mercredi 29 janvier 2014

Claude Evin salue «l’engagement des professionnels de santé» au Centre hospitalier de Coulommiers


Quelques jours après l’annonce d’un aide financière de l’ARS pour la modernisation de l’hôpital, Claude Evin a mesuré sur le terrain la mobilisation des acteurs columériens.

"Le centre hospitalier de Coulommiers a de l’avenir." C’est en tout cas ce que martèle depuis longtemps Franck Riester, député maire de Coulommiers et président du conseil de surveillance du Centre hospitalier de Coulommiers. Il le pense et y croit d’autant plus depuis l’annonce récente de l’arbitrage favorable donné par l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France au projet de modernisation du centre hospitalier, à hauteur de 26 millions d’euros. 
 
Dans tous les discours prononcés ce mois-ci (et ils ont été nombreux en ce début d’année chargé en cérémonies de vœux), la bonne nouvelle a fait son petit effet. La visite de Claude Evin, vendredi après-midi, à Coulommiers, également.
Après une étape à Provins, le directeur de l’ARS d’Ile-de-France, accompagné, notamment, de Nicole Klein, préfète de Seine-et-Marne, a effectué un passage à la mairie,  au Centre hospitalier de Coulommiers et à la Maison de Santé Universitaire située dans les locaux de l'Hôpital Abel-Leblanc.


La suite dans Le Pays Briard du mardi 28 janvier 2014.

jeudi 23 janvier 2014

Inauguration de l'Hôpital de Marne-la-Vallée

L'inauguration du Centre hospitalier de Marne-la-Vallée s'est réalisée ce 23 janvier avec la présence du Directeur de l'Agence Régionale de Santé d'Ile-de-France (Claude Evin), du Président du Conseil Général de Seine-et-Marne (Vincent Eblé), de la Vice-Présidente du CG77 (Lydie Autreux), de la Directrice Générale du Groupement Hospitalier de l'Est Francilien (GHEF) (1) de représentants des personnels médicaux et paramédicaux et d'autres personnalités conviées...

(article en instance)




Le Centre hospitalier à Jossigny pendant les travaux...Qui aurait pensé que Vinci Park aurait été partie prenante dans cette réalisation qui est empruntée au Centre hospitalier de Douai (qui n'a pas de parkings payants).








Voir aussi

Ouverture du Centre hospitalier de Marne-la-Vallée
Un Centre hospitalier modèle

Une proposition de loi pour un moratoire sur les fermetures de services et d'établissements de santé

Nous avons appris que le Sénat n'a pas adopté hier la proposition de loi de Laurence Cohen tendant à instaurer un moratoire sur les fermetures de services et d'établissements de santé ou leur regroupement. 

Rappel de la Proposition de loi présentée par Mmes Laurence COHEN, Annie DAVID, MM. Dominique WATRIN, Guy FISCHER, Mmes Isabelle PASQUET, Éliane ASSASSI, Marie-France BEAUFILS, MM. Michel BILLOUT, Éric BOCQUET, Mmes Cécile CUKIERMAN, Michelle DEMESSINE, Évelyne DIDIER, MM. Christian FAVIER, Thierry FOUCAUD, Mme Brigitte GONTHIER-MAURIN, MM. Pierre LAURENT, Gérard LE CAM, Michel LE SCOUARNEC, Mme Mireille SCHURCH et M. Paul VERGÈS, Sénateurs (Envoyée à la commission des affaires sociales, sous réserve de la constitution éventuelle d’une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement.) 

 EXPOSÉ DES MOTIFS
 Mesdames, Messieurs, Rapportée à des entreprises ou des usines, la multiplication des cas de fermetures d’hôpitaux, de services ou de maternités de proximité, s’apparente à un véritable plan social. Et pourtant, au-delà des représentants des personnels, des usagers de chacun des établissements concernés et exception de « la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et des maternités de proximité » rares sont celles et ceux qui mesurent l’ampleur du phénomène dans sa dimension nationale. 
Pourtant, ce ne sont pas moins de 20.000 emplois qui pourraient être supprimés en 2013 au sein de la fonction publique hospitalière et 15.000 de plus en 2014 si aucune mesure n’est prise pour endiguer une crise budgétaire qui repose à la fois sur la baisse continue des crédits et sur un mode de tarification – dit à l’activité – inadaptée aux missions de service public assumées par les hôpitaux. 

La situation économique de ces derniers mois ne cesse de se dégrader. Selon un rapport d’information du Sénat « au nom de la mission d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale de la commission des affaires sociales sur le financement des établissements de santé, », « l’augmentation de la dette des établissements publics de santé a connu une brusque accélération à compter de 2005, avec un doublement de l’encours entre 2005 et 2010 ». Ainsi, la dette des CHU est passée entre 2005 et 2010 de 3,6 à 9,2 milliards d’euros et celle des centres hospitaliers de 6,9 à 12,3 milliards, soit une augmentation de 77%. Malgré cette dégradation, qui a notamment contraint certains établissements à recourir à des emprunts – dont certains peuvent aisément être qualifiés de toxiques ou de risqués – les Gouvernements précédents n’ont pris aucune mesure significative. Pire, ces dernières années, les taux de reconduction de l’ONDAM-Hospitalier (Objectif national des dépenses d’Assurance Maladie consacré au financement des hôpitaux) ont connu des progressions insuffisantes, toujours à la limite des taux d’inflation, permettant tout juste aux établissements publics de santé de compenser l’augmentation des prix liée aux dépenses contraintes. Et c’est sans compter la mise en place de gels de crédits, pourtant destinés à financer les dépenses supportées par les hôpitaux, pour la réalisation de leurs missions de service public, les « MIG-AC ». En 2010, ce sont ainsi 525 millions d’euros de crédit qui ont été gelés et retirés aux hôpitaux et 354 millions d’euros en 2011. Dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2013, le gel des « MIG-AC », particulièrement mal perçu par la communauté hospitalière a été remplacé par un autre mécanisme, là encore générateur d’économies, la baisse des tarifs. Situation d’autant plus inacceptable à nos yeux que la baisse imposée aux établissements publics de santé a été beaucoup plus importante dans les hôpitaux que dans lescliniques commerciales, dont la seule vocation est de générer des profits afin de les redistribuer aux actionnaires. Ces derniers profitant déjà parailleurs des mesures qui leur sont dédiées dans le cadre du « pacte de compétitivité ». Comment ne pas souligner, dans le même temps, les conséquences financières pour les hôpitaux, de l’application progressive, depuis 2004, de la convergence tarifaire intersectorielle, dont le but était d’aligner les tarifs du public et du privé. Cette comparaison n’a d’ailleurs aucun sens dans la mesure où, à la différence des hôpitaux, où les tarifs intègrent tous les coûts, les prix du secteur privé, qui servaient de référence à la mise en oeuvre de la convergence, n’intégraient pas certains frais, laissés à la charge des patients. 

D’ailleurs dès 2009, un rapport de la MECSS du Sénat – Rapport d’information d’Alain VASSELLE n° 76 (2009-2010), fait au nom de la Mecss, sur le processus de convergence tarifaire et la proposition de reportde son achèvement à 2018, novembre 2009 – reconnaissait que si les écarts de champs sont connus depuis l’origine du processus de convergence, aucune solution n’a encore été proposée pour rendre parfaitement comparables les tarifs des établissements. Cette logique comptable ignorait également les caractéristiques liées aux patients accueillis dans les établissements publics et privés commerciaux, ainsi qu’à la nature des actes réalisés. Certes, l’actuel Gouvernement a pris la décision salutaire de mettre un terme à ce mouvement. Pour autant, il ne s’est pas engagé à revenir sur les tarifs fixés depuis 2004 alors que, dans la majorité des cas, ce sont les prix pratiqués par les établissements publics qui ont été tirés vers le bas, afin de les aligner sur ceux pratiqués par les cliniques commerciales. Tarification à l’activité et convergence tarifaire constituent les deux piliers d’une réforme d’ampleur, débutée il y a cela plusieurs décennies et qui tend, irrémédiablement à vouloir transposer les mécanismes de gestion, d’organisation et la philosophie du secteur marchand, y compris industriel, aux établissements publics de santé. 

La loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoire » s’est précisément inscrite dans cette logique. À tel point que la notion de service public hospitalier, qui avait le mérite d’ancrer la mission des hôpitaux dans une mission d’utilité générale a été supprimée pour être substituée par celle d’«établissements de santé », créant la confusion entre les hôpitaux publics et les structures mercantiles qui, à l’inverse des premiers, choisissent les patients et les pathologies les plus rentables. 

La loi « HPST » a, comme dans les entreprises, supprimé toute capacité d’intervention des salariés, des équipes médicales et paramédicales pour confier tous les pouvoirs aux directeurs devenus des managers et des gestionnaires, placés eux-mêmes sous la tutelle des directeurs d’Agences Régionales de Santé, véritables préfets sanitaires. Ce mécanisme a fait dire à certains, comme à Jean de KERVASDOUÉ - ancien directeur des hôpitaux - que le « seul objectif fixé à cette immense machine bureaucratique est celui de la rentabilité promue par la généralisation de la tarification à l’activité (T2A). 

L’augmentation des activités « rentables » est devenue l’obsession partagée des directeurs et des médecins gestionnaires ». Dès lors, comment s’étonner que certains ne parlent plus de patients, mais de clients. Comment s’étonner que les gestionnaires d’établissements, constatant l’ampleur de leurs déficits, connaissant les taux d’endettements de leurs structures et sous la pression des ARS, n’hésitent plus à s’associer, au sein de groupement de coopération sanitaire, avec des structures lucratives dont les missions sont partant radicalement différentes. 

Comment s’étonner enfin, qu’asphyxiés par l’insuffisance des ressources publiques, certains établissements, pour desserrer la contrainte financière qui pèse sur eux, agissent sur le levier le plus important pour générer des économies : le personnel. Ou bien, comme cela est également le cas parfois, notamment à Paris, en fermant des établissements entiers afin que les locaux soient vendus, permettant ainsi aux gestionnaires de réaliser une opération immobilière particulièrement rentable. 

Tout cela conduit inévitablement à la fermeture de service, au regroupement et aux fusions d’établissements. Un processus encouragé par les Agences régionales de Santé qui, faute d’une réelle démocratie sanitaire- où serait pleinement associés les usagers, les personnels et les élus -semblent avoir fait primer l’objectif de réduction des dépenses publiques sur l’objectif prioritaire : la satisfaction des besoins en santé des populations, par la garantie d’accès aux soins – y compris hospitaliers, dans des délais et à une distance raisonnable et aux tarifs opposables. Des fermetures qui d’ailleurs ne sont rarement justifiées que par des motifs économiques, l’argument récurrent de la sécurité permettant de justifier la fermeture d’établissements, principalement de proximité. Ainsi, les services de chirurgie qui réaliseraient moins de 1 500 opérations durant une année, seraient contraints de fermer. Or, ce chiffre ne tient compte que des actes réalisés au sein d’un même établissement et il arrive, comme le soulignait à raison Nathalie GAMIOCHIPI – Infirmière à l’Hôpital de Saint Girons et Secrétaire fédérale de la CGT santé – « que les chirurgiens réalisent des opérations dans d’autres établissements comme c’est le cas ici où le chirurgien opère aussi au CHU de Toulouse, précisément pour ne pas manquer de pratique ».Qui plus est, la fermeture de ces établissements n’apporte aucune réponse en matière de sécurité sanitaire. L’éloignement des structures de soins peut être elle-même génératrice de difficultés ou de dangers. 
En 2008 déjà, selon un sondage réalisé par l’institut Ipsos, 17 % de nos concitoyens déclaraient avoir renoncé aux soins «pour des raisons d’éloignement géographique ». 
Depuis, avec la multiplication de fermetures de services, d’hôpitaux et de maternités de proximité, la situation n’a pu que se dégrader. À Vire, Luçon, Die, Aubenas, la Seyne, Decazeville, Saint-Girons, Montluçon, Valréas, Lavaur, Saint-André-Saint-Benoit, Thiers, Amber, Carhaix, Pertuis, aux Lilas, à Paris, à Ivry, Colombes… les cas de fermetures annoncées ou réalisées depuis 10 ans ne cessent de se multiplier au point qu’aujourd’hui, c’est tout le maillage sanitaire de notre pays qui est remis en cause et par voie de conséquence, l’accès de toutes et tous aux soins.
C’est pourquoi il convient de mettre un terme à ce qui s’apparente à une véritable hémorragie sanitaire en mettant fin aux fermetures d’établissements de santé ou de services, jusqu’à ce qu’une offre de santé au moins équivalente, pratiquant le tiers payant et les tarifs opposables soit garantie aux populations concernées. 

 PROPOSITION DE LOI
 Article 1er 
 À compter de la promulgation de la loi n° du tendant à instaurer un moratoire sur les fermetures de service et d’établissements de santé ou leur regroupement, et jusqu’à ce qu’une offre de santé au moins équivalente, pratiquant le tiers payant et les tarifs opposables soit garantie à la population concernée, plus aucun établissement public de santé ne peut être fermé ou se voir retirer son autorisation, sans l’avis favorable du conseil de surveillance de l’établissement et de la conférence de santé du territoire. La commission médicale d’établissement et le Comité Technique d’Établissement sont également consultés. Leur avis est joint à ceux prononcés par le conseil de surveillance de l’établissement et la conférence de santé du territoire et adressé au directeur de l’Agence Régionale Santé qui en tire toutes conséquences utiles. 

 Article 2
 Les dispositions mentionnées à l’article précédent ne sont pas applicables aux établissements publics de santé qui présentent un risque grave et imminent pour la santé et la sécurité des personnels, de ses usagers ou des personnes présentes à d’autres titres dans l’Établissement. Un décret en Conseil d’État précise les conditions dans lesquelles le directeur de l’agence régionale de santé fait application du premier alinéa, ainsi que les voies de recours devant l’autorité administrative.


 Marisol Touraine a en finalité estimé ..."Aujourd’hui, il est urgent de transformer l’hôpital public pour l’adapter et pour le moderniser : c’est pourquoi je vous appelle à ne pas voter la proposition de loi !" Voir l'intégralité du texte

 Si la transformation de l'hôpital public passe par sa dégradation (comme nous le voyons chaque jour)...il y a encore beaucoup à écrire...
 "La Vie Hospitalière" estime qu'adapter le service public hospitalier à des impératifs économiques est une vision purement politique qui ne saurait prendre réellement en considération la véritable mission du service public hospitalier dite mission qui est très éloignée de l'esprit lié à la marchandisation de la santé qui est l'un des grands maux de ce siècle.


