vendredi 23 juin 2017

CHU : La gériatrie ne veut plus payer le prix de l’austérité !!!


CHU : La gériatrie ne veut plus payer le prix de l’austérité !!!


Depuis plus de 2 ans, nos organisations syndicales (SUD, CGT, FO, et CFDT) dénoncent les conditions de travail dégradées des agents des Unités de Soins Longue Durée du CHU de Rennes (USLD), localisées sur le site de La Tauvrais. 
À ces alertes répétées, la direction du CHU n’oppose qu’un discours budgétaire austéritaire et renvoie nos collègues en souffrance à l’insuffisance de financement.
Avec une infirmière pour 40 patients pour dispenser des soins de plus en plus lourds, des aides-soignants en nombre insuffisant pour dispenser repas et toilettes dans des conditions respectueuses de la dignité humaine et de l’éthique soignante, avec un manque d’agents de service pour entretenir convenablement les locaux, l’ensemble des 3 services d’USLD a atteint aujourd’hui un point de rupture. Après deux droits d’alerte CHSCT pour danger grave et imminent, et l’intervention de l’inspection du travail, la Direction campe toujours sur ses positions.
À l’aube d’une nouvelle législature, il est plus que jamais temps de poser de manière concrète et ambitieuse les problématiques du service public de santé autrement qu’en termes de réductions de moyens et d’effectifs, comme le fait encore le nouveau gouvernement, qui programme 15 milliards d’euros supplémentaires de coupe dans les budgets de la santé dans les 5 prochaines années. Les conséquences, ce sont les patient-es et les hospitaliers qui en souffrent au quotidien.
Pour toutes ces raisons, les agents ont décidé de se mobiliser et d’alerter les élu(e)s, les responsables administratifs, ainsi que l’ensemble de la population rennaise, sur l’état inquiétant de la gériatrie publique rennaise. 
Une opération de distribution de tracts, avec signature d’une pétition, sera organisée le 26 juin, entre 7 heures 45 et 9 heures 30 au carrefour près de la Tauvrais, puis en destination des familles l’après-midi de 13 heures 30 à 15 heures.
Les agents du CHU et nos organisations syndicales invitent donc la presse à venir les rencontrer à cette occasion, et vous invitent à prendre connaissance de la lettre ouverte qu’ils diffuseront à l’occasion.

L’intersyndicale SUD – CGT – FO - CFDT
GERIATRIE PUBLIQUE EN SOUFFRANCE Lettre ouverte à la population, aux élu(e)s, aux responsables 

"Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Nous, agents des Unités de Soins de Longue Durée à La Tauvrais, souhaitons vous alerter sur l’état très dégradé du secteur public gériatrique rennais, comme certainement partout en France.

En effet, l’absence chronique de volonté politique d’établir un financement solide et suffisant pour nos services, a généré un manque criant de moyens humains. Aujourd’hui, nous ne sommes plus en mesure d’assurer une prise en charge digne des personnes âgées dans nos services.
Avec une infirmière pour 40 patient-es, dont certain-es relèvent des Soins Palliatifs, nous ne pouvons pas leur dispenser en toute sécurité les soins indispensables.
Sans Aide-Soignant-es en nombre suffisant, nous ne pouvons pas prendre soin des patient-es, en leur donnant leur repas, en les lavant, dans des conditions respectant leur dignité humaine et notre éthique de soignant-es.
Sans Agents de Service Hospitalier en nombre suffisant, nous ne pouvons pas entretenir les locaux pour offrir un cadre de vie accueillant, digne d’un service public moderne et respectueux.
Aujourd’hui, nous souffrons terriblement de cette situation, physiquement et moralement. Nous sommes épuisé-es car nous revenons sans cesse sur nos repos, au détriment de notre vie privée. Nous sommes atteint-es moralement, car nous ne nous retrouvons pas dans l’évolution de nos métiers et les conditions de leur exercice. 
Nous devons affronter quotidiennement des situations humaines insupportables, et faire face aux attentes légitimes des familles sans les moyens nécessaires. Notre Direction, alertée à de multiples reprises, se retranche derrière des réponses technocratiques et des prétextes budgétaires que nous ne pouvons plus entendre.
Pour retrouver des conditions de travail et d’accueil dignes, nous avons besoin : 
De financements pour des places de soins palliatifs supplémentaires; 
- de 3 postes infirmier(e)s supplémentaires, un(e) par service de La Tauvrais; 
- de 3 postes d’Aide-soignant(e)s supplémentaires de matin; 
- de 3 postes d’Agents de Service Hospitaliers supplémentaires d’après-midi.


Le Personnel de l'USLD du CHU de RENNES"

samedi 17 juin 2017

Lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn Ministre des Solidarités et de la Santé


Lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn
Ministre des Solidarités et de la Santé

Madame Agnès Buzyn
Ministère des Solidarités et de la Santé
75350 PARIS SP

 

16 juin 2017
Madame le Ministre,
La publication de votre entretien avec les journalistes du quotidien Le Parisien concernant votre projet de rendre onze vaccins obligatoires a provoqué la stupéfaction et l’indignation des membres de notre association qui réclame la liberté vaccinale depuