’en repasser en boucle même les plus inconcevables...

[10] Et ils sont quelques-uns, dans le monde politique, à avoir fait l’expérience de ma disponibilité et de mon respect dès lors qu’ils sollicitaient l’éclairage de mon expertise

[11] On peut parier, par exemple, que le pourcentage désormais considérable des Français qui jugent leurs politiques corrompus, tel que révélé par un récent sondage, n’est pas près d’évoluer à la baisse

Lien du site du Docteur Girard:





Notes du Syndicat Autonome Santé (SAS):

Nous vous conseillons de consulter le blog du Docteur Girard, il est toujours préférable, afin de se faire une idée sur la réalité des choses de ne pas entendre qu'un seul son de cloche...

 Un peu plus et les cochons étaient exterminés...

Nous dénonçons de notre côté l'une des facettes de ce rapport réalisé par des politiques qui attaque  ceux qui s'expriment via l'Internet, (c'est régulier maintenant de la part des "hommes politiques de plus en plus mouillés"...) de quoi ont peur ces opportunistes (pour la plupart)?


Nous nous étonnons toujours qu'il n'a pas été déclaré le nombre de personnes décédées par la grippe saisonnière en même temps qu'il était déclaré jour après jour le nombre de décès qui théoriquement étaient liés au virus H1N1?
Rappelant que nous avions interpellé le ministère à ce sujet.

Nous dénonçons vivement cette forme de manipulation de l'information, d'autant que la question qui a été posée en son temps au ministère de la Santé, n'a pas reçue de réponse.

On se moque bien des gens, et, ce qui est grave c'est que le profit semble avoir dans cette affaire pris le pas sur l'intérêt général, c'est grave et il est temps non seulement d'écouter mais de lire et consulter toutes les informations possibles que nous pouvons récupérer ici et là.
On prend de plus en plus les gens pour des imbéciles, il est temps de démontrer à tous ces gens qu'ils devront travailler beaucoup plus pour gagner beaucoup moins (crise oblige, et, l'exemple doit venir des responsables, c'est évident de plus en plus!).

Quant aux vaccins réalisés avec des adjuvants comme le scalène de requin(1) (qui est potentiellement iatrogène)ils ne sont pas sans danger et il faudra une véritable commission d'enquête au niveau international (rappelant que l'OMS a une part de responsabilité non négligeable)constituée de personnes qui ont aucun intérêt dans la politique, la démagogie étant de mise dans bien des interventions de politiques tant au niveau national, européen qu'international.

En ce qui concerne les vaccins: Il apparaît normal que nous nous posions des questions, elles sont légitimes, les droits des uns les devoirs des autres sont à nuancer...surtout à différencier impérativement d'intérêts financiers purement déplacés et indécents dès lors qu'une pandémie pourrait être susceptible d'apparaître, tout le monde ne peut pas s'acheter une île pour s'éloigner un temps des virus et autres menaces...ceci écrit en passant.

La majorité des gens peuvent s'interroger sur l'honnêteté de certains "responsables politiques" considérant que ces gens là nous ont appris qu'ils pouvaient être responsables sans pour autant être coupables voire moralement culpabilisés...souhaitons que les choses changent pour plus d'équité.


1)Nous aimerions savoir pourquoi les doses de vaccins contenaient, comme désinfectant, un dérivé du mercure (le thiomersal) qui est pourtant interdit aux États-Unis d'Amérique, même à dose infime?
L'OMS à ce sujet persiste et signe comme le démontre le communiqué de son comité consultatif mondial sur la sécurité des vaccins

"C'est en 1999 que certains se sont inquiétés aux Etats-Unis d'Amérique de l'exposition au mercure contenu dans les vaccins. Ces craintes se fondaient sur le calcul de l'apport cumulé de mercure dans les schémas de vaccination des nourrissons, qui peut dépasser le taux maximum fixé par l'un des organismes gouvernementaux des Etats-Unis pour le méthylmercure. Le thiomersal cependant, agent de conservation utilisé pour certains vaccins, ne contient pas du méthylmercure mais de l'éthylmercure. Le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale a procédé à une première évaluation de la question lors d'une réunion spéciale en août 2000 et a continué à revoir le sujet à mesure que de nouvelles informations apparaissaient sur l'innocuité des vaccins contenant du thiomersal. Lors du dernier examen de la question (à la réunion des 6 et 7 juin 2006), le Comité a réaffirmé la conclusion à laquelle il était déjà parvenu, à savoir l'absence de preuves de la toxicité des vaccins contenant du thiomersal chez le nourrisson, l'enfant ou l'adulte."

En plus clair on peut utiliser le thiomersal (selon l'OMS) tant que la preuve ne sera pas faite de son danger pour la santé...
Faut-il pour autant prendre le risque?...

mardi 20 juillet 2010

Retraites: les députés entament le débat parlementaire

La rentrée en septembre est fortement attendue...


Les députés entament mardi le débat parlementaire sur la réforme des retraites, chantier majeur du quinquennat, avec un examen sur trois jours en commission des Affaires sociales qui précède la vraie bataille, dans l'hémicycle, à partir du 6 septembre.

la premièrere réunion a débuté dans l'après-midi mais les débats ont déjà commencé dans la matinée en commission des Lois, où Georges Tron (Fonction publique) a été entendu sur le volet fonctionnaires du projet de loi, et en commission des Finances, où les socialistes ont donné le ton en obtenant une suspension de séance.

Les députés PS protestaient contre le fait que la majorité UMP a renvoyé au débat budgétaire d'automne tous les amendements de nature fiscale et sur le financement de la réforme. Ils ont obtenu que le ministre du Travail, Eric Woerth, qui n'avait prévu de se rendre qu'à la commission des Affaires sociales, assiste à la discussion.

Cette première séance préfigure des débats électriques, le PS entendant se battre pied à pied contre une réforme "injuste" et médiatiser au maximum les débats de la commission des Affaires sociales, organisés à huis clos sur décision de son président, Pierre Méhaignerie (UMP).

Les députés PCF protestent eux aussi contre "un débat au pas de charge et en plein été" pour faire "imploser le droit à la retraite à 60 ans". Le texte acte la fin de la retraite à 60 ans, l'âge légal de départ étant relevé à 62 ans à l'horizon 2018 (passage de 65 à 67 ans pour une pension sans décote).

"Constamment on va faire des incidents de séance pour montrer le manque de transparence et souligner la situation totalement baroque dans laquelle on se trouve, avec un ministre affaibli" par l'affaire Bettencourt, prévient-on au groupe PS.

Englué depuis un mois dans cette affaire, dans le cadre de laquelle il va être prochainement entendu par la police, M. Woerth a de nouveau réfuté mardi tout conflit d'intérêts et réaffirmé qu'il n'avait "aucune intention de démissionner" du gouvernement.

Au total, quelque 4O0 amendements ont été déposés sur le texte. La plupart émanent de l'opposition et n'ont aucune chance d'être adoptés, pas plus que ceux du Nouveau Centre (équité public-privé, hausse de 1% de la CSG...).

"Je ne doute pas" que "l'esprit de responsabilité soufflera", a lancé mardi M. Woerth, qui n'a visiblement pas de souci à se faire: tout a en effet été calé avec les responsables du groupe UMP pour ne pas toucher au texte à ce stade, sauf à la marge, selon une source UMP.

Les évolutions attendues sur la pénibilité, qui sera l'un des sujets majeurs abordés à gauche comme à droite, sont donc renvoyées à septembre, y compris les propositions de M. Méhaignerie.

"Ce sont des sujets qui méritent d'être débattus dans l'hémicycle et pas seulement en commission", où les travaux pourraient se borner à "prendre la température", a prévenu le patron des députés UMP, Jean-François Copé.

Le gouvernement souhaite attendre la rentrée, au vu des discussions discrètes qu'il aura fin août avec les syndicats et surtout de la mobilisation dans la rue, le 7 septembre, pour acter les quelques concessions entrouvertes par Nicolas Sarkozy: sur la pénibilité donc, mais aussi pour les actifs ayant commencé à travailler avant 18 ans et les polypensionnés.

En tout, une trentaine d'amendements au plus, principalement UMP, devraient être adoptés en commission : possibilité de cumul pension de réversion/emploi, actuellement interdit, prorogation de l'allocation veuvage, sanctions à partir de 2012 pour les entreprises qui ne discutent pas de l'égalité salariale hommes-femmes.

dimanche 18 juillet 2010

Nice: violences policières contre des pompiers !

C'est de pire en pire! Ainsi hier des policiers ont reçu l'ordre de charger des pompiers avec une extrème violence, la télévision a même permis de voir comment ces policiers n'hésitent pas à pointer avec leurs armes, à bout portant, les manifestants!

Nous sommes devant une évidence le gouvernement ne reculera pas pour faire imposer ses objectifs!Ce gouvernement est prêt à tout, il ne peut plus prétendre représenter le Peuple! Trop d'actions contre l'intérêt général

Un pas en avant est fait dans la répression, c'est un de trop, surtout par ces jours où les membres du gouvernement n'apparaissent plus être de dignes représentants du Peuple!

La démission pure et simple de Nicolas Sarkozy devient une impérieuse nécessité dans l'intérêt des citoyens et citoyennes!



Selon l’Agence France Presse (AFP):

Trois pompiers et deux policiers ont été blessés lors de heurts qui ont opposé, hier, place Masséna, à Nice, la police à des pompiers qui protestaient contre la réforme des retraites.

Cinq pompiers ont été interpellés, dont le président de la Fédération autonome des sapeurs-pompiers, André Goretti. Ils devaient être placés en garde à vue pour violences, a précisé à l'AFP Christophe Marx, directeur de cabinet du préfet.


Selon les pompiers qui se trouvaient encore sur la place après les incidents, les policiers ont chargé violemment contre les manifestants, au nombre d'environ 200, sans avoir été provoqués.

