vendredi 29 août 2014

L'Hôpital public mis à mal par son management


L’hôpital subit depuis 2009 des réformes lourdes de conséquences pour ses agents comme ses patients.
Un ouvrage collectif montre comment le management pénètre progressivement tous les aspects de la vie hospitalière pour en modifier l’activité et la finalité.
Le service public de santé est menacé par l’intensification de la contrainte financière. C’est, du moins, l’avis des auteurs de L’hôpital en réanimation, un volume qui rassemble des contributions d’auteurs divers. Leur point commun est de rechercher une logique d’ensemble dans l’accumulation de réformes des dernières années, du Programme de médicalisation des systèmes d’informations (PMSI) à la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST) de 2009, en passant par la Tarification à l’activité (T2A) et les plans « Hôpital 2007 » et « Hôpital 2012 ». Ce livre a pour point de départ un séminaire de réflexion du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs élargi (SNPHAR-E). La démarche suivie par Bertrand Mas, Frédéric Pierru, Nicole Smolski, Richard Torrielli et les autres contributeurs comporte deux temps : d’abord, repérer les structures idéologiques, institutionnelles, instrumentales et juridiques du New Public Management (NPM), ou « nouvelle gestion publique » ; puis, identifier ses effets sur les corps médical et soignant et partant, la relation avec le patient. Les hôpitaux ne sont plus sanctuarisés. Ainsi les auteurs ne manquent pas de relever que le terme d’hôpital a été remplacé par celui d’établissement de santé. De même, la loi HPST a redéfini le socle du service public hospitalier en distinguant, en son sein, quatorze missions pouvant être exercées indifféremment par des établissements publics ou privés. Ces missions recouvrent des champs d’intervention habituels de l’hôpital, comme la permanence des soins, la prise en charge des soins palliatifs ou l’enseignement et la recherche, et d’autres moins conventionnels, à l’image de la lutte contre l’exclusion sociale ou la promotion de la santé publique. Bien que ce changement paradigmatique s’apparente, dans les textes, à une extension du domaine réservé de l’hôpital, il est assimilé dans le livre à une « privatisation rampante » (le terme revient à plusieurs reprises dans l’ouvrage) d’un secteur jusqu’à présent épargné par la rationalité néo-libérale.
Le New Public Management indissociable de ses instruments

Pour Philippe Bezes (« New Public Management made in France »), le NPM constitue un « puzzle doctrinal », qui mêle des éléments de la théorie économique à des préceptes issus des sciences de gestion et des prescriptions inspirées d’expériences antérieures. Apparu dans les années 1980, il a inspiré la réforme de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) en 2001, ainsi que la non moins récente révision générale des politiques publiques (RGPP) en 2007, dont la loi HPST constituerait la déclinaison dans le champ sanitaire. Ce courant de pensée d’inspiration néo-libérale trouve à s’incarner dans des instruments, dont nous donnerons ici trois exemples. D’abord, le benchmarking consiste en un recensement de données de production relatives à des établissements de santé, afin d’en établir le classement et de faire émerger les bonnes pratiques organisationnelles qui conduisent à des résultats plus élevés. Puis, la contractualisation est un mode de gestion par les objectifs qui lie deux parties, le principal et l’agent. Le premier est constitué par le niveau central (le ministère de la Santé, le directeur général de l’agence régionale de santé, le directeur), tandis que le second correspond au niveau local (le pôle d’activité clinique ou médico-technique, devenu niveau d’organisation de droit commun des établissements de santé en 2009). Plusieurs formes de contrat existent (contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens, contrat de pôle, etc.), qui prennent appui sur les différentes instances au sein de la gouvernance.

La loi HPST a doté l’hôpital d’un directoire et d’un conseil de surveillance, renforçant parallèlement les pouvoirs du directeur. Les thèses foucaldiennes sont largement mobilisées pour qualifier la redistribution des responsabilités entraînée par le benchmarking, la contractualisation et la gouvernance.
La mise en place d’un « gouvernement à distance » serait consubstantielle de la construction du « souci de soi » de l’État. La réforme de l’État, en ce qu’elle publicise la question de la « connaissance de soi », via des mesures comme le benchmarking, est constitutive d’une nouvelle forme de rationalité politique. Un phénomène que P. Bezes rapprochait dans un de ses précédents articles de la raison d’État au XVIIe siècle [1]. Les élites centrales, en crise, se saisiraient des outils du NPM pour tenter de reconquérir, en le recomposant, leur pouvoir. Cette thèse semble confirmée par le caractère ambivalent des concepts manipulés. Chacun paraît aujourd’hui se réclamer de la performance, de l’efficience ou de la qualité pour mener son action. Ceux qui s’y refuseraient seraient aussitôt suspectés de craindre les effets de la démarche engagée : la population est mobilisée totalement. Pour F. Pierru, ces « mots-valises » présentent la double utilité soit de placer le débat à un niveau de généralité si élevé qu’il paraît impossible de contester les idées qu’ils sous-tendent, soit de s’opérationnaliser à un degré si fin qu’il devient malaisé de repérer la logique d’ensemble. Car, si les auteurs se refusent à distinguer un complot dans la généralisation des réformes tirées du NPM, il existerait bien un fondement doctrinal jouant dans le sens d’un renforcement de l’État, avec le soutien du marché. Le recours massif à des consultants internationaux, le déploiement de « nouvelles bureaucraties techniques » [2] et la création de cellules dédiées au sein des administrations déconcentrées provoqueraient l’essor des activités de contrôle. À contretemps du laisser-faire smithien, le NPM s’apparenterait donc à un « pilote automatique » entre les mains de quelques-uns, d’après F. Pierru (« Hospital Inc. ou l’hôpital au pays des Soviets ? »).
L’impact de la rationalité instrumentale sur les groupes professionnels