A propos de la loi sur la Formation professionnelle, l'emploi et...le dialoque social


Le ministre du Travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social a présenté un projet de loi relatif à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale.
A la suite de l’accord national interprofessionnel obtenu le 14 décembre dernier, le projet de loi transforme en profondeur le paysage de la formation professionnelle :
  • il contribue à la sécurisation de l’emploi en créant le compte personnel de formation, qui sera doté de plus d’un milliard d’euros et suivra chaque individu tout au long de sa vie professionnelle ;
  • il réoriente les fonds de la formation vers ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les demandeurs d’emploi, les salariés les moins qualifiés, les jeunes en alternance, les salariés des petites entreprises ;
  • il apporte transparence et simplicité pour les entreprises, avec une contribution unique de 1% de la masse salariale dévolue à la formation professionnelle ;
  • il fait de la formation un investissement plutôt qu’une charge pour les entreprises, dans le cadre du dialogue social, en supprimant l’obligation légale et fiscale de dépenser au profit d’une obligation de former.
Le projet de loi réforme le cadre de la démocratie sociale. Il pose les règles de la représentativité patronale et conforte celles de la représentativité syndicale. 
Il réforme le financement des organisations syndicales et patronales, pour donner les moyens au dialogue social tout en assurant une transparence accrue. 
Le financement du paritarisme et celui de la formation professionnelle seront désormais clairement déconnectés.

Enfin, le projet de loi renforce l’inspection du travail pour la rendre pleinement efficace face aux enjeux actuel du monde du travail. Elle sera confortée dans son rôle actuel avec des pouvoirs de sanction et de prévention accrus, et une organisation adaptée aux enjeux actuels en matière de risques professionnels et technologiques, de travail illégal, de détachement des travailleurs ou de sous-traitance en cascade.

Le susdit projet de loi sera examiné au Parlement en procédure accélérée, en vue d’une adoption fin février.

Ce projet de loi a été présenté hier à l'Assemblée Nationale, concernant la formation professionnelle "La Vie Hospitalière" rejoint la position du Syndicat  Autonome Santé (SSRC SAS) "...qui estime nécessaire la construction et la sécurisation d'un parcours professionnel au-delà des statuts, ainsi que la possibilité d'accéder au minimum à une qualification supérieure durant la carrière de l'agent."
De même en ce qui concerne la représentativité syndicale qui ne respecte pas le droit d'exister et de s'exprimer des syndicats dits en toute légalité minoritaires (qui rassemblent pourtant des agents pour la défense de leurs intérêts et qui ne sauraient être représentés par principe par des organisations dites "représentatives" qui ne sauraient correspondre  dans leurs orientations notamment aux aspirations des syndiqués étiquettés "minoritaires".
On a vu que les syndicats qui avaient aux élections professionnelles 10 % de voix se retrouvaient sans représentant aux instances des établissements, et avec des droits très limités. 
En ce qui concerne "... la représentativité syndicale il y a encore beaucoup à voir car la loi du plus fort est souvent un principe imbécile qui victimise "les plus faibles"...ce qui nous conforte dans notre lutte pour la reconnaissance proportionnelle en tant que personne morale notamment."
Il y a là effectivement un principe de droit (fondamental qui plus est) à respecter que certains semblent ignorer.

lundi 20 janvier 2014

Peut-on faire de l’Hôpital une entreprise?...

Les réformes intervenues ces dernières années ont fortement ébranlé le fonctionnement de l’hôpital public français. L’association NB3NP (collectif de soignants créé en 2012 pour dénoncer les dégradations de l’hôpital et des conditions de travail des équipes) et les Économistes Atterrés organisent une rencontre-débat autour de chercheurs et de professionnels afin de dessiner les contours de ce que devrait être la « réforme de l’hôpital » aujourd’hui. Une initiative soutenue par Marianne.net Depuis une trentaine d'années l'hôpital est la cible des attaques du New public management. Jusqu’au début des années 1990, l’introduction de méthodes de management, issues du secteur privé, s’est faite de façon homéopathique (centres de responsabilité en 1983, …). Le discours autour de l'hôpital-entreprise tend alors à se développer, mais reste confiné aux premiers cercles du pouvoir politique. C’est à partir de 1991 (Loi Évin) que la cohérence des réformes se renforce : il s'agit d'introduire dans les établissements une démarche par projet. On voit alors fleurir les instances de concertation et se mettre en œuvre des techniques de management participatif. Celles-ci se manifestent d’une part par la rationalisation des flux de patients, la standardisation des procédures de soins, mais également par la mise en place de nouveaux types de chronomètres pour mesurer le travail et évaluer les personnels. Les réformes de 2005 et 2009, marquent une nouvelle étape en généralisant de nouvelles méthodes de gestion et en obligeant les établissements à se structurer autour de dispositifs incitatifs (contrats de pôles, …). Ainsi, les réformes intervenues ces dernières années, et plus particulièrement la mise en œuvre de la T2A ont fortement ébranlé le fonctionnement de l’hôpital public français. La réforme du financement conduit en effet le système hospitalier à mimer le marché et à remettre en questions ses principes fondateurs. La T2A accélère la sélection des patients, la baisse de la qualité des soins et la suppression des activités non rentables. Les réformes ont donc eu des conséquences importantes sur le fonctionnement de l’hôpital se répercutant sur les conditions de travail des personnels soignants et la qualité des soins offerts aux patients. L’association NB3NP (collectif de soignants créé en 2012 pour dénoncer les dégradations de l’hôpital et des conditions de travail des équipes) et les Économistes Atterrés organisent une rencontre-débat autour de chercheurs et de professionnels sur le thème de « l’hôpital et la crise de la santé publique » . L’objectif de cette rencontre est, au-delà du constat, d’analyser les évolutions de la gestion de l’hôpital, d’en comprendre les enjeux et de dessiner les contours de ce que devrait être la « réforme de l’hôpital » aujourd’hui. Le débat aura lieu avec : - Jean Paul Domin, Maître de Conférences à l’Université de Reims, Une histoire économique de l'hôpital, Paris, La Documentation française, 2008 (tome 1), 2013 (tome 2). - Nicolas Belorgey, Chargé de recherches au CNRS - Alexandra Saulneron, infirmière libérale et présidente du collectif « NB3NP ». - Sarah Guerlais, infirmière libérale et vice-présidente du collectif « NB3NP ». Grand Témoin - André Grimaldi Professeur diabétologie, L’hôpital malade de la rentabilité Fayard, 2009. La discussion avec le public sera animée par Benjamin Coriat, professeur de sciences économiques à l’Université Paris 13 et, Nathalie Coutinet, maître de conférences à l'Université Paris 13, tous deux membres du CA des “atterrés”. Le 23 janvier à l’AGECA de 20h à 22h30 177 rue de Charonne, 75012 D'ici là, retrouvez nos analyses et positions sur le sujet dans les chroniques et articles de nos sites http://atterres.org et www.nb3np.org.