Selon la version de la préfecture, les pompiers ont essayé de franchir, à coups de pieds et de poing, un cordon policier: "ce sont eux qui ont chargé les policiers, ceux-ci se sont défendus".

Les pompiers de Nice sont symboliquement en grève depuis la mi-juin pour protester contre la réforme des retraites qui ne prend pas en compte, selon eux, la pénibilité de leur travail.

Pour la Préfecture, la manifestation était illégale parce que non déclarée au préalable.

Des CRS auraient chargé les manifestants sans avoir été provoqués. Sur ce point, les témoignages semblent diverger. Autre élément discutable le nombre de blessés (au moins 3 policiers - 2 pompiers) et le nombre d'interpellations (5 au total). Certains pompiers du département sont en grève depuis le mois dernier contre la réforme des retraites. Des grévistes qui affirment assurer malgré tout leurs interventions.

jeudi 15 juillet 2010

La commission parlementaire a donné son rapport le mardi 13 juillet

La commission parlementaire pointe les nombreux dysfonctionnements qui ont conduit seulement 5,36 millions de Français à se faire vacciner (soit 8,5% de la population).
La campagne de vaccination a finalement coûté 668 millions d'euros, ce qui n'est pas une somme négligeable, particulièrement où il est demandé de faire des économies...

Il y a un manque de logique évident, mais dans le fond les profiteurs ne sont pas les payeurs. L'industrie pharmaceutique s'en porte pas mal quant aux responsables de l'OMS ce ne sont pas eux qui vous diront le contraire.

La Commission d'enquête parlementaire sur la campagne de vaccination contre la grippe A
H1N1 a rendu, mardi 13 juillet, son rapport, listant les faiblesses du dispositif, les erreurs du gouvernement et leurs conséquences sur la gestion de la pandémie.

La commission présidée par un député du Nouveau Centre  pointe tout d'abord le coût élevé de la grippe pour les finances publiques. Selon un précédent rapport parlementaire, sur le projet de financement de l'assurance maladie en 2010, le coût total aurait pu atteindre 2,2 milliards d'euros. Au coût de l'achat des vaccins – le gouvernement a déclaré avoir commandé 94 millions de doses de vaccins pour plus de 869 millions d'euros – s'ajoute notamment la campagne de vaccination à proprement parler qui atteindrait 35,8 millions d'euros.
Il faut additionner l'achat d'antiviraux pour 20 millions d'euros, 150,6 millions d'euros de masques, 41,6 millions d'euros de dépenses logistiques et 290 millions d'euros afin d'indemniser les personnels de santé réquisitionnés...

Le document rendu mardi 13 juillet établit un tout autre comptage : "Le coût final de la campagne de vaccination se situerait autour de 600 millions"..."le coût de la campagne est considérable" reconnaît l'enquête. Il n'est pas "excessif ou déraisonnable" précise un rapporteur (député UMP)...(*)

UNE COMMANDE DE 369,25 MILLIONS D'EUROS TOUJOURS EN NÉGOCIATION

Le coût réel de l'opération est toutefois imprécis. "Près de six mois après la fin de la campagne, de nombreux professionnels continuent d'attendre leur rémunération, ce qui, au demeurant, rend très difficile toute démarche d'évaluation du coût final sur ce poste", indiquent les parlementaires. Quant aux annulations de vaccins auprès des trois laboratoires auxquels l'Etat français avait passé commande, leur coût n'est pas encore évaluable de manière définitive. En effet, seuls Sanofi-Pasteur et Novartis ont accepté l'indemnisation proposée par l'Etat (2 millions pour Sanofi-Pasteur et 10,46 pour Novartis). GlaxoSmithKline, qui a reçu une commande d'un montant de 369,25 millions d'euros, négocie toujours avec l'Etat français.

Malgré ces annulations massives, l'Etat détient toujours, en théorie, un stock important puisque seulement 5,3 millions de personnes ont été finalement vaccinées : "3,46 millions de doses de vaccins auront été jetées ou mises au rebut, soit une quantité particulièrement importante ; surtout au regard du nombre de personnes finalement vaccinées" pointe le rapport.

LA DANGEROSITÉ DU VIRUS ÉGALE À CELLE D'UNE GRIPPE SAISONNIÈRE

Pour la commission d'enquête, les pouvoirs publics se sont attachés, face aux doutes et aux incertitudes, à "faire une application responsable" du principe de précaution qui les a conduits à décider d'une vaccination massive.
Pourtant, Didier Houssin, directeur général de la santé, a reconnu devant la commission d'enquête que "la dangerosité du virus s'est révélée assez tôt – dès le mois de mai 2009 – à peu près égale à celle d'une grippe saisonnière." Restait à connaître son "taux d'attaque" (proportion de la population qu'il allait toucher). C'est cette incertitude "qui a justifié les campagnes de vaccination massive entreprises par de nombreux Etats", assure le rapport, dédouanant partiellement la politique du ministère français de la santé.

