mercredi 30 novembre 2016

La Fédération SUD ne participera pas à l'ANDPC


NON au Développement Personnel Continu (DPC) !

Lettre ouverte à Michèle Lenoir-Salfati Directrice Générale de l’ANDPC

Paris, lundi 28 novembre 2016

Objet : participation à l’ANDPC.

Madame la Directrice Générale,
Par courrier du 12 aout 2016, vous nous demandez de désigner 11 représentant(e)s destiné(e)s à siéger au sein du Haut Conseil du DPC.
Conformément à la décision prise par son conseil fédéral le 24 novembre 2016, nous vous informons que la fédération SUD Santé Sociaux ne participera pas à l’ANDPC.
Contestant la « loi de modernisation de notre système de santé » de sa rédaction à sa promulgation, notre fédération ne souhaite pas accompagner sa mise en place en siégeant dans une agence qui y trouve origine (art 114).
Nous ne saurions pas non plus valider ou cautionner par notre seule présence, un dialogue social rompu depuis très longtemps par le gouvernement et ses représentants.
Quels que soient leurs lieux d’exercice, nos adhérent(e)s et/ou sympathisant(e)s, de nombreux professionnels, nous font plutôt part d’un dialogue martial tant l’hôstérité vient si violemment heurter leurs pratiques et leurs acquis sociaux.
La démarche que vous nous proposez-là en est un exemple. Obligatoire et régulé par les ordres professionnels, le DPC reste un outil de management par la peur. Géré par l’ANDPC comme par l’OGDPC, Il continuera d’imposer des formations déconnectées du terrain car décidées par des technocrates de la HAS qui préfèrent s’appuyer sur le concept très négatif d’erreur en particulier individuelle plutôt que sur celui plus positif de créativité dont savent faire preuve les collectifs professionnels.

Pour la Fédération SUD Santé Sociaux,
Jean Vignes
Secrétaire Général


Note de "La Vie Hospitalière":
L’Agence Nationale du Développement Personnel Continu (ANDPC) a été créée, dernièrement,  par décret en Conseil d’État en remplacement de l’OGDPC. 
Plusieurs dispositions en modifient son fonctionnement, notamment pour son financement, et les moyens mis en œuvre par l’ancienne institution, avec par exemple un document de traçabilité pour chaque professionnel.
Nous estimons que la fédération syndicale SUD a une attitude courageuse en n'acceptant pas la "parodie institutionnelle" qui s'instaure de plus en plus, nous sommes entraînés insidieusement vers des déserts où les mirages sont fréquents...
Que voyons nous dans la réalité autour de nous, et surtout que supportons-nous ?...
Sans autre commentaire...

lundi 28 novembre 2016

HUMEUR NOIRE chez les fonctionnaires



Désormais c’est validé, le candidat de la droite affiche ses prétentions : si la France va mal, c’est à cause de ses fonctionnaires, des retraites, de la sécu et du temps de travail !

A l’en croire, les françaises et les français en ont marre de ces 5,5 millions de femmes et d’hommes qui vivent au crochet de la société et en plus qui ne travaillent pas assez et qui rêvent de partir à la retraite plus tôt que prévu !
500.000... Qui dit mieux ?



Et que dire de toutes ces femmes et ces hommes qui profitent d’un système de santé qui se permet de rembourser les actes médicaux pour une grippe ou pour un rien…
Qui sont ces gens irresponsables qui profitent, alors que notre pays est en quasi faillite ? !!!