samedi 18 janvier 2014

Symposium pluridisciplinaire sur le cancer du sein à Paris

Symposium pluridisciplinaire le 21 janvier 2014 à partir de 17 heures.
Organisé par le Professeur Laurent Lantieri
(Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP)

C'est une approche pluridisciplinaire menée par les meilleurs spécialistes et qui se veut quasi-exhaustive à laquelle nous vous convions.
Plus d'informations (inscription gratuite)

Du dépistage à la reconstruction, en passant par la prévention, par l'analyse génétique, les traitements soutenus par de nouvelles molécules, l'impact psychologique de l'annonce et de l'intervention, l'importance du sein dans la vie intime et sociale de la femme.
Tous ces aspects seront abordés à l'occasion de la table ronde.

Intervenants :


- Dr Mohamed Derder, HEGP, Paris

- Dr Mikael Hivelin, HEGP, Paris

- Dr Vincent Hunsinger, HEGP, Paris

- Pr Laurent Lantieri, HEGP, Paris

- Pr Fabrice Lecuru, HEGP, Paris

- Dr Christophe Lepage, HEGP, Paris

- Dr Laurent Levy, Scanner Hoche, Paris

- Dr Alexandre Marchac, Paris

- Dr Julien Quilichini, Hôpital Robert Ballanger, Aulnay sous Bois

- Dr Jean-Philippe Spano, Hôpital La Pitié Salpétrière, Paris

- Pr Marc Spielmann, IGR, Villejuif


Avec l'aimable participation de Mme Brigitte Fanny Cohen (Journaliste)