Le choix de la vaccination collective, dans des centres réquisitionnés pour l'occasion, a été le fruit de plusieurs contraintes. Les conditions de conservation des vaccins obligeaient la mise en place de vaccinations collectives "sauf à envisager un gaspillage important – alors que l'on craignait à l'époque une pénurie". Un mode opératoire qui a exclu la vaccination dans les cabinets des médecins généralistes. Nombre d'entre eux considéraient alors qu'ils auraient pu assurer la campagne et convaincre leurs patients de l'utilité de la campagne. "Leur intervention est indispensable pour restaurer la confiance, surtout lorsque nos concitoyens veulent être éclairés sur la question centrale du rapport entre risque choisi en cas de vaccination et risque encouru en son absence. Le lien qu'ont su tisser les médecins de famille avec leurs patients est à cet égard trop précieux pour qu'on le distende", estime la commission.

LA FAUTE À L'INTERNET ?... COMME C'EST BIZARRE ?...

Le manque de confiance des Français vis-à-vis de la campagne des pouvoirs publics serait le fait d'un "brouillard médiatique", de "l'affluence des messages contradictoires". Le rapport cite plusieurs spécialistes qui, dans les médias, ont livré leur appréciation de la dangerosité de la grippe A. "L'équivalent d'une grosse grippe saisonnière", "une grippe majoritairement bénigne" ou encore "une grippette"... Ces membres réputés du corps médical ont rapidement fait part de leurs doutes sur la nécessité d'une campagne de vaccination. Une liberté d'expression que souhaite modérer la Commission parlementaire. Il faudrait "instaurer, an cas d'alerte pandémique, une conférence nationale constituée des représentants des collèges scientifiques qui permettrait une communication consensuelle sur la nature du risque et les moyens médicaux disponibles pour y faire face", estime le rapporteur.

Enfin, Internet est pointé comme responsable de l'échec de la campagne orchestrée par le ministère de la santé. "Les folles rumeurs sur Internet, les attaques violentes du lobby anti-vaccin ou encore les annonces spectaculaires de pseudo-experts (1) en quête de gloire médiatique auront sans doute laissé des traces", estime la commission en conclusion de son rapport pour qui "le sensationnalisme a prévalu sur les faits documentés ; la parole officielle a été décrédibilisée par des acteurs sur les motivations desquels on s'interroge encore."
Toutefois, les auteurs du rapport reconnaissent que certaines des réserves diffusées sur la Toile "auraient sans doute mérité d’être traitées avec plus d’attention par les pouvoirs publics pour y répondre par une argumentation appropriée".

La défiance à l'égard de la vaccination, née de la pandémie H1N1, "constitue un défi pour l'avenir" conclut le rapport.

Le gouvernement a été incapable de répondre aux questions que se posaient les français et c'est bien là le plus grave! Pas de véritable communication des cas de mortalité comparé à ceux de la grippe saisonnière... c'est déjà presque un aveu...


Mis à part les manoeuvres médiatiques visant uniquement à se faire vacciner à la limite de l'obligatoire (ainsi Roselyne Bachelot a même consulté le Conseil constitutionnel pour savoir si elle pouvait rendre la vaccination obligatoire, c'est du n'importe quoi!). 
Ce que nous retirons de cette expérience menée avec la "complicité" de l'OMS au niveau mondial (2) en faisant peur au gens au lieu de les rassurer ...en classant un virus (dont l'origine doit faire l'objet d'investigations permettant de démontrer que le véritable danger ce n'est pas réellement le virus...).

C'est purement honteux d'agir de la sorte! Et, ce sont encore les citoyens et citoyennes qui seront les victimes de cette opération où bien des pays ont commandés aux laboratoires des vaccins réalisés avec des adjuvants qui apparaissent dangereux (3) il est étonnant que le principe de précaution responsable" soit dans ces cas là plus un prétexte. 
Il est vrai que derrière cette opération sans précédent nous sommes presque à la limite d'une super tromperie, maintenant reste à connaître à qui profite toutes ces actions? 
Les experts doivent être indépendants des  partis politiques, tout comme des laboratoires.
Combien seront morts de la grippe saisonnière?
Combien de cette redoutable "grippe mexicaine"?


Au fait combien d'enfants meurent chaque jour ? 
Que font tous ces riches affairistes pour ces pauvres enfants?


Gérard Pierrot


*) Cette commission parlementaire ne semble pas détenir tous les éléments des dépenses engagées ou prévues, car en définitive quel est le coût global réel?

1) Doit-on classer dans la catégorie des « experts officiels » ceux qui de près ou de loin ont des intérêts dans l’opération ?

2) Ce qui démontre encore une fois le danger d'une organisation mondiale dans laquelle des politiques représentent des intérêts qui ne sont pas directement liés aux peuples mais à des intérêts privés qui doivent être dénoncés avec force.

3) Faut-il rappeler la toxicité de certains vaccins produits par des laboratoires américains contre l'hépatite B ?

mercredi 7 juillet 2010

L’assurance maladie propose de nouvelles mesures pour économiser plus de 2 milliards

Avec l’ensemble des économies qui ont été proposées, la branche maladie du régime général de la Sécurité sociale resterait pourtant encore assez éloignée de l’équilibre en 2011, avec un déficit stabilisé à un peu plus de 13 milliards d'euros.