Le NPM est à l’origine d’une profonde remise en cause des groupes professionnels de l’administration publique car il propose un diagnostic simpliste. Si l’administration va mal, c’est parce qu’elle serait mal gérée. Et, si elle est mal gérée, ce serait en raison du pouvoir discrétionnaire exorbitant dont disposent les « bureaucraties professionnelles » [3]. Il conviendrait alors de réduire leur autonomie en codifiant et systématisant leur action, conduisant à la mise en œuvre d’indicateurs de productivité, d’incitations monétaires, de procédures, etc. P. Bezes remarque qu’il s’agit là d’une contradiction majeure du NPM, qui vante souvent une plus grande liberté accordée aux gestionnaires ou une plus grande implication des professionnels dans la vie du service. Pour comprendre ce que le NPM fait aux individus, reprenons nos trois exemples. Le benchmarking met en compétition des établissements de santé en fonction de critères de prix, de qualité et de sécurité. La comparaison qu’il induit suppose au préalable de normaliser l’activité des soignants. Réfléchir en termes de processus suppose donc de découper un tout en plusieurs parties, au risque de paraître réducteur ou de se focaliser sur un élément non significatif. Pourtant, le benchmarking est de plus en plus sollicité par des agences techniques telles que l’Agence national d’appui à la performance (ANAP) santé et médico-social. Il s’affiche également en une des hebdomadaires. Pour les contributeurs, ce succès s’explique par la volonté d’équiper le patient et de lui proposer des grilles de lecture standardisées. D’une part, l’usager serait assimilé à un consommateur choisissant son lieu d’hébergement dans une logique hôtelière. Et F. Pierru (« Les palmarès ou le guide Michelin des hôpitaux ») de faire allusion au guide Michelin pour désigner les palmarès hospitaliers. En outre, la prolifération des normes irait de pair avec la judiciarisation de la santé, les praticiens n’ayant pas respecté les préconisations de la « médecine par les preuves » (evidence-based medicine) se rendant coupables de faute professionnelle. Caractérisant le mal-être qui s’empare des professions de l’hôpital, Christian Laval (« La rationalité néo-libérale à l’assaut des services publics ») évoque ainsi un « management de la culpabilité ». D’autre part, les soignants seraient regardés avant tout comme des êtres rationnels, capables d’infléchir leur capacité de jugement en fonction d’informations considérées comme objectives. Les médecins, en particulier, se sentiraient dépossédés de leur art. Certes, ils fondent leurs diagnostics sur des travaux validés par la communauté scientifique et des protocoles de soins labellisés. Mais, la singularité des cas n’oblige-t-elle pas à conserver une part d’autonomie dans la délibération ? Ce constat rejoint l’idée qui traverse un long passage consacré par F. Pierru à la T2A. Ce nouveau mode de financement des établissements de santé repose sur le codage de l’activité. À chaque acte est affecté un tarif, calculé selon le niveau de complication et les caractéristiques du patient. Chaque tarif évolue périodiquement en fonction des priorités de l’assurance maladie. Un des effets pervers dénoncés par les auteurs serait la sélection des patients selon le caractère rentable ou non de leur hospitalisation. Des malades ayant subi des interventions peu rémunératrices seraient poussés vers la sortie, tandis que d’autres verraient leur séjour inutilement prolongé en raison d’une tarification avantageuse. Arrimés à leurs obligations déontologiques et morales, les médecins seraient contraints de détourner les instruments de leur usage initial pour accumuler des rentes de nature à préserver la qualité et la sécurité des soins. Quant à la contractualisation interne, elle n’a pas permis, pour Jean-Paul Domin, (« La ‘gouvernance’ Canada dry ou la reprise en main de l’hôpital par une nouvelle bureaucratie gestionnaire ») de faire participer les médecins à la gestion. Au contraire, elle aurait suscité des réactions de rejet face à un phénomène de re-bureaucratisation. S’agissant de la gouvernance, elle se serait traduite par une disparition des contre-pouvoirs au sein de l’hôpital, induisant une concentration de la prise de décision à l’échelon régional. L’autonomie de gestion attribuée au directeur ne serait qu’apparente. En fait, les dispositifs et les règles de gouvernance auraient plus généralement vocation à familiariser les acteurs avec le modèle de l’entreprise, explique Philippe Batifoulier (« On ne naît pas marchand, on le devient : la construction du marché de la santé »).

Nicolas Belorgey (« Agences de santé et consultants dans les hôpitaux : gouverner sans en avoir l’air ») prolonge ce raisonnement en indiquant que les discours sur la qualité et la sécurité des soins au meilleur coût n’auraient d’autre objet que d’intérioriser chez les professionnels la problématique financière. Avec pour toile de fond l’émergence d’un corporate state, en lieu et place de l’État éducateur et social, les professionnels seraient recrutés et gérés comme des travailleurs isolés, et non plus comme les membres d’un corps. Le taylorisme se révélant inefficace dans le contexte actuel du marché du travail, il conviendrait de réinventer le travail. Dans cette optique, la logique contractuelle, la rémunération à la performance et l’importation de techniques managériales du secteur privé auraient remplacé l’engagement professionnel et l’adhésion aux valeurs du service public. L’individualisation des modes de gestion reviendrait à briser la force du collectif, annihilant les tentatives de résistance aux réformes. La recrudescence de ces dernières aboutirait à un climat d’instabilité permanente, synonyme d’une perte de repères par des individus qui craignent de se retrouver en situation d’incompétence. Il s’ensuivrait une remise en cause de l’identité professionnelle, chaque agent étant sommé de choisir entre sa propre conception du métier, les besoins des destinataires de son travail, les injonctions hiérarchiques, etc. D’où les expressions de « précarisation subjective » ou de « management par la défiance » proposées par Danièle Linhart (« Mieux que le taylorisme, la précarisation subjective »).