mercredi 15 janvier 2014

Les bactéries multirésistantes sont à l'origine de 25.000 décès en Europe

L’augmentation constante des bactéries multirésistantes est plus qu'inquiétante

En septembre 2013, la « Salmonella Kentucky » rejoignait la « New Delhi métallo-beta-lactamase » dans la liste des bactéries multirésistantes aux antibiotiques. Cette souche connaît une explosion sans précédent depuis 2006, selon une étude publiée en mai dernier dans la revue The Lancet Infectious Diseases.
Résistante aux fluoroquinolones, antibiotiques puissants utilisés massivement chez l’homme comme chez l’animal, sa zone de contamination s’est progressivement élargie à toute l’Afrique et au Moyen-Orient. Ce n’est qu’un exemple récent parmi d’autres de l’augmentation constante des bactéries résistantes aux antibiotiques, mise en avant en novembre 2013, par un rapport de l’agence américaine “Centers of Disease Control and Prevention” (CDC).
25.000 décès par an en Europe...23.000 aux U.S.A.
Les résistances augmentent dans le monde entier, notamment en Afrique, en Asie, en Amérique  et en Europe. 
Chaque année aux États-Unis, 2 millions d’infections et 23.000 décès sont causés par ces bactéries. En Europe aussi, les germes qui résistent aux antibiotiques causent environ 25.000 décès par an, dus à l’une des cinq bactéries multirésistantes les plus fréquentes.
Les Pays-Bas, le Danemark, l’Allemagne et la France sont ainsi touchés par l’explosion d’infections difficiles à soigner, car résistantes aux médicaments.
Au banc des accusés, l’administration massive d’antibiotiques aux animaux.
L’enquête s’appuie sur les éclairages de chercheurs, d’éleveurs responsables, de vétérinaires et de médecins de plusieurs pays européens, pour dénoncer la pratique de l’administration vétérinaire massive d’antibiotiques aux animaux, autant à titre curatif que préventif.
C’est un chercheur néerlandais qui a, le premier, tiré la sonnette d’alarme en 2004 après avoir identifié la présence du SARM (stathylocoque doré résistant à la méthicilline) dans des élevages porcins. Les volailles produites à la chaîne suscitent aussi la méfiance: sont-elles infestées d’entérobactéries tout aussi coriaces ?
En outre, en dehors du contact direct avec le bétail, les bactéries se propagent via les cheminées d’aération des bâtiments d’élevage ou les épandages de fumier dans les champs, ce qui peut contaminer d’autres cultures, qu’elles soient bio ou pas.
La "riposte" de la France...
L’accélération du phénomène inquiète l’OMS, qui évoque le risque réel d’une paralysie de la médecine moderne: sans antibiotiques, plus de chirurgie, plus de greffes d’organe, plus de chimiothérapies, plus de barrière thérapeutique pour empêcher la propagation des contagions…
La France, consciente du problème depuis 2011 avec le plan d’action “Ecoantibio 2012-2017″, prépare une riposte à l’antibiorésistance chez les humains. 
En mai dernier, un rapport visant à un "Encadrement des pratiques commerciales pouvant influencer la prescription des antibiotiques vétérinaires” était remis au ministre de l’Agriculture.
La réforme prévue par le projet de loi d’avenir pour l’agriculture que les députés examinent depuis le 7 janvier, vise ainsi notamment à lutter contre l’antibiorésistance, par la baisse des ventes d’antibiotiques destinés aux animaux. 
Un objectif qui ne sera atteint que si l’on parvient à remettre en question en France les méthodes de l’élevage intensif, en prenant le tournant du bio et de l’agroécologie. Une vraie révolution verte…
Donc, les députés souhaitent réduire le nombre d’antibiotiques pour les animaux dans les élevages, enfin une avancée dans le domaine du bio pourrait-on penser, sauf que c’est d’une mauvaise foi sans borne! 
On pourrait penser de ce fait qu’enfin, certains politiques pensent à nous et sont prêts à nous proposer des solutions pour que notre alimentation soit meilleure, mais  il ne faut pas oublier le pacte transatlantique qui va permettre aux USA de nous imposer leurs normes alimentaires (1) sans rien en retour!   
Il ne faut quand même pas oublier cet article de décembre 2013 mis sur le  site de 7sur7.be (2).
De quoi faire très peur. 
L’Union européenne mais également la France et l’Allemagne sont actuellement en train de contribuer à la mise en place du pacte transatlantique, un accord entre les USA et l’Europe qui permettrait aux Etats-Unis d’imposer leurs normes sans qu’il n’y ait quoi que ce soit en retour, de ce fait, l’Europe ne serait plus qu’une extension des USA.
 Le souci, c’est que les normes américaines ne sont pas compatibles avec les nôtres, et qu’un tel traité obligerait la France à vendre sur son territoire ces poulets américains qui, au vu de l’article, sont impropres à la consommation, en plus du fait que la viande est traitée à la javel…c'est vraiment du n'importe quoi!
La quasi-totalité du poulet acheté en grande surface  aux Etats-Unis est contaminée par des bactéries dangereuses comme la salmonelle ou l’E. coli, affirme l’influent magazine de consommateurs américain Consumer Report dans une enquête publiée jeudi.
Ce magazine explique que « l’analyse de 300 blancs de poulet crus achetés dans des magasins à travers les Etats-Unis a mis en évidence des bactéries potentiellement dangereuses dans presque tous les poulets, y compris les marques biologiques ».
« Plus de la moitié des échantillons », achetés en juillet, « contenaient des matières fécales contaminantes » et « environ la moitié contenaient au moins une bactérie résistante à trois ou quatre antibiotiques parmi les plus couramment prescrits ».
Le magazine souligne qu’aucune chaîne de distribution ni aucune marque sur des dizaines testées (Wal-Mart, Tyson, America’s Choice, Whole Foods, Traders’ Joe…etc.) n’est épargnée.
Il met particulièrement à l’index la marque Foster Farms, dont trois usines du sud-ouest américain sont à l’origine d’une épidémie de salmonelle particulièrement virulente intervenue cet été aux Etats-Unis, et qui n’a pas lancé de rappel.
Les Américains consomment 40 kilos de poulets par tête en moyenne chaque année. « 48 millions de gens tombent malades chaque année à cause d’aliments contaminés avec de la salmonelle, des campylobacter, de l’e. coli entre autres, mais plus de décès sont attribués à la volaille » qu’à tout autre aliment, précise cet article.
Il est temps de surveiller l'origine de ce que nous consommons autrement il ne faudra pas s'étonner d'une augmentation significative des décès en europe par intoxication alimentaire, le principe de précautions existe pourtant et il faudra s'engager vers des poursuites en justice contre ceux qui au nom du profit enpoisonnent non seulement la vie des citoyens et citoyennes au figuré mais encore au sens propre et là il est temps de s'indigner.



1) lire l'article du Monde diplomatique...

2) Article à consulter sur le site de 7sur7.be
http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1761183/2013/12/19/La-plupart-des-poulets-US-contamines-par-des-bacteries.dhtml



jeudi 9 janvier 2014

La FHF salue la censure des Sages sur les recours en justice contre les banques




La Fédération Hospitalière de France a salué mardi la censure engagée  par le Conseil constitutionnel à l'encontre du Projet de loi de finances (PLF) pour 2014, précisément de l'article 92 dans ses 2 ème  et 3 ème paragraphes, prévoyant d'instituer un fonds de compensation pour les collectivités locales en contrepartie de leur renoncement aux recours contentieux contre les banques dans le cadre du suivi des emprunts toxiques.
Dans son communiqué "La FHF se félicite que (...) le juge suprême ait censuré l'interdiction faite aux personnes morales et donc aux hôpitaux et établissements médico-sociaux d'attaquer les banques devant les tribunaux, au motif que la portée de cette mesure n'était pas strictement définie et contrevenait aux exigences découlant de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789". 

Toutefois il est un point que l'on peut regretter en ce qui concerne le fait que les hôpitaux demeurent exclus par les Sages du dispositif de compensation mis en place.

La FHF a dénoncé avec force le projet gouvernemental qualifié de "double peine" pour les structures publiques sanitaires et médico-sociales, celles-ci se voyant non seulement empêchées d'utiliser tous les moyens contentieux à leur disposition à l'encontre des banques qui leur ont vendu des prêts toxiques, mais également exclus du fonds de compensation. 
Et la FHF de réitérer son appel aux hôpitaux concernés par des emprunts toxiques, lancé mi-décembre qui se doivent d'engager des recours juridictionnels à l'encontre des banques. 
Pour la FHF "... en dépit des pressions parfois exercées par les autorités de tutelle pour dissuader les hôpitaux d'engager de tels recours, la voie contentieuse reste, en l'absence de tout autre dispositif sérieux offert aux établissements, la voie la plus à même de préserver leurs intérêts".

 "La Vie Hospitalière" estime que dans le système actuel (qui est un systéme prédateur) la résistance est de mise car les grands responsables doivent payer! Et, là les banquiers sont à la bonne place...


mardi 7 janvier 2014

DMP : 500 millions d'euros pour 418.000 dossiers



La mise en place du dossier médical personnel, un carnet de santé numérique peu utilisé par les professionnels, a coûté 500 millions d'euros depuis 2004, selon un document révélé par "Le Parisien".

"Le montant total des financements alloués par le FICQS (Fonds d'intervention pour la qualité et la coordination des soins) à l'élaboration du DMP (dossier médical personnel), depuis 2004, s'élève à 500 millions d'euros", est-il indiqué dans ce document interne du Conseil national de la qualité et de la coordination des soins.

Or, selon "Le Parisien", 418.011 dossiers médicaux personnels étaient ouverts au 2 janvier 2014, largement en-deçà des objectifs, sans compter que la plupart des dossiers contiennent très peu d'informations.

Ce chiffre de 500 millions d'euros rejoint les estimations de la Cour des comptes. Elle indiquait dans un rapport publié en février 2013 que la mise en œuvre du dispositif avait coûté 210 millions d'euros entre 2005 et 2011. Elle ajoutait qu'en comptant les investissements complémentaires nécessaires au bon fonctionnement du dispositif, le coût global pouvait dépasser "le demi-milliard d'euros".

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, s'est engagée à relancer le DMP dans le cadre de sa stratégie nationale de santé et a remplacé fin novembre le directeur de l'Asip-Santé, agence du ministère qui gère le DMP.

[Source AFP- Egora - La Revue du Praticien]

vendredi 3 janvier 2014

Le sapeur-pompier blessé : " Un impact d’une violence extrême "



Alors qu’une marche de soutien aura lieu demain samedi, Quentin Charron, le sapeur-pompier de 31 ans grièvement blessé à un œil vendredi dernier, lors d’une manifestation à Grenoble, s’exprime pour la première fois.

Avec beaucoup de courage et de dignité, le jeune homme revient sur le déroulement des faits :
« Ça m’a couché dans les bras d’un collègue qui était à côté. C’était un impact d’une violence extrême. Il y avait du sang qui jaillissait de mon œil droit. Je n’ai pas perdu conscience, j’ai toujours été lucide ».


Il évoque également son état de santé et ses perspectives d’avenir.


Des échauffourées ont eu lieu avec les forces de l’ordre, lesquelles ont utilisé du gaz lacrymogène et tiré au flashball. Un sapeur-pompier, blessé, a dû être évacué à l’hôpital Michallon de Grenoble-La Tronche.


"La Vie Hospitalière" a donné sa position sur les violences policières lors de cette manifestation ne pouvant admettre l'utilisation d'armes contre les personnes qui manifestent pour défendre leurs droits!

La violence appelle la violence et ce n'est pas ainsi que nous trouverons des solutions aux problèmes posés dans notre société et dont la cause directe est uniquement la politique engagée depuis des années au nom du profit.


Source Le Dauphiné


44 èmes Journées de Chirurgie Digestive de l’Hôpital Saint-Antoine



Les  44 èmes  Journées de Chirurgie Digestive de l’Hôpital Saint-Antoine auront lieu les 20 et 21 janvier 2014. 

Les deux invités cette année seront les Professeurs Patrice Valleur (Hôpital Lariboisière, Paris) et Christophe Mariette (CHU de Lille).
  

Retrouvez les principales publications ainsi que les résumés des précédentes Journées de Chirugie Digestive de l'Hopital Saint-Antoine sur le site  Chirurgie-digestive.org.