Une liste de 21 propositions a été élaborée par la direction de l’assurance maladie et sera présentée jeudi devant le conseil d’administration de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam). Elle sera ensuite transmise au gouvernement, qui pourra s’en inspirer pour le budget de la Sécurité sociale.

L’assurance-maladie suggère plusieurs pistes pour économiser 2,2 milliards d’euros en 2011, comme la baisse des tarifs des analyses médicales, et remet sur la table le dossier sensible des affections de longues durée.


L’assurance maladie a évalué à 2,2 mds d’euros les efforts nécessaires pour respecter le cap fixé par Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat souhaite que la progression des dépenses d’assurance maladie ne dépasse pas 2,9% en 2011, alors que leur rythme annuel s’est établi entre 3 et 4% ces dernières années.

Les principales propositions, en termes d’impact financier, sont celles touchant aux "tarifs des produits de santé et prestations de soins".

L’assurance maladie propose notamment de "continuer la politique de baisse des tarifs" dans le secteur de la biologie médicale, où "le coût des actes courants est souvent quatre ou cinq fois plus élevé en France qu’en Belgique ou en Allemagne".

Les comparaisons avec les pays étrangers l’incitent aussi s’interroger pour l’avenir sur les tarifs des interventions de la cataracte, acte chirurgical le plus pratiqué en France.

Les tarifs des médicaments sont aussi dans le colimateur : l’assurance maladie veut que leurs prix soient systématiquement remis en cause quand leur efficacité est réévaluée.

Dans le domaine des arrêts de travail, la Sécurité sociale souhaite que les patients, quand leur traitement ne nécessite pas d’arrêt complet, puissent reprendre le travail à temps partiel.

Elle veut aussi rendre plus homogènes les pratiques des établissements et des professionnels de santé, en développant des guides de bonnes pratiques et des modes de rémunération à la performance, pour les médecins comme pour les établissements.

Dans des secteurs comme la chirurgie, les arrêts de travail, ou encore la rééducation, l’assurance maladie a en effet relevé d’étonnantes disparités dans les pratiques locales.

Alors que les dépenses hospitalières ont en France une part importante dans les dépenses de santé (36% contre 29% en Allemagne), elle propose par ailleurs de recourir davantage aux hospitalisations à domicile pour les "soins complexes et fréquents" et de développer la chimiothérapie à domicile.

Le sujet sensible des Affections de longue durée (ALD) est remis sur la table.

Ce dispositif permet la prise en charge à 100% des soins liés à une trentaine de pathologies comme les cancers, le diabète ou encore le S.I.D.A.
Ceci concerne quelque 10 millions de personnes, qui représentent 80% de la croissance annuelle des dépenses de santé.

D’où la volonté ces dernières années d’encadrer le dispositif, que certains proposent de rendre moins généreux, malgré les protestations d’associations de patients.
Soulignant que la proposition formulée cette année semble moins explosive : elle suggère de ne plus faire entrer dans le dispositif  les patients ayant comme seul facteur de risque cardiovasculaire une hypertension.
Rappelons qu'en 2008, la direction de l’assurance maladie avait dû retirer après une vive polémique sa proposition de ne plus rembourser totalement aux patients en ALD certains médicaments.

lundi 5 juillet 2010

Le passage en "autonomie" des 4 maisons de retraite amiénoises ou comment des partis "dits de gauche" privatisent en douceur.

Le passage en "autonomie" des 4 maisons de retraite amiénoises ou comment le PS privatise en douceur.


 Amiens est une des seules villes en France à gérer 4 maisons de retraite directement. C’est un héritage de la politique sociale de René Lamps, maire communiste d’Amiens entre 1971 et 1989. On sait que la droite avait pour projet de rendre autonomes nos 4 maisons de retraite. Nous sommes étonnés que notre majorité de gauche réalise ce que la droite avait prévu de faire.


Prenons les arguments un par un :



1. On nous a dit que gérer les maisons de retraite, c’est trop compliqué et trop bureaucratique. À cela on répond que la mairie peut simplifier d’elle-même les choses en réorganisant ses services. On pourrait embaucher par exemple une personne chargée de faciliter le travail des commandes. Il n’est pas normal qu’il soit nécessaire d’avoir au moins 6 signatures pour une simple commande de matériel ou que le personnel doive préparer dès septembre les soirées de Noël. Mais on ne peut pas rendre la gestion directe responsable de cet état de fait. C’est à notre majorité d’avoir la volonté politique d’améliorer le service. D’ailleurs les dérives bureaucratiques touchent aussi les entreprises privées, ce n’est pas propre au service public.



2. On a dit que les maisons de retraite, ce n’est pas de la responsabilité de la mairie. Le Conseil général et l’État n’ont donc qu’à se débrouiller. Le Conseil général de la Somme n’aura pas les moyens de combler le trou que la mairie laissera derrière elle. La Région, le Conseil général et la Mairie sont dirigés par le PS : en étant solidaires, ces collectivités pourraient défendre et développer les services publics face à la droite gouvernementale. Il faut croire qu’elles préfèrent suivre les exigences ultra-libérales de l’Union Européenne.