Le modèle de l’hôpital-entreprise

Ce livre lance une alerte. Il met en garde contre une éventuelle marchandisation de la santé, qui se manifesterait en premier lieu par le rapprochement de l’hôpital avec l’entreprise. Le terme de « rapprochement » est ici choisi, car il s’agit bien d’une prise de conscience que le NPM tendrait à opérer. Ainsi Julien Duval (« Le déficit : obstacle financier ou problème politique ? ») note que la construction sociale que constitue le fameux « trou de la sécu », pris sous son aspect financier uniquement sans considération de sa contribution à l’allongement de l’espérance de vie, a été rendue possible par la « managérialisation » de l’hôpital. Symétriquement, un texte rédigé d’après les positions de Didier Tabuteau et validé par lui (« La métamorphose silencieuse des assurances maladies ») compare le décloisonnement entre les hôpitaux publics et privés au rapprochement entre l’assurance maladie obligatoire et la protection sociale complémentaire. Afin de remporter cette bataille qui serait en train de se jouer,

L’hôpital en réanimation suggère de se reposer sur les professions. Si l’hôpital doit adopter la culture de l’entreprise, force est de constater que l’entreprise ne possède pas la culture de l’hôpital. Autrement dit, il est permis d’imaginer une culture d’entreprise, mais celle-ci ne sera jamais fondée que sur des individualités, au contraire des professions et, singulièrement, des médecins, rassemblés en ordres professionnels dont l’unique vocation est de représenter l’intérêt de la profession perçu comme identique à l’intérêt général. Si l’éventualité d’un « gouvernement à distance » est confirmée, celui-ci appartient à un petit groupe, dont font partie les assureurs.

Ces derniers, selon F. Pierru (« Le patronat prend de l’assurance »), accuseraient la sécurité sociale de ne générer aucun profit. D’où la nécessité de capter une partie des revenus de transfert jugés improductifs. Le patronat aurait investi les politiques sociales par l’entremise de trois figures : l’intellectuel, le technocrate et l’économiste. À cet égard, notons, pour l’anecdote, que l’économie médicale s’est muée en économie de la santé. L’ « économicisation » du débat public serait le reflet d’un vœu toujours réaffirmé de techniciser des questions politiques en y incorporant un regard comptable. L’objectif final serait de légitimer des réformes drastiques et impopulaires, en invoquant l’urgence ou la gravité du sujet.



Conclusion

Le grand mérite de ce livre est de juxtaposer des éléments de politique générale à des observations concrètes et des considérations de nature académique.
Le malaise de l’administration et, plus spécialement, des professions de l’hôpital, est perceptible. D’où la nécessité de le comprendre, d’en rechercher les racines, qui se trouvent dans le NPM et ses multiples applications. On se représente sans grande difficulté les discutions animées qui ont dû donner naissance à l’ouvrage. Un ton militant transpire à chacune des pages de L’hôpital en réanimation, qui tient tant du pamphlet que de l’analyse scientifique. Bon nombre d’idées reçues s’évanouissent à la lecture de ce livre passionnant, comme celle qui attribue la dégradation des comptes sociaux au vieillissement démographique, alors qu’elle s’expliquerait largement par le progrès médical. Si les auteurs s’inquiètent d’une privatisation du système de santé, c’est avant tout l’impact du NPM sur les groupes professionnels qui frappe. Le « gouvernement à distance » ne se résumerait pas à l’accountability (ou « redevabilité »), c’est-à-dire la nécessité pour l’administration de rendre des comptes aux élus. Il se manifesterait aussi par la transformation de l’individu, le patient devenant un consommateur éclairé et le professionnel de santé un prestataire ordinaire de services. Redonner une dimension autre que financière aux sujets qui touchent l’hôpital, tel est le défi que pose l’ouvrage. Par exemple, quelle valeur éthique donner à la facturation des chambres individuelles ? Afin de ré-animer l’hôpital public, au sens étymologique du terme, Bertrand Mas envisage de le refonder en y insufflant un nouvel esprit, dont les trois piliers seraient la démocratie, le respect et la dignité. Il propose également de lui redonner corps, en lui adossant les nouvelles structures destinées à pallier le manque de praticiens dans les déserts médicaux, à l’image des maisons de santé.
Le pari est osé. À l’heure où le consensus semble s’établir sur la nécessité d’étoffer l’offre de soins en amont et en aval de l’hôpital pour y limiter les séjours, peut-on encore ériger l’hôpital en principal ressort de la politique de santé ? La direction de l’hospitalisation (DHOS) du ministère de la Santé n’a-t-elle pas été débaptisée pour décloisonner symboliquement le système de santé et rompre avec ce travers français qui consiste à privilégier l’hôpital pour tous les types de prise en charge ? L’introduction à cette recension laissait entrevoir les doutes qui entourent le périmètre actuel de l’hôpital et son évolution. Cette question, essentielle dans le livre, devra être tranchée rapidement avant de pouvoir engager une quelconque réforme.

Une interrogation qui en soulève une autre : quel hôpital la société veut-elle pour se soigner ?

 Aurélien Bordet

Source  : La Vie des idées


Notes

[1] Philippe Bezes, Aux origines des politiques de réforme administrative sous la Vème République : la construction du « souci de soi de l’État, Revue française d’administration publique, n° 102, Paris, 2002, p. 307-325.

[2] Daniel Benamouzig et Julien Besançon, Les agences, alternatives administratives ou nouvelles bureaucraties techniques ? Le cas des agences sanitaires, Horizons stratégiques, n°3, Paris, 2007, p. 10-24.

[3] Henry Mintzberg, Structure et dynamique des organisations, Editions d’organisation, Paris, 1982.







Aurélien Bordet est diplômé de l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Paris. Sa formation en sciences humaines l’a porté à s’intéresser aux transformations actuelles du système de santé.


lundi 25 août 2014

Le mal-être des personnels de Santé est la conséquence des orientations gouvernementales

Au niveau national, mais que fait donc la ministre des affaires sociales et de la Santé concernant le mal-être des agents de la fonction publique hospitalière (FPH) ?

Prenons pour exemple cet agent hospitalier du CHU de Toulouse qui avait fait une tentative de suicide en 2012 et qui en mars de cette année a fait une grève de la faim. Ceci nous fait aussi penser à cet autre agent qui a tenté de se défenestrer, et, hélas à bien d'autres dont certains passés sous silence...

Une étude du Centre d'étude de l'emploi (parue en avril) reconnaît que  "Les débats qui ont accompagné les réformes ont laissé en arrière-plan le travail des professionnels de santé, conçu comme une « ressource humaine », voire un simple « facteur de production », à économiser afin d’augmenter la « productivité » hospitalière. Une enquête auprès des établissements montre que ceux-ci ajustent leurs effectifs au plus près des soins prodigués, renforçant ainsi les contraintes ‒ parfois à la limite de la soutenabilité ‒ qui pèsent sur leurs salariés."
(Télécharger, pour plus d'informations,  le document Connaissance de l'emploi : "L’emploi et le travail hospitaliers à l’épreuve des réformes").

Mais que font les représentants du peuple français ?... voire les représentants des nations au niveau européen ? (1)

Tout a été spolié par la volonté d'affairistes et de personnages politiques corrompus, nous en sommes là et la ruine de notre pays semble être programmée... alors le côté humanitaire passe en second plan, en toile de fond, on en voit les malheureuses conséquences dans la réalité de chaque jour.

Rappelant (sans faire d'amalgame)  que nous avons atteint le record de 2.000 Milliards d' euros de dette, nous remboursons chaque jour des intérêts colossaux, c'est peu dire, mais ceci démontre la haute responsabilité des décideurs depuis notamment la loi du 3 janvier 1973 sur la Banque de France, décideurs qui continuent les orientations dictées par des "stratèges" qui indirectement ou directement savent tirer profits de cesdites orientations.
Et,  ils continuent ces bougres, et, tout se passe comme ci de rien n'était...nous avons de toute évidence affaire à des gens dénués de scrupules pour eux les préoccupations morales ou altruistes ne sont pas leurs tasses de thé...

On voit maintenant (et de plus en plus) comment certaines directions hospitalières considèrent les personnels et l'on comprend beaucoup mieux  le pourquoi, tout se résume dans un seul leitmotiv : "Toujours plus de profits"...On est très loin de l'esprit hospitalier d'antan, les personnels payent souvent de leur santé (c'est là un comble), quant aux patients, devenus clients, ils sont aussi dans cette logique du profit où les restrictions s'imposent pour toujours plus de profits...


La Santé ne doit pas être considérée comme une vulgaire marchandise, mais un bien comme un droit fondamental, un droit public, un droit pour tous !

"Pour que le droit à la santé soit une réalité, les États doivent créer des conditions permettant à chacun de jouir du meilleur état de santé possible. Le droit à la santé n’est pas le droit d’être en bonne santé."   (OMS)

Pour en revenir au mal-être des agents hospitaliers "La Vie Hospitalière" estime qu'à force de tourner en dérision les revendications des personnels soignants, tout devient dérisoire par l'abstaction même de la prise en  compte des vrais besoins, et,  cette abstaction entraîne bien des aspects négatifs (qualité de prise en charge des patients plus ou moins aléatoire, mal-être des personnels etc).
Rien,  qui dans le temps peut laisser penser à de véritables progrès sociaux, la récession apparaît de fait de mise, comme banalisée, une chose est certaine la stabilité de notre pays  semble fortement compromise à cause de biens des excès, et d'orientations douteuses, et, là les responsabités des hommes politiques sont engagées très gravement, le temps saura répondre à bien des questions...


1) Sur ce sujet on est loin des grandes idées qui voulaient une fédération des peuples des pays d'europe dans le parfait respect des droits fondamentaux.


jeudi 21 août 2014

Le Docteur Nicole Delépine pourra continuer d'exercer dans le cadre d'un cumul emploi-retraite

"Au grand dam de l'AP-HP, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) a suspendu, le 14 août dernier, la décision de l'AP-HP du 18 juin dernier, de ne pas recruter le Dr Nicole Delépine comme vacataire dans le cadre d'un cumul emploi-retraite.

Le Dr Delépine, en retraite depuis le 19 juillet dernier, était auparavant chef de service de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'hôpital de Garches, unité fermée le 7 août dernier par la direction de l'AP-HP.

L'AP-HP, qui pourrait faire appel de cette décision, précise que le recrutement du Dr Delépine ne lui est pas imposé par cette décision de justice, et que l'unité d'oncologie pédiatrique de Garches restera fermée."

Source HOSPIMEDIA



À propos du plan de réduction de 10 Milliards sur les dépenses de Santé

"La Vie Hospitalière" rappelle le communiqué diffusé par le Mouvement de Défense de l'Hôpital public (MDHP) il y a un peu moins de quatre mois, cedit communiqué est pour le moins toujours d'actualité car la situation ne s'améliore pas en France, et tout particulièrement pour la santé, le social et tout ce qui suit...

La nature à horreur du vide...il est d'une évidence que le malheur des uns fait le bonheur des autres...


"Force est de déplorer les réponses catégorielles pour ne pas dire corporatistes des différents secteurs de la santé face au plan de réduction de 10 milliards des dépenses de santé annoncé par le gouvernement.

Tout le monde est favorable aux économies à condition qu’elles soient faites par le voisin. Chacun explique que les autres peuvent faire de grands efforts et dans une belle unanimité les syndicats de médecins libéraux, la fédération de l’hospitalisation privée (FHP) et le MEDEF montrent du doigt l’hôpital public, qui représente à lui seul non pas 50%, comme ils disent, mais 34% du budget de la Sécurité sociale. Pourtant les effectifs des hôpitaux publics ont diminué d’au moins 20 000 au cours des 5 dernières années, cependant que les passages aux urgences hospitalières ne cessaient d’augmenter dépassant les 17 millions par an.

Le MDHP estime que les économies doivent respecter les principes suivants :

1) Il ne faut plus diminuer les dépenses publiques en augmentant les dépenses privées (montant des primes d’assurances complémentaires, subvention des contrats collectifs d’assurances santé d’entreprises, reste à charge des patients secondaire à une sous-valorisation du secteur1). L’augmentation de la dépense privée  non seulement aggrave les inégalités mais coûte  finalement plus cher à la collectivité et diminue lourdement l’efficience de notre système de santé.