La solution elle est connue et ce candidat est fier de pouvoir dire que les françaises et français attendent de lui un véritable redressement :
  • Fini la sécu !
    Toutes et tous choisissez l’assurance privée pour vous soigner.
  • Fini les services publics !
    Supprimons 500.000 fonctionnaires inutiles, externalisons leurs missions ou supprimons les carrément (école ? Hôpitaux ? Impôts ? etc .. )
  • Fini le départ à 62 ans !
    Ce n’était pas assez long ! Maintenant tout le monde reste au boulot jusqu’à 65 ans ! Comme cela les chômeuses et chômeurs attendront avant de pouvoir espérer retrouver du travail et les jeunes alors eux, on verra plus tard ?
  • Fini la solidarité !
    Aidons les riches !! Un peu plus de baisse de la fiscalité des entreprises (déjà le peu qu’elles payent c’est trop !) Supprimons l’impôt de solidarité sur la fortune, il spolie celles et ceux qui font travailler les pauvres pour s’enrichir !
  • Fini la cohésion sociale !
    Ces propositions outrancières visent à détruire en réalité une seule chose : la cohésion sociale.
Quel cauchemar !
Ce matador du service public propose donc, pour réduire la dépense publique, de faire encore mieux que son mentor Sarkozy qui en son temps avait supprimé 150. 000 fonctionnaires en cinq ans.
Rappelons nous du résultat à l’époque : une fragilisation des missions de service public, un secteur hospitalier dégradé, des missions fondamentales de l’état non assurées, une principale victime : la population socialement fragilisée.
Mais d’où sortent ces propos sur l’inutilité d’autant de travailleuses et de travailleurs ?
Peut-on dire aujourd’hui...
que dans l’éducation nationale il y a trop de personnels pour encadrer des élèves au nombre toujours croissant ?
Peut-on dire aujourd’hui...
que nos services de santé fonctionnent correctement et répondent aux réels besoins de nos concitoyen(ne)s ?
N’y a t’il pas besoin...
de lutter contre la fraude fiscale qui chaque jour s’accroît (60 à 80 milliards par an) ?
N’y a t’il pas besoin...
d’aides sociales pour les familles de plus en plus nombreuses en grande difficulté ?
La protection alimentaire n’est donc pas un souci aujourd’hui ?
Il n’y a pas de problèmes avec la maintenance des centrales nucléaires ?
Et la liste pourrait s’allonger des dysfonctionnements dus à des décennies de politique libérale qui tourne le dos aux solidarités indispensables dans un pays qui n’a jamais été aussi inégalitaire.

Solidaires FP ne peut imaginer un tel scénario !
S’attaquer à leur temps de travail en leur proposant de travailler 39 heures c’est méconnaître la réalité des services.
En réalité, la plupart des agents font déjà plus de 35 heures par semaine.
Dans l’Hospitalière et à l’État, nombre de CET sont pleins à craquer, des heures supplémentaires non payées sont pléthores.
32 heures pour travailler toutes et tous !
A la Territoriale, les rythmes différents sont dus aux organisations de travail et à la précarité des embauches faites par les employeurs !
Les agents de la fonction publique doivent se mobiliser et ne pas accepter sans broncher un tel dénigrement de leur utilité.
Il est temps...
de rappeler notre revendication d’un temps de travail ramené à 32 heures afin de lutter contre le chômage et de créer des emplois dans la fonction publique afin de permettre aux jeunes, par la voie des concours d’entrer dans la fonction publique.
Il est temps...
de dire que les services publics non soumis au secteur concurrentiel sont nécessaires au bien commun. La fonction publique assure une grande partie d’entre eux.
La Fonction Publique, les services publics, sont une richesse pour le pays !
Ils répondent à de réels besoins auxquels il s’agit de répondre.
Ce 29 novembre, nous disons à la ministre de la fonction publique qu’elle doit répondre aux attentes réelles des personnels, maintes fois exprimées.
Mais évidemment la situation politique qui se profile commande que les agents de la fonction publique se préparent à agir pour défendre ensemble un modèle de société basé sur la solidarité et non sur l’exclusion.

A nous, toutes et tous, ensemble de faire entendre une autre voix !

De montrer une autre voie !

L’avenir de notre pays ne passera pas par la régression sociale !