3. Ensuite on a affirmé que l’autonomie mettra fin à la précarité d’une bonne partie du personnel. La mairie a du mal à recruter pour assurer les remplacements. Seulement elle peut mettre en place des concours de recrutement. Ainsi il y a 1 concours tous les 4 ou 5 ans, on peut passer à 1 par an. Donc la mairie peut résorber la précarité tout en gérant les maisons de retraite directement. Les maisons de retraite vont être réorganisées le 1er septembre prochain. Les représentants syndicaux ont demandé à ce que tout le monde soit titularisé avant le passage en EPA afin que les emplois soient garantis avant le changement de statut... Cela a été refusé ! Peut-on traiter ainsi le personnel alors qu’il y a peu de titulaires en EHPAD aujourd’hui ? Si on admet que le passage en EPA était absolument nécessaire, on aurait pu le faire au mieux car les salariés n’ont aucune garantie d’emploi au moment du passage en EPA.



4.On veut nous faire croire que l’autonomie des maisons de retraite va permettre au personnel d’avoir un meilleur statut, celui d’hospitalier. En fait, les infirmières référentes n’auront pas un statut équivalent, ce qui aura un impact sur leur carrière et leur salaire. Il faut aussi tenir compte de l’impact des lois Bachelot qui facturent chacun des actes médicaux comme une marchandise alors qu’un même acte peut être différent en fonction du patient. Cette pratique a plongé 80 % des hôpitaux publics dans le déficit. Cela risque d’arriver à l’EPA qui va être mis en place début 2011... Il sera donc impossible de maintenir les mêmes salaires. En plus les agents de service hospitalier devront devenir polyvalents. On ajoute des missions à celles qui existent déjà. On veut faire des gains de productivité. Une phrase du document remis en Comité technique paritaire est très représentative de cet état d’esprit : « aujourd’hui les tâches assignées aux veilleurs n’apportent pas de plus-value ». On parle des maisons de retraite comme d’une usine où les salariés ne sont pas aux services d’un public mais au service de la rentabilité financière !



5. On prétend que l’autonomie va stabiliser les équipes. Déjà 16 personnes ont choisi de rester agents de la mairie, ailleurs que dans les maisons de retraite. Il faut les reclasser, ce qui n’est pas simple. Ensuite sur 219,49 équivalents temps plein, on n’en trouve plus que 212 en EPA. Soit 7,5 postes en moins. On sait aussi que des départs en retraite qui ont lieu en ce moment ne sont pas remplacés.Le personnel est déjà débordé aujourd’hui. On leur prépare des conditions de travail plus difficiles... Et ce sont les résidents qui vont subir cela. De plus, la mairie perd des compétences en matière de soins. A force que va-t-il lui rester ?



6. Les animateurs : le service des personnes âgées de la mairie va les mettre à disposition de l’EPA mais le secteur animation pourra, au besoin, les utiliser pour d’autres missions. En plus combien de temps ce système va-t-il durer ? Comme on fait des économies de personnel, on dira à l’établissement autonome d’embaucher lui-même ses animateurs ! Ce qu’évidemment il ne pourra pas faire...



7. QUI va payer le passage en autonomie ? Les EHPADS recevaient entre 1 et 2 millions d’euros par an pour équilibrer leurs comptes. En commission, on nous a dit que l’intérim coûtait cher. C’est vrai mais cela représente au maximum la moitié de la somme. Il reste au moins 500 000 euros. Qui va payer ? Le conseil général de la Somme ne peut pas. Ce sera donc les résidents. Ainsi la mairie a décidé lors de la réunion du conseil de vie sociale du 21 juin dernier que le montant de l’augmentation journalière soit fixé à 4,10 euros par jour. Cela fait une augmentation de 127,10 euros par mois ! Les élues représentantes des familles, Mesdames Duchene-Frere et Lemée, considèrent que cette augmentation ne se justifie pas car la qualité des prestations n’est pas de meilleure qualité. Par l’augmentation des loyers on veut déjà que les maisons de retraite soient rentables avant le passage en autonomie. Les résidents doivent payer pour des problèmes de gestion qui ne sont pas les leurs... La mairie doit assumer ses responsabilités en tant que collectivité. Il y a aussi un autre problème au sujet des loyers. Les maisons de retraite de Maurice Fécan et Léon Burckel appartiennent à l’OPAC. Le bail dure jusqu’en 2016. Fécan paie 22 000 euros par an et Burckel 125 000 euros. Qui va payer ? Encore les résidents et leur famille.



8. Quel service sera rendu aux personnes âgées ? Le poste d’esthéticienne sera supprimé le 31 décembre 2010. Cette mission ne relève pas des soins. On considère donc qu’il ne sert à rien. Cela en dit long sur la façon de voir la vie dans le nouvel établissement. On le conçoit juste comme un établissement médical et non comme un lieu de vie. Y aura-t-il encore une vie collective ? On peut en douter. Chaque résident bénéficiera de services en fonction de ses ressources. Cela va créer des inégalités dans l’offre de service que l’on doit rendre aux résidents. En plus on sait le partage de moments collectifs peut être bénéfique pour la santé des personnes âgées. Là on encourage le repli sur soi...