2) Les économies ne doivent porter ni sur la recherche ni sur les investissements et la modernisation de notre système de santé (notre pays manque dramatiquement d’IRM). Les économies doivent porter sur le fonctionnement, l’organisation, la gestion et la réduction des rentes versées aux industriels de la santé (cf. l’affaire Lucentis/Avastin).

3) Il faut que la Sécurité sociale et la Haute Autorité de santé (HAS) définissent un « panier de soins » solidaire et que la Sécurité sociale cesse de rembourser des prescriptions non justifiées (médicaments remboursés à 15 ou à 35%, cures thermales, médecines dites alternatives, médicaments princeps quand il existe dans la même classe des génériques ayant le même rapport bénéfice/risque…). Il est grand temps que la France adopte une modèle médico-économique d’évaluation des nouveaux médicaments et dispositifs médicaux.

4) Il faut utiliser les données de santé pour analyser avec les professionnels  les disparités des pratiques médicales régulièrement dénoncées par la Sécurité sociale et la Fédération hospitalière de France (FHF), pour discuter avec les professionnels concernés comment réduire ces disparités, et pour mieux évaluer la pertinence des soins et des techniques mises en œuvre.

5) La prise en charge des patients atteints de maladies chroniques supposent une révision de la tarification à l’activité (T2A) et du paiement à l’acte, qui incitent à la multiplication des actes et à la concurrence au lieu de promouvoir la concertation entre la ville et l’hôpital, et entre les professionnels de santé, notamment entre médecins et infirmières.

6) Il faut en finir avec ce système absurde ou chaque médecin hospitalier doit choisir entre défendre la Sécu ou défendre son hôpital, et où les soignants doivent toujours faire plus (T2A oblige) avec toujours moins de moyens (respect de l’ONDAM oblige). La souffrance des soignants a pour conséquence la dégradation de la qualité des soins. La France a reculé à la 9ème place dans l’évaluation internationale des systèmes de santé.

7) Enfin, il faut réduire le millefeuille bureaucratique inhérent à la mixité et au bicéphalisme de notre système de santé. Chaque feuille de santé est traitée deux fois, une fois par la Sécurité sociale et une fois par les assurances complémentaires, si bien que nous dépensons de double de la moyenne des pays de l’OCDE pour la gestion de la Santé (soit plus de 15 milliards). Il convient également de débureaucratiser les hôpitaux et les Agences régionales de santé (ARS) pour consacrer les ressources en priorité aux équipements et aux soins.

Le  plus simple mais le pire consisterait pour le gouvernement à continuer à réduire la progression de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) mettant ainsi plus de 50% des hôpitaux en « déficit », ce qui les oblige à poursuivre sans fin un redressement financier illusoire en réduisant le nombre de personnels encore et toujours, au détriment des patients."

Anne Gervais

Pour le Mouvement de Défense de l'Hôpital Public,  les médecins des hôpitaux :

André Grimaldi, Nathalie De Castro, Bernard Granger, Anne Gervais, Jean-Charles Deybach, Véronique Leblond, François Bricaire ,  Jean-Yves Delattre , Jean Paul Vernant, Paul Legmann, Agnès Hartemann,  Marie-Paule Vazquez, Noël Garabédian, Christian Richard, Marie-Germaine Bousser.




lundi 18 août 2014

Le temps des réformes et des réformés pour la cause...

Aux grands maux les grands remèdes" dit-on, et,  quand on prend en considération que la France est endettée à hauteur de 2.000 Milliards d'euros (1) depuis hier, les réformes pour la cause vont devenir prétexte à bien des économies...à force plus rien ne va, et, "La Vie Hospitalière" s'interroge sur les objectifs de tous ces hommes politiques depuis 1973, depuis que certains ont programmée la ruine de notre pays...pour leurs seuls profits et ceux de groupes financiers.

Que compte faire le gouvernement, ce gouvernement qui avait promis un véritable changement ?

Des réformes?... encore des réformes?... toujours des réformes !... réduire par ci, réduire par là...ce n'est pas ainsi que notre pays progressera ! Loin de là !

Quels sont en fait les résultats ?...

Le plus grave c'est que l'on gère la crise sans s'attaquer aux véritables causes,   c'est un peu comme si on donnait chaque jour un comprimé d'aspirine à un patient atteint d'une tumeur au cerveau...la suite elle est prévisible, ce n'est qu'une question de temps non pas dans l'intérêt du patient, bien évidemment,  mais bien contre le patient lui même!  Et, là l'aspirine fait figure de placebo...

C'est chose faite aujourd'hui !

À qui profite ce crime?...la question est posée, bien des responsables se sont remplis les poches de l'argent public et ce n'est pas fini loin de là,  tout  est entrepris pour tirer encore plus de profits et c'est bien là le pire des maux pour notre pays, quant aux autres pays membres de cette europe économique qui devient de plus en plus anti sociale, ainsi le Portugal  est un exemple de ce qui nous attend si nous ne mettons pas un terme aux orientations malsaines dictées par la haute finance internationale, car c'est bien là l'origine de tous nos problèmes.

Des réformes ?...Oui si seulement elles doivent réellement profiter aux citoyens et citoyennes de notre pays et prioritairement. Le plus grave c'est qu'en France bien des personnes ne peuvent plus se soigner, nous allons vers une dérive qui nous laisse penser que nous pourrions rejoindre le Portugal dans peu de temps.

"La Vie Hospitalière" rappelle les manifestations des médecins, des personnels de Santé, des patients,  il y a un mois, au Portugal, la situation est grave et nous devons nous en inquiéter grandement:

"Plusieurs centaines de médecins en blouse blanche, mais aussi des patients, ont manifesté devant le ministère de la Santé à Lisbonne, pour dénoncer le «démantèlement du système de santé» et les fermetures de services dans les hôpitaux publics.

«Il faut défendre cette grande conquête de la Révolution d'avril 1974 qu'est le Service national de santé», a déclaré Maria Merlinde Madureira, présidente de la Fédération nationale des médecins (FMAM), à l'origine du mouvement.

«Non à la destruction du service national de santé» et «Accès à la santé pour tous et non seulement pour ceux qui peuvent payer», pouvait-on lire sur les banderoles brandies par les manifestants.

«Le gouvernement est en train d'anéantir notre système de santé, on manque d'effectifs et de matériel», a accusé Claudio Quintaneiro, 31 ans, médecin hospitalier à Figueira da Foz, qui compte émigrer en Australie pour travailler dans de meilleures conditions.

La FNAM a chiffré en fin de journée à «environ 90 %» la participation à cette grève qui est soutenue par l'Ordre des médecins et a été suivie surtout par les praticiens hospitaliers."


(À Suivre)


1) Soit plus de 30.000 euros par français !...
Le remboursement des seuls intérêts de cette "dette nationale" est l'une des raisons du déclin de notre pays.

vendredi 15 août 2014

CHU d'AMIENS: La pédiatrie, une des grandes gagnantes du déménagement

Le déménagement au sud pour les services de pédiatrie seront gage de confort et de sécurité. Et, fait rare en France, de gain de lits, notamment en hospitalisation de jour.

S’il est un département de l’actuel hôpital Nord pour lequel le déménagement sur le monosite, au sud d’Amiens, va révolutionner le quotidien, c’est bien la pédiatrie. Car de l’aveu même du professeur Patrick Berquin, «  certains de nos bâtiments ne sont plus aux normes actuelles de confort et de soins  »...(...)...Quant au personnel des services de pédiatrie (465 effectifs au total), ils pourront enfin fonctionner dans une unité structurée en bloc unique, sur quatre étages et dans un seul et même bâtiment, aux côtés de la maternité, des urgences pédiatriques et le de la néonatalogie.  «  Au nord, on est dans un hôpital pavillonnaire, où les services de pédiatrie ont fini par coloniser neuf bâtiments dispersés un peu partout  », observe le professeur Berquin....(...)...Les fruits de plusieurs années passées à développer des spécialités afin qu’Amiens tire son épingle du jeu entre les services très en pointe de la pédiatrie parisienne ou lilloise   «  Plus que d’autres hôpitaux en France, nous avons eu à cœur de développer - dès les années 80  - des spécialités afin de ne pas proposer que de la pédiatrie générale. Nous sommes un centre hospitalier régional et universitaire, défend Patrick Berquin. Il fallait garder cet aspect. Amiens a ainsi le seul service de réanimation pédiatrique de la région, ce qui nous évite d’avoir à transférer les patients à Paris. Nos spécialités de neurophysiologie et de cardiologie pédiatriques sont régulièrement citées parmi les meilleures de France  », liste le professeur.

Pour qui l’hôpital d’Amiens devra continuer à jouer son double rôle  : celui de la proximité pour le bassin amiénois. «  Nous le mesurons aux consultations pédiatriques de l’hôpital, régulièrement surchargées. Car il n’y a pas assez de pédiatres en libéral dans le département  ». Et celui d’expertise et de référence pour la région. Et qui fait aussi que 1 800 enfants sont hospitalisés chaque année en hôpital de jour à Amiens.

Le déménagement de toute la pédiatrie s’effectuera entre le 22 septembre et le 1er octobre. «  Les enfants instables seront transférés sous surveillance constante avec un médecin du SAMU à côté de lui  », ajoute le professeur.

Intégralité de cet article sur le site du Courrier Picard

mardi 12 août 2014

CHU de Bordeaux : Un agent tente de se défenestrer!


Les faits se sont déroulés jeudi vers 13 heures au 2 ème étage d'un des bâtiments de la direction générale du CHU de Bordeaux à Talence. " Notre collègue est montée sur une chaise, elle a ouvert la fenêtre et a tenté de sauter. On l'en a empêchée ", raconte, encore très affecté, un des agents (souhaitant garder l'anonymat) du département des ressources humaines, service où a eu lieu l'événement.

Quelques minutes plus tard, la directrice générale adjointe, la directrice des ressources humaines et le médecin du travail étaient sur les lieux et la personne souhaitant mettre fin à ses jours prise en charge.


Elle a voulu se jeter par la fenêtre pour les autres 

Cette femme proche de la cinquantaine, travaillant depuis de nombreuses années au CHU, devait prendre de nouvelles fonctions le 1er septembre prochain sur un autre pôle de l'hôpital, dans l'agglomération bordelaise. " Elle nous avait exprimé son souhait de réaliser une mutation au sein du département des ressources humaines il y a plusieurs mois ", précise Philippe Vigouroux, directeur général de l'établissement, rentré précipitamment de vacances.

L'agent a officiellement appris son changement de poste le 21 juillet dernier. D'après la direction dans les jours qui ont suivi, la personne aurait exprimé à son encadrement son inquiétude pour réaliser ce changement de poste. "Elle a été successivement reçue par la DRH, son futur responsable, le médecin du travail, un psychologue", avance Philippe Vigouroux, " elle vivait sa mutation comme une sanction. Ce qui n'était pas le cas. Pour nous, c'est une experte, sur qui on peut compter. "
Sa collègue qui a assisté à la scène jeudi n'a pas la même vision des choses. « Elle a voulu se jeter par la fenêtre pour les autres. Depuis un an, il y a eu beaucoup de changements dans la direction et beaucoup de mutations de personnel entre les différents sites du CHU. Cela crée des tensions. »

Vendredi matin, médecins et psychologues sont venus dans les bureaux où se sont déroulés les faits pour épauler les personnes travaillant dans le service, toujours très choqués.
Dans la même matinée a été organisée une réunion extraordinaire du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail).

Commandée par la direction, une enquête indépendante va avoir lieu dans les prochaines semaines pour faire « toute la lumière sur cet événement grave. Nous partagerons ce rapport, en toute transparence », a signalé la Direction. Lors de cette rencontre, a également été décidée la suspension de toutes les mutations au sein du département ressources humaines.