Dans cette période si troublée, les agents de la fonction publique ne doivent pas rester silencieux !
Les agents publics ont des revendications légitimes qui doivent trouver une réponse positive :
  • - défense du statut général de la fonction publique qui, en assurant ’indépendance des fonctionnaires, garantit un traitement égal des usagers. A cet égard, le CPA (compte personnel d’activité), ensemble de droits attachés à la personne, constitue une brèche au statut. Il a de surcroît pour objectif d’instaurer une mobilité public-privé.
  • - résorption de la précarité dans la fonction publique (20 % de contractuels dans la fonction publique, soit près de un million d’agents publics).
  • - créations d’emplois de fonctionnaires titulaires.
  • - respect des 35h, arrêt de la flexibilisation.
  • - pour les 32h dans la fonction publique.
  • - réelle revalorisation des rémunérations, avec intégration des primes dans le traitement.
    Le point d’indice est passé de 4,63 € à 4,65€ au 1er juillet 2016 puis à 4,68€ au 1er février 2017, soit + 1,2%, après six ans de gel. Cette mesure électoraliste ne peut faire oublier 18% de perte de pouvoir d’achat depuis 2000.
  • - égalité de traitement des agents publics
  • - mise en oeuvre de mesures assurant l’égalité femmes / hommes, réduction des écarts entre catégories et harmonisation par le haut des rémunération et règles de gestion entre versants de la fonction publique.
  • - amélioration des conditions de travail - pour une mobilité choisie, avec une formation professionnelle continue qui réponde aux besoins des agents.
Les agents publics souffrent de restructurations incessantes qui ont pour seul but de suivre la réduction de la dépense publique, et ont pour résultat l’affaiblissement et la déshumanisation du service public, la désorganisation des missions, et la mobilité forcée des agents publics.
Au delà du 29 novembre, les agents de la Fonction Publique ont le devoir d’agir ensemble dans l’unité syndicale pour une société plus juste, plus solidaires et plus humaine.
 

(Communiqué de Solidaires-Fonction Publique)

mardi 22 novembre 2016

SUD Santé dénonce le fait que des femmes enceintes soient exposées aux radiations ionisantes au travail




Lettre ouverte à la DGOS
Madame Anne-Marie Armanteras de Saxcé
Directrice Générale de l’Offre de Soins

Madame la directrice,
Jusqu’à présent, les directions des établissements concernés, faisant preuve de bon sens, affectaient à un poste non exposé aux radiations, que cela soit à sa demande ou systématiquement, toute femme enceinte exerçant ou devant intervenir dans un service mettant en œuvre des rayonnements ionisants.
Plusieurs exemples nous permettent malheureusement d’affirmer qu’aujourd’hui cela n’est plus le cas, quelquefois même sous couvert d’aptitude au poste par la médecine du travail.
Des femmes se voient imposer pendant leurs grossesses de continuer de prendre des risques pour elles et leurs enfants à naître.
Nous vous remercions de bien vouloir rappeler aux employeur-euses qui l’auraient omis, leurs responsabilités quant à la santé et la sécurité de leurs salarié-es et de leur obligation d’évaluer les risques sur chaque poste ou situation de travail.
Enfin et pour ce qui concerne l’objet de ce courrier, nous vous demandons de faire en sorte que soit systématiquement proposé un changement de poste à toute femme enceinte exerçant ou devant intervenir dans un service mettant en œuvre des rayonnements ionisants ( dont accompagnement de patient ou résident lors d’un examen radiologique).
Dans cette attente, nous vous prions de croire, Madame la directrice, en l’expression de nos salutations syndicales,
Pour la Fédération SUD Santé Sociaux,
Jean VIGNES
Secrétaire Général

mercredi 9 novembre 2016

La logique budgétaire rend malade l’hôpital


Le problème des hôpitaux en France est relativement complexe, entre arnaque des emprunts toxiques dans lesquels les hôpitaux sont piégés, incompétence et abus de certains qui dirigent ces établissements, et projet de privatisation global, la situation des salariés ne risque pas de s’améliorer avec les années, mais les explications ne sont que trop rarement données aux personnes concernées, vous en avez ici, ici mais également ici par exemple…
Mais rien ne vaut les témoignages, car 1.000 arguments aussi censés soient-ils ne remplaceront jamais le ressenti sur le terrain, d’où l’importance d’articles comme celui qui suit.
Les conditions de travail ne cessent de se dégrader dans les établissements publics. Un mouvement social s'est engagé mardi.
C’est un vent lourd qui souffle sur l’hôpital. Et pour la première fois, on peut avoir le sentiment que l’on n’est pas loin d’une cassure. Une journée de mobilisation avec grève  et manifestations (à l'appel de la  Coordination nationale infirmière, et des fédérations CGT, FO et SUD des secteurs de la santé). Elle n'a certes pas bloqué les établissements, mais les autorités auraient tort de n’y voir qu’une classique poussée de fièvre, comme nous y a habitué le monde hospitalier depuis plus de quinze ans.
De fait, le ton est grave, inquiétant même. «La dégradation des conditions de travail et d’études entraîne un mal-être et une souffrance profonde de la profession dans son ensemble, associée dans les établissements à une gestion des ressources humaines déplorable, sans aucun respect des soignant(e)s, explique la Coordination infirmière. 
"Ces conditions ont, hélas, poussé au suicide certain(e)s de nos consœurs-confrères, et cela dans le mépris et l’indifférence générale du gouvernement tandis qu’en libéral, le ministère restait silencieux sur les agressions subies par les infirmières- et infirmiers."
L’été dernier, cinq d’entre eux s’étaient suicidés, certains sur leur lieu de travail, d’autres à leur domicile, tous évoquant des tensions dans l’exercice de leur métier (Libération du 14 septembre). «Bien sûr, les suicides ont des causes multiples, mais on ne peut nier qu’il se passe quelque chose de nouveau», nous disait alors un ancien directeur d’hôpital.
Tarification à l’activité  (T2A)
Depuis le début des années 2000, les quelque 1.000 établissements de santé en France connaissent un changement continu. Il y a eu la mise en place délicate des 35 heures, puis la rigueur budgétaire s’est peu à peu installée. Et enfin, l’installation de la T2A (la tarification à l’activité, axe majeur du plan «hôpital 2007») qui, au-delà de son aspect comptable, a changé profondément la vie des hôpitaux, mais aussi les priorités de santé, et parfois même le sens du travail. 
La T2A trace une limite entre des activités de soin rentables, qui rapportent à l’hôpital, et celles qui le sont moins. «Le gros changement, enfin, ce fut le niveau [particulièrement bas pour 2016] de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie [Ondam]», détaille l’ancien député PS Olivier Véran, neurologue et auteur d’un rapport sur la tarification à l’activité. 
Aujourd’hui, la progression des dépenses de l’hôpital est fixée par l’Etat et ce taux est volontairement bas pour réduire les coûts. «Se créent des situations très difficiles à vivre, avec le sentiment que, quoi que fassent les personnels de santé, cela ne sera jamais suffisant», remarque Olivier Veran. Et pour cet homme proche aujourd’hui d’Emmanuel Macron, «l’autre élément de tension, c’est le poids des tâches administratives». "C’est vraiment pénible", poursuit le professeur André Grimaldi, figure emblématique de la défense de l’hôpital public. "Un jour, un établissement va être en équilibre, un autre jour, c’est le déficit. Le tout dépendant des variations de la T2A, qui va privilégier telle activité plutôt que telle autre. Les acteurs n’ont jamais le sentiment que cela marche."
A cela s’ajoute une mauvaise gestion des métiers dans le domaine médical, aujourd’hui symbolisée par les cadres de santé, que l’on appelait hier les «surveillants». Ils occupent une position centrale à l’hôpital, «mais en devenant la courroie de transmission de la direction, ils sont piégés. Soit ils défendent la direction, soit ils soutiennent leur équipe. Leur rôle est impossible», note Grimaldi.
Logique budgétaire
Symptôme de ce glissement généralisé, la Fédération hospitalière de France, qui regroupe tous les hôpitaux du pays, a rendu public le mois dernier un baromètre des perceptions et des attentes des professionnels des relations humaines à l’hôpital. Il en est ressorti des constats troublants. Non seulement 75 % des acteurs des ressources humaines interrogés déclarent «ne pas disposer des moyens adaptés», mais les préoccupations des DRH sont embolisées par la maîtrise de la «masse salariale» : il s’agit du premier sujet de mobilisation pour 80 % des sondés, taux bien supérieur à celui constaté dans le secteur privé. «Il y a un fort risque que l’impératif budgétaire ne laisse que peu de temps au déploiement des nécessaires démarches d’accompagnement, collectives ou individuelles», note la Fédération.
Ainsi va l’hôpital, même s’il n’y a pas un, mais des hôpitaux. Pour autant, alors qu’il reste souvent le lieu d’une prise en charge remarquable, il est désormais obnubilé dans son ensemble par une logique budgétaire qui a été un temps nécessaire, mais qui parasite aujourd’hui tout l’ensemble. Jusqu’au sens même du métier. 
Au ministère de la Santé, on se dit «vigilant», on insiste sur le fait que pendant ce quinquennat, Marisol Touraine s’est «battue» pour défendre l’hôpital public. (1)
Devant le «malaise» actuel, elle devrait annoncer fin novembre une «stratégie nationale pour améliorer la qualité de vie au travail à l’hôpital». Certes… Mais est-ce une stratégie nationale qu’attendent les acteurs de ces établissements ? «A quoi bon rester dans le public si c’est pour faire comme dans le privé ?» lâche André Grimaldi.
L’hôpital «cru 2016» apparaît blessé de l’intérieur comme de l’extérieur. On l’a vu récemment à Tourcoing, où une bagarre généralisée a éclaté aux urgences. On l’a vu aussi avec les suicides des infirmiers et infirmières. Orphelin d’une hospitalité perdue, le voilà, parfois, sans âme ni boussole.
Témoignages
Anne Gervais, infectiologue à l’hôpital Bichat (AP-HP) : "Le travail devient «à la chaîne», individuel".
Le malaise des hôpitaux n’est pas, à mon sens, lié à des problèmes de rémunération. Même en augmentant le salaire, on va garder une insatisfaction délétère si on ne s’attaque pas aux problèmes de fond. 
Quels sont-ils ? Ils sont liés à un rythme de travail croissant, avec une impression ressentie de course à l’échalote dans des conditions de plus en plus acrobatiques et au final le sentiment d’un travail imparfait.
Source : "Les Moutons enragés" et suite sur Liberation.fr


1) "La Vie Hospitalière" rappelle que le gouvernement prévoit la suppression de 22.000 postes dans les services publics de santé ?...Quel effort est entrepris réellement pour l'hôpital public ? Depuis le 1er juillet les hôpitaux sont regroupés en GHT, certains vont même fusionner ! C'est la centralisation des soins qui devient inquiétante car des services jugés "non rentables" pourraient fermer et avec eux bien évidemment c'est une partie de l'offre de soins de proximité qui disparaît, l'hôpital se déshumanise de plus en plus.
Il faudra bien trouver des responsables de ce grand chambardement qui fait que notre système de santé n'est plus un exemple. Qui fait que les conditions de travail deviennent impossibles ! Qui fait que l'hôpital public se meurt dans son essence même. C'est la pire des choses qui puisse arriver dans notre société déjà bien mal en point.
On en arrive même à se demander où passe l'argent public ?...

Les personnels soignants étaient dans la rue !


Les personnels soignants étaient en grève, hier, à l’appel des syndicats CGT, CNI, FO et SUD notamment. Ils pointent les conséquences des économies réalisées dans les établissements, exemples à l’appui.
Sous-effectifs, fermetures de lits, heures supplémentaires non récupérées ou non payées, syndrome d'épuisement professionnel (1)… Les personnels soignants des différentes structures de soins (hôpitaux, maisons de retraite…) se sont mis en grève,  et ont manifesté hier, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. 
Les infirmières et infirmiers libéraux se sont joints au mouvement ce qui démontre que le ras le bol est général, touchant les secteurs publics et privés (libéraux).
Trop, c'est trop ! 

1) Appelé en franglais : burn-out...
Nous vous conseillons de télécharger le guide pour la prévention du SEP .

C’EST « L’HEURE DE L’METTRE » ce jour sur Radio Campus !


Ce MERCREDI 9 NOVEMBRE 2016 (à 18 heures 30)
C’est « L’HEURE DE L’METTRE »
Sur RADIO CAMPUS Lille 106,6
En direct et en archives sur www.campuslille.com
Casser le Code du travail c’est bien. 
Détruire le service public de la Poste c’est sympa. 
Débiter le chemin de fer en petits morceaux c’est enthousiasmant. 
Saccager l’Education Nationale, c’est agréable. Ah ! 
Saper la Sécu, quel plaisir ! 
Mais s’attaquer à l’hosto, c’est le summum…
Parmi toutes nos conquêtes, les services publics, échappant à la main pas si invisible du marché. Et parmi ces services publics, la santé, un bien non-marchand par excellence. C’est pour ça que le refiler au privé, c’est jouissif…
Mais comment ? Eh bien comme pour le reste : on désorganise, on comprime, on dévaste, on « rationalise », on fait « des économies », on calomnie le personnel, on le pousse à bout, et quand tout est rentré en désordre, on obtient un cancer ou un ulcère privés, compétitifs, dynamiques, et qui relancent la croissance. Quand on a la santé, eh ben… on fait beaucoup de profit !
Au milieu du brigandage généralisé, il y a des gens, et plus précisément des travailleuses et des travailleurs. Qualifiés par le sens commun (subrepticement travaillé par la propagande sournoise que vous savez) de « privilégiés », tancés pour leurs avantages considérables, les hospitaliers, pendant ce temps, courent dans tous les sens, accumulent les heures non payées, écopent la misère et les contradictions de la société du capital, et soignent nos petits bobos comme ils peuvent, privés de moyens et de considération…
C’est avec la fracture du gamin ou le palliatif de mémé que le bon peuple s’aperçoit, malgré la propagande, du dévouement et des efforts de l’hosto, celui qui ne facture pas la maladie pour remplir les poches de quelques actionnaires.

Mais la casse de l’hôpital public, préalable à la privatisation complète de la santé, ne passe plus là où l’on compte les morceaux, chez les travailleuses et travailleurs de l’hosto. Qui résistent. Et combattent, pour nous tous, les bandits des grands chemins qui mènent à notre perte.
Nous recevons ce mercredi des syndicalistes du CHRU de Lille, et d’autres invités, pour évoquer ce vaste sujet, à l’hosto aussi c’est l’heure de l’mettre ! 
Parce que trop, c’est trop…

mardi 1 novembre 2016

"Soigner ou obéir ? Premières mesures urgentes pour éviter le naufrage" (de Nicole et Gérard Delépine est un livre à lire absolument.

Extraits de l'entretien réalisé par Deborah Donnier (Prévention Santé) avec Gérard et Nicole Delépine venus nous présenter leur dernier livre « Soigner ou obéir ? Premières mesures urgentes pour éviter le naufrage » ( FAUVES Editions ).

Deborah Donnier : Pourquoi ce nouveau livre ? Soigner ou obéir par Gérard Delepine et vous même Nicole ?

Nicole Delépine : Depuis la parution de « cancer, les bonnes questions à poser à votre médecin » en mai 2016, de nombreux lecteurs ou auditeurs de nos conférences nous ont demandé : «comment peut-on en être arrivé là ?» c’est-à-dire à la perte de la liberté de soigner pour les médecins et, à la perte de la liberté de choisir son médecin, son kinésithérapeute, son opticien etc. pour le malade.

De nombreux  patients et citoyens bien portants, (malades putatifs),  ont également compris que l’on ne leur proposait plus les «meilleurs soins en fonction des données ACQUISES de la science », mais que nos dirigeants avaient fait le choix de privilégier «la recherche translationnelle» (passage du médicament  supposé innovation chez l’homme), oubliant que la seule recherche efficace est la recherche fondamentale.
En pratique, pour les malades, c’est l’expérimentation des nouvelles molécules, (dites innovantes ou ciblées), qui prime, en oubliant trop souvent les traitements éprouvés, y compris la chirurgie première.

La détérioration du système de santé français, passé en moins de vingt ans du premier rang mondial au 24ième, et l’augmentation de la mortalité globale  confirmée cette année, demandaient explications et tentative d’analyse du phénomène, d’où ce document.



En conclusion du livre, nous proposons quelques solutions d’urgence, pour conduire à retrouver notre rang.

DD : «Soigner ou obéir» en titre, que souhaitez-vous dénoncer ?

ND : Nous dénonçons la mise sous tutelle de la médecine, en une trentaine d’années, (depuis l’arrivée de l’ère des golden boys en 1984), et la soumission de nos gouvernements successifs à la finance internationale, via l’Union Européenne.

La loi de 1984 modifia le statut de médecin des Hôpitaux, (alors responsable de fait du fonctionnement des services), et en fit un «PH» qui fut progressivement transformé, au fil des lois successives en robot au service du pouvoir. Tout au moins les médecins qui acceptèrent la soumission, les autres allant de plus en plus mal sous le joug bureaucratique, jusqu’à l’épuisement professionnel, voire le suicide.

Un pouvoir bureaucratique kafkaïen s’installa avec la succession de lois bridant la liberté médicale : la loi Evin  en 91 installa la double hiérarchie, séparant la filière médicale des cadres infirmiers, censés «surveiller les prescriptions médicales» selon les ukases de leur hiérarchie (pour les soumis). Ce fut le temps, sous nos yeux ébahis, où le détachement du patient, et l’indifférence au lit du petit cancéreux furent prônés, voire imposés, même si heureusement la grande majorité des soignants refusa cette mode. Tout le monde ne veut pas être capo. Les cadres paramédicaux fidèles à leur mission de soin, dans la bonne entente avec les médecins, furent brimés puis évincés, sous prétexte qu’ils n’avaient «pas le profil». Leurs notes et leur avancement s’en ressentirent, et même si on n’en parlait pas encore sous ce nom, le harcèlement moral par la hiérarchie  se développa, aboutissant à des arrêts de travail et, au minimum,  à de grandes dépressions.
Les surveillantes attachées au patient et à la dimension humaine du soin furent progressivement éliminées.. On n’en parle peu, mais les dégâts de cette loi furent très lourds.
Suivirent les SROSS, premiers schémas régionaux d’organisation sanitaire en 1995, pour fermer les petites maternités et de nombreux lits en psychiatrie,(les malades mentaux sont maintenant en prison ou SDF), et trop de femmes accouchent dans les ambulances. Les ordonnances Juppé, en 1996  dans la foulée, mirent en place les  ARH, agences régionales d’hospitalisation, qui imposèrent le diktat de la bureaucratie sur les médecins des hôpitaux publics. Les ordonnances Juppé ont mis en place les bases de la destruction de l’hôpital public et les français feraient bien de s’en souvenir.

Le plan cancer 2003 et les suivants, avec les circulaires du traitement du cancer de l’enfant en 2004, de l’adulte en  2005, et  les décrets d’application de 2007 mirent le traitement du cancer en coupes réglées, bloquant toute initiative personnelle du cancérologue, pour choisir les soins de son patient. Désormais, tout serait décidé en groupe, la RCP, réunion de concertation pluridisciplinaire, sommée d’appliquer pour la grande majorité des patients, les injonctions de l’INCa, (institut national du cancer ouvert en 2005), centrées sur l’inclusion d’un maximum de sujets atteints de cancers dans les essais ou les thérapies précoces.  Ces dernières consistent à administrer à un malade, très tôt dans sa prise en charge, une nouvelle molécule ayant obtenu une AMM provisoire, après une trop courte étude expérimentale, sur peu de patients, étude dite «Pivot» (remplaçant en gros les phases 1 et 2), avec des critères d’obtention de ces autorisations très allégés.

Ainsi dès l’autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée, les patients sont rapidement transformés en cobayes, et le médicament remboursé à un prix astronomique par la sécurité sociale, grâce au miracle de la liste en sus, dérogatoire du remboursement habituel des médicaments inclus dans la tarification à l’activité.

La loi HPST, (hôpital, patients, santé, territoire) dite Bachelot en 2009, a encore aggravé la situation, élargissant le pouvoir des ARH en les  remplaçant par les ARS,  agences régionales de santé étendant leur pouvoir de nuisance sur la médecine de ville dite libérale. La bureaucratie contrôle alors tous les secteurs de santé, qu’ils soient publics ou privés.

La loi Touraine, votée en catimini en 2015, pendant les cérémonies post-attentat, acheva la destruction de notre système de santé, en livrant les patients et leurs données de santé aux assurances privées, et en prenant  le pouvoir d’organiser la médecine (article 1).

Depuis son inscription au journal officiel en janvier 2016, les décrets tombent rapidement, détruisant nos conditions de soins en transformant le schéma d’implantation des hôpitaux et services au gré des directeurs d’ARS,  et  ce, sans tenir compte des besoins de la population. Les problèmes éthiques posés par de nombreux pans de la loi sont préoccupants.


Pour lire la suite (Source : prevention-sante.eu)