Pour résumer, voici les conséquences principales :



Les coûts de fonctionnement retomberont sur les résidents des maisons de retraite. Aujourd’hui un mois en maison de retraite représente une dépense qui se situe entre 1600 et 1900 euros sans les aides. Il est fort probable que le coût à prévoir s’alignera sur celui des maisons de retraite privées c’est-à-dire environ 1000 € de plus.



Voilà ce que disait notre programme électoral, celui pour lequel nous avons été élus : PAGE 27 : Leur appétit de profit (celui des maisons de retraite privées) se répercute sur les résidents et les prix flambent.Cela peut aller jusqu’à 2.800 euros mensuels auxquels il faut ajouter les services : coiffeur, pédicure, lavage du linge, visites médicales... Quand les personnes ne peuvent plus payer, elles partent... pour où ?



Que fait-on aujourd’hui en votant l’autonomie des 4 maisons de retraite ? On fait l’inverse de notre programme ! Car l’EPA fera payer chacun des actes pour être rentable...



On peut même dire qu’il y aura à long terme une privatisation. L’EPA fera des conventions sur certains actes médicaux avec des établissement privés pour éviter les déficits...



D’autre part, au niveau municipal, on veut faire des économies. On ne veut plus gérer le personnel. On ne veut plus avoir de responsabilités dans sa gestion, ni dans sa formation. On nie le nécessaire contrôle démocratique des services rendus à la population. Nous n’avons pas de mandat pour cela.



Donc ce sera "Du personnel en moins avec des tarifs plus chers !" Ce sera alors un service de moins bonne qualité pour plus de dépenses des résidents et leur famille.



Tout cela est en accord avec ce que fait l’État dirigé par la droite ainsi que le montre la politique de Révision Générale des Politiques Publiques décidée en 2007.



Toute activité publique est limitée par un budget fixé a priori sans évaluer les besoins de la population.



C’est pourquoi la droite gouvernementale a supprimé 178 tribunaux d’instance et 23 tribunaux de grande instance. C’est pourquoi elle supprime 35 000 postes de fonctionnaires par an. Par exemple on a supprimé 30 postes de professeurs des écoles sur Amiens-Métropole cette année. Vous l’avez dénoncé, Monsieur le Maire, mais vous appliquez cette politique aux maisons de retraite... Vous dénoncez l’État mais vous mettez en place sa politique de casse des services publics.



Notre mairie applique une politique contraire à son programme mais fidèle à la règle définie par l’Union Européenne de la concurrence libre et non faussée, véritable machine de guerre contre les services publics.



Nous restons fidèles au programme en votant CONTRE cette délibération.



Et surtout nous ne voulons pas porter la responsabilités de la désorganisation des services que nous devons à nos aînés. Nous avons le souvenir de ce qui s’est passé dans les parkings ou dans les transports en commun.



Cette politique est inefficace. On croit faire des économies. Et ce sont les Amiénois qui en subissent les conséquences. Donc le coût social est bien plus important.



En conclusion, nous demandons le maintien du budget qui revient de droit aux personnes âgées. Nous proposons même le développement et la diversification de l’accueil des personnes âgées. Toutes n’ont pas besoin d’une aide médicale lourde mais d’un simple suivi. Il faudrait inventer un lieu de vie qui serait conçu avec la participation d’un conseil de séniors dont on attend toujours la création (page 26 du programme municipal).



CONTRE 3 : les élus communistes Fabienne Debeauvais, Maria-Helena Loew et Cédric Maisse



ABSTENTIONS : 11 (les 2 groupes de droite)



POUR : tous les élus socialistes et Verts + 5 communistes et apparentés !


de Cédric Maisse


http://cedric.maisse.over-blog.fr/

jeudi 1 juillet 2010

Dispositif de départ anticipé pour les fonctionnaires: communiqué d'Éric Woerth et de Georges Tron

Dispositif de départ anticipé pour les fonctionnaires parents de 3 enfants et ayant 15 ans de services


Eric Woerth et Georges Tron ont apporté hier des précisions sur la réforme du dispositif de départ anticipé pour les fonctionnaires parents de trois enfants et ayant 15 ans de services.

Dans le cadre de la réforme des retraites, le principe de convergence entre les règles du secteur privé et celles de la Fonction publique, et la volonté affichée du Gouvernement de développer l’emploi des seniors, conduisent à mettre progressivement en extinction le dispositif de départ anticipé pour les parents de trois enfants.

Ce dispositif créé en 1924, initialement à caractère nataliste, a été utilisé au fil du temps pour obtenir un départ à la retraite anticipée.

A ce titre, ce dispositif a fait l’objet de critiques de la part du Conseil d’orientation des retraites (COR) dans son rapport de décembre 2008 sur les avantages familiaux et conjugaux, et de la part de la Commission européenne.

La première critique porte sur le fait que les agents qui remplissent les conditions des 15 ans de services et parents de trois enfants échappent aux règles de calcul de la retraite de leur année de naissance qui s’appliquent à tous les Français.

La deuxième critique met en évidence que ce dispositif est utilisé comme préretraite à un âge jeune. Enfin, la Commission européenne considère que ce dispositif est discriminant à l’égard des hommes.

En conséquence, le projet de réforme du Gouvernement :

1. aligne la règle de calcul des droits à retraites sur celle de droit commun, comme le propose le COR, afin que les assurés nés la même année se voient appliquer les mêmes règles ;

2. réserve aux fonctionnaires qui réunissent au 1er janvier 2012 les deux conditions (15 ans de services effectifs et parents de trois enfants) la possibilité de bénéficier de ce dispositif, même si leur départ à la retraite intervient au-delà de cette date.

En matière de liquidation des droits à retraite, les règles appliquées pour le calcul de la pension sont celles en vigueur à la date de la mise en paiement et non celles au moment du dépôt de la demande.

A ce titre, une disposition transitoire a été prévue dans le projet de loi : les dossiers déposés avant le 13 juillet 2010 bénéficieront de la règle de calcul antérieure à la réforme, même si la date de départ à la retraite est postérieure à la promulgation de la loi.

Cette modalité vise à écarter l’alignement sur la règle de calcul de droit commun pour les dossiers déjà déposés ou qui le seront dans les prochaines semaines et dont la liquidation interviendrait postérieurement à la loi (entre le dépôt de la demande et la première mise en paiement de la retraite, il faut compter généralement six mois).

Un nombre important de personnes ont fait savoir que la date limite du 13 juillet 2010 n’offrait pas des conditions optimales pour décider d’un départ à la retraite.

Eric Woerth et Georges Tron ont donc décidé de repousser la date du 13 juillet 2010 au 31 décembre 2010. Ainsi, les personnes qui déposeront une demande de départ à la retraite avant cette date bénéficieront des anciennes règles de calcul pour un départ à la retraite au plus tard au 1er juillet 2011.

Un amendement sera donc présenté aux Conseils supérieurs de la fonction publique de l’Etat, territorial et hospitalier.

Commentaires de "La Vie Hospitalière":
 
En plus clair le gouvernement impose sa politique sans aucune concertation réelle, il démontre encore une fois sa volonté de recul social, encore et encore!
Les fonctionnaires des trois fonctions publiques ne peuvent accepter que leurs acquis, leurs avantages soient constamment rognés. Alors que d'autres se complaisent dans des avantages indécents et vont même jusqu'à puiser royalement dans les caisses de l'État (exemple: les "retraites des députés"...).
 
Alors quand on veut nettoyer avec une certaine pression, on commence par faire au moins sa façade...tout autant au sens propre qu'au sens figuré.
 

Ceci écrit, ce jour Georges TRON, Secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, a présenté le texte du projet de loi portant réforme des retraites, lors de la séance plénière du Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale.

Georges TRON a exposé aux membres du Conseil les principales orientations du projet de loi.
Il a également rappelé les dispositions permettant de mettre en œuvre l’augmentation progressive de l’âge légal de départ à la retraite, et notamment l’évolution des bornes d’âge et de durée des services.

Georges TRON a souligné que le Gouvernement apporte une réponse adaptée aux personnels infirmiers qui feront valoir leur droit d’option en application du protocole du 2 février 2010. Le projet de loi comporte en effet une mesure permettant de neutraliser, pour les personnels qui opteront pour les nouveaux corps en catégorie A sédentaire, le relèvement de l’âge d’ouverture des droits à la retraite à 62 ans ainsi que le relèvement de la limite d’âge à 67 ans. Ainsi, pour ces personnels qui auront opté, ces bornes seront maintenues respectivement à 60 et 65 ans.

Georges TRON a détaillé les mesures permettant de rapprocher les règles du secteur public et du secteur privé : la hausse progressive des cotisations sur une période de 10 ans, la fermeture progressive du départ anticipé pour les parents de 3 enfants, la convergence des conditions relatives au bénéfice du minimum garanti.

Enfin, il a présenté aux membres du Conseil supérieur les deux amendements du Gouvernement permettant:
d’une part d’apporter une précision rédactionnelle relative à la situation des anciens instituteurs et des agents qui ne sont plus en catégorie active, lorsqu’ils ont opté pour la catégorie sédentaire. L’amendement conduira à ne pas majorer, pour ces personnes, la durée d’occupation d’un emploi en catégorie active.
d’autre part, conformément à l’annonce intervenue en milieu de journée, de reporter la date de dépôt des demandes de départ en retraite pour les parents de 3 enfants et ayant 15 ans de services, du 13 juillet 2010 au 31 décembre 2010, pour un départ au plus tard au 1er juillet 2011.

Pour le "Syndicat Autonome Santé" il est évident que les attaques portées directement aux fonctionnaires ne seront pas sans "retour de manivelle"...