Alors que la direction avait rédigé un communiqué de presse dès les heures qui ont suivi l'événement au cas où les médias auraient été informés, aucune des organisations syndicales de l'établissement de soins n'a réagi..." Nous souhaitons traiter cette affaire avec dignité",  a confié une représentante de la CGT au journaliste de Sud-Ouest, souhaitant elle aussi garder l'anonymat. "Ce qu'il vient de se passer nous inquiète beaucoup. Ce sont des choses difficiles à vivre pour le personnel. "
Suite de l'article sur Sud-Ouest

Pour "La Vie Hospitalière" il est clair que les personnels sont au bout du rouleau, et que cet acte désespéré nous laisse perplexe  : l'agent  ..." avait exprimé son souhait de réaliser une mutation au sein du département des ressources humaines..." 
Or, il y a comme une contradiction...il semble, en effet,  que sa mutation a plus ou moins été imposée par la direction, l'agent ayant manifesté son inquiétude concernant le changement de poste...?...

Ce sont toutes les manipulations des personnels dans les centres hospitaliers qu'il faut dénoncer car trop c'est trop, on assiste de plus en plus à des méthodes de plus en plus contestables qui ne sont pas sans conséquences pour la santé même des personnels devenus en quelque sorte des pions.
Mais ces méthodes ne datent pas d'aujourd'hui, elles sont insidieuses et servent aussi de sanctions pour des agents qui contesteraient leurs conditions de travail devenues de plus en plus inacceptables suite aux réductions d'effectifs (on économise sur la masse salariale) et de là la charge de travail est grandissante nuisant à la qualité des services. Les exemples ne manquent pas hélas.


Aujourd'hui dénoncer ces abus ne servent plus à grand chose  tant la situation est devenue perverse,  il faut des solutions, des solutions humaines et c'est bien là le minimum que la ministre des Affaires Sociales et de la Santé doit amener, il y va de la santé des personnels hospitaliers qui supportent des conditions de travail indignes dans certains services et c'est bien là un comble!




lundi 11 août 2014

Les infirmières et la seconde guerre mondiale


Il y a un peu plus de 100 ans débutait la première guerre mondiale.

C'était un 2 août 1914. Pour commémorer ce triste anniversaire, le Docteur Marc (chef de service au Centre hospitalier de Marne-la-Vallée et historien des sciences) revient dans la Revue Soins, sur la mobilisation de ces professionnelles de santé dotées d'un incroyable courage et d'un dévouement hors-norme.


Pour plus d'informations

vendredi 8 août 2014

L'unité d'oncologie pédiatrique de l'hôpital de Garches est fermée

Le 7 août au soir, l’Unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Ambroise-Paré a fermées ses portes.
Des solutions de prise en charge au cas par cas ont été recherchées pour prendre en compte à la fois le souhait des parents, l'état de santé des patients, le schéma thérapeutique et le degré d'avancement des traitements, a précisé la Direction de l'AP-HP.

L'association Aide aux malades en traitement individualisé en spécialité tumorale (Ametist) regrette amèrement dans un communiqué "la fermeture du seul service d'oncologie pédiatrique qui respecte le choix des patients et la loi en proposant des traitements éprouvés en première intention, sans inclusion automatique dans les essais thérapeutiques".

Elle estime que l'AP-HP n'a reculé devant rien "pour imposer la fermeture, la pression psychologique sur les familles toujours plus forte, sans aucun respect de la situation douloureuse des parents d'enfant malades". Elle a donc décidé d'organiser demain une marche de contestation au départ de l'Hôpital Ambroise-Paré (rendez-vous à 15 heures).

Unité oncologique pédiatrique de Garches : témoignage d'une maman...

Un témoignage qui contredit les affirmations de l'AP-HP:
J'ai pu constater tout au long de la journée du mercredi 6 Aout 2014, la présence de policiers en civil, de personnes des R.G. sur le site de l'unité d'oncologie pédiatrique de Garches. Le SAMU était présent dès le matin pour assurer le transfert d'un des 5 patients.

Durant la matinée, au vue des bilans sanguins mon mari a été assuré par le chef de pôle, le Pr. Chevallier que durant 48 heures notre fils devait rester hospitalisé pour aplasie car son état ne permettait pas une sortie et ce alors que les 2 médecins habituels de notre unité avaient été relevés de leur fonction sur ordre de la direction.

Vers 18h30, mon mari et moi étions tranquillement dans la chambre de notre fils, comme d'ailleurs les autres parents présents auprès de leur enfant. On frappe à la porte, se présentent alors un représentant de la direction générale de l'AP-HP et le Chef de pôle: le Pr. Chevallier.

Ils nous annoncent alors l'évacuation immédiate des 4 patients présents dans le service par le SAMU, décision prise par arrêté administratif.

La justification donnée est l'absence de médecins pour assurer la continuité des soins. N'ayant jamais eu d'entretien préalable, nous n'avions eu aucune concertation sur le lieu de transfert des enfants. J'ai rappelé à ces personnes dont le Pr. Chevallier que le matin même il avait assuré que mon fils resterait encore 48 heures avant d'envisager toute sortie d'hospitalisation en raison de son état de santé.

Par téléphone, j'ai alors joint une avocate, qui m'a demandé s'il y avait eu négociation, j'ai répondu que non. L'évacuation était imposée. Cette avocate a souhaité parler aux personnes présentes autour de moi mais que se soit le représentant de la direction de l'AP-HP ou le Pr. Chevallier, ils ont tous les deux refusé de parler au téléphone avec elle.