Programme des 44 èmes  Journées de Chirurgie Digestive de l’Hôpital Saint-Antoine



Troyes : Conférence "L'histoire de l'hôpital"


Conférence "L'histoire de l'hôpital" le mercredi 22 janvier 2014

L'IFSI organise en partenariat avec l'AESIT une rencontre avec Laure GAUFFRE, conférencière nationale sur "L'histoire de l'hôpital", le mercredi 22 janvier 2014, de 14 heures à 17 heures 30 à l'Université de Technologie de Troyes (1).

Téléchargez  le bulletin d'inscription

1) UTT, 12 Rue Marie-Curie, 10430 Rosières-près-Troyes.

mercredi 1 janvier 2014

Fin du jour de "carence" pour les fonctionnaires


 Le 12 novembre les députés ont,voté la suppression du jour du carence dans la fonction publique, à compter de ce jour..

Ceux qui ont été sanctionnés financièrement, pour la simple raison  qu’ils étaient malades ne sauraient en rester là.

Il faut exiger une rétroactivité afin que  tous les agents ponctionnés soient remboursés des sommes prélevées.


Pour le Docteur Gérard Kierzek:"Touraine veut faire une médecine sans médecins"...



Pour marquer la fin de 2013 Egora.fr a demandé à plusieurs personnalités de revenir sur les événements marquants de l'année et d'évoquer leurs perspectives pour 2014.

"La Vie Hospitalière" rappelle l'interview du Docteur Gérald Kierzek ( Médecin urgentiste) opposant farouche à la fermeture du service d’urgence à l’Hôtel-Dieu et au projet d’hôpital debout de l’AP-HP. En juillet dernier, il a été démis de ses fonctions de chef du SMUR."

(Photo "La Vie Hospitalière"© )



 L'interview du Docteur Gérald Kierzek

"Quels ont été vos “tops” de l’année 2013 ?

Le top 2013, évidemment pour nous, c’était le 10 juillet. Quand Marisol Touraine avait annoncé que les urgences de l’Hôtel-Dieu ne pouvaient pas fermer au 4 novembre. C’était un mini-tsunami dans l’establishment de l’AP-HP. Donc ça avait été un point important pour nous. C’était la reconnaissance de ce qu’on disait depuis des mois et des mois.

Quels ont été vos “flops” de l’année 2013 ?

Mon flop de l’année, c’est ce qui se passe du côté de Marisol Touraine. Ça c’est un vrai flop quand même. L’impression que j’ai, c’est qu’il y a une volonté de faire les choses sans nous, sans les soignants. On veut faire une médecine sans médecins. Il y a uniquement des effets d’annonce et des effets de com’. Ca fait écho à mon Top 2013. Marisol Touraine a dit quelque chose le 10 juillet, mais c’était juste de la communication. Ça n’a été suivi d’aucune application concrète.

Dans ce même ordre d’idée, la stratégie nationale de santé est un blabla technocratique, le pacte de confiance aussi… Bref, le flop de l’année, c’est l’absence de changement qu’on avait attendu en 2012. On avait laissé six mois après l’élection, le temps que Marisol Touraine s’accapare les dossiers santé… Mais 2013, c’est l’absence de changement total.

Quels sont vos vœux pour 2014 ?

Clairement, c’est la renaissance durable de l’Hôtel-Dieu. Cette fin d’année 2013 a vu l’arrivée de Martin Hirsch comme nouveau directeur général. J’ai bon espoir. Je pense qu’on partage la même vision mais il est dans des logiques d’appareil et d’establishment au sein de l’AP-HP qui vont être difficile à bouger. Mais l’objectif, quand même, c’est qu’il remette tout le monde autour de la table. Et à titre plus personnel, c’est le rétablissement dans mes fonctions de responsabilités du SMUR.


Quelles seront vos bonnes résolutions pour 2014 ?

Continuer ce combat de l’Hôtel-Dieu. Ça peut sembler très local, mais pour moi c’est un engagement pour les soignants. Les gens des autres hôpitaux, les médecins libéraux, plein de gens nous soutiennent en disant ‘continuez à vous engager pour les soignants’. Et les soignants, ce n’est pas que les médecins, c’est aussi les infirmières, c’est les aides-soignants, c’est le public et aussi le libéral. Tous ces gens me disent ‘on a perdu le sens de notre boulot’. 

Ma résolution personnelle pour 2013, c’est donc de continuer à m’engager à l’Hôtel-Dieu, mais aussi en dehors, pour qu’on retrouve le sens de notre métier et notre dignité professionnelle. Ça paraît con à dire, mais c’est ça.

Le dévouement des professionnels de santé, c’est un truc qui est fondamental, mais c’est ça qui a été cassé et qu’il faut retrouver
On a besoin de gens qui croient en leur métier, et qui ont envie de continuer à ce que les jeunes s’engagent dans cette voie-là. Et franchement, c’est mal barré. On est dans un métier où tout compte, le moindre mot pour le patient, la moindre tache sur le mur de la chambre, a son importance. Et il faut que les soignants aient conscience de ça. Et pour ça, il faut qu’ils soient très bien dans leur peau professionnelle pour pouvoir donner le meilleur à leurs patients.

Ca fait peut-être un peu démago, mais c’est quand même la réalité."




(Source Egora.fr - La Revue du Praticien © )