Ma demande a alors été très claire: qu'un des 4 médecins de notre unité qui ont une parfaite connaissance du dossier médical des enfants (Dr Alkalaf, Cornille, Lankhri, Markowska) viennent constater l'état de santé des patients pour déterminer si oui ou non leur état de santé permettait une évacuation immédiate.
Ses médecins étant soient en arrêt maladie suite aux pressions psychologiques exercées sur eux depuis des mois par la direction soit relevé de leur fonction le matin même; j'ai donc proposé le nom du Dr Delepine, qui jusqu'à sa mise à la retraite ( le18 juillet 2014) avait une connaissance parfaite de tous les dossiers et pouvait rapidement effectuer un bilan de l'état de santé de mon enfant et des autres patients du service. J'ai bien précisé que dans le cas où le Dr Delépine donnerait son accord, nos enfants seraient alors évacués. Mais que à contrario si elle jugeait qu'un transport pouvait mettre en jeu la santé des enfants, je demanderai alors une décision judiciaire du procureur (sa responsabilité étant alors engagée) pour accepter l 'évacuation immédiate des enfants. Je souhaitais par ailleurs que me soit remis la copie de l'arrêté justifiant cette évacuation d'urgence.

J'ai bien précisé que dans le cas où on ne puisse effectuer l'évacuation en raison de l'état de santé des enfants, il me semblait urgent de nommer pour les 48 heures un médecin oncologue pour assurer la continuité des soins et que cette responsabilité revenait au chef de pôle: le Pr. Chevallier.

Mon mari, étant descendu à l'entrée de l'unité, il a bien signifié aux policiers en civil et aux personnes des RG que nous refusions pour le moment de quitter le service uniquement car l'état de santé de notre enfant (comme celui des autres patients) ne le permettait pas comme le chef de Pôle, le Pr. Chevallier nous l' avait indiqué le matin même.

Les personnes nous ayant informé de l'évacuation se sont alors retirées pour sans doute se concerter. Je me suis alors rendue à l'entrée de l'hôpital pour attendre l'arrivée du Dr Delépine au cas où ma demande soit acceptée.

Je tiens à préciser que contrairement aux déclarations de l'AP-HP, les 4 patients présents dans le service, le sont car leur état de santé nécessite une hospitalisation. Il est clair que dès que l'état de santé de mon enfant permettra sa sortie, nous quitterons le service comme dans une situation normale et habituelle afin d'éviter tout traumatisme psychologique des enfants.

A son arrivée, le Dr Delépine n'a pu entrer dans l'hôpital car les vigiles ne l'ont pas laissé passer, j'ai donc patienté à l'extérieur en sa compagnie...




(Témoignage au complet sur enfants-cancer-garches)

"La Vie Hospitalière" regrette cette "mise à mort" d' une unité d'oncologie pédiatrique, ainsi que les pressions dont ont été victimes les médecins de ce service et tout le reste...quant à la décision par elle même c'est «une décision à la hussarde», comme l'a déploré Carine Curtet, présidente de l'association Ametist qui soutient les parents des patients de ce service,  ajoutant  «Plusieurs médecins de l'unité viennent d'être relevés de leurs fonctions. Certains patients sont en situation d'aplasie, c'est-à-dire que le moindre virus peut les tuer. Et leur service ferme? C'est une grave mise en danger de la vie d'autrui»

Voir l'article du journal "Le Figaro" à ce sujet.



mardi 5 août 2014

L'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Raymond-Poincaré sera fermée le 7 Aôut !

La fermeture de l'unité d'oncologie pédiatrique de l'établissement hospitalier Raymond-Poincaré à Garches  (Hauts-de-Seine) est engagée (il ne reste plus que 5 enfants dans le service -sic-). Cette fermeture devrait se faire le 7 août soit 14 jours avant la date initialement prévue...

La polémique née autour de cette fermeture ainsi que les derniers évènements semblent avoir précipité l'arrêt de cette unité.

L'AP-HP dénonce l'attitude de certains médecins de ce service...le combat de   l'association d'Aide aux malades en traitement individualisé en spécialité tumorale (AMETIST) et les manifestations du personnel du CHU...

À noter que Monsieur Jacques Toubon, actuel  Défenseur des droits s'est emparé du dossier...

Face aux derniers événements... Monsieur Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP a souhaité organiser une conférence de presse, tenue ce jour, afin de donner plus d'informations sur sa décision qui semble manifestement,  comme "La Vie Hospitalière" le dénonce,  ne pas respecter les désirs des parents qui souhaitent que leurs enfants soient soignées dans le service du docteur Nicole Delépine (aujourd'hui à la retraite).

Le Docteur Nicole Delépine


Le professeur Bertrand Chevallier du Centre hospitalier Ambroise-Paré de Boulogne-Billancourt qui a pris, en quelque sorte, le relais après le départ à la retraite (1) du docteur Nicole Delépine, a tenu à rappeler aux familles que les protocoles engagés par le docteur Nicole Delépine seraient poursuivis, et, l'évaluation des résultats de cesdits protocoles serait faite selon des méthodes scientifiquement prouvées...
Il a été proposé aussi, aux personnels de rejoindre l'unité d'oncologie pédiatrique de l'Hôpital Ambroise-Paré...

Les "essais thérapeutiques" qui sont sujet à polémique de la part des parents doivent être là l'occasion de clarifications dans le cadre du respect des choix thérapeutiques...il y a aussi un aspect non négligeable de ces traitements qui semble être écarté et qui est celui du coût de ces derniers  ( d'autant plus étonnant à l'heure où en terme de santé le facteur économique semble être de plus en plus privilégié, ceci écrit en passant),  les laboratoires ayant probablement fait une certaine pression auprès de l'AP-HP, là ceci reste à démontrer ce qui n'est pas chose aisée. Pour le moment "La Vie Hospitalière" constate que dès que des initiatives sont prises afin de dénoncer certaines pratiques il y a toujours une polémique qui s'ensuit...et là ce sont des intérêts qui mis en avant, intérêts autre que celui des patients dans la plupart des cas...

De cette malheureuse affaire il faudra en tirer des conclusions et surtout démontrer que tel ou tel traitement est effectivement bénéfique pour l'enfant pris en charge par un service d'oncologie pédiatrique, il y va de l'intérêt de l'enfant mais aussi de sa vie...et là l'aspect lucratif apparaît comme plus qu'indécent...

(À suivre)





1) Dont sa demande de cumul emploi-retraite a été refusée. Ce refus de la part de la Direction de l'AP-HP fait l'objet d'un recours auprès du Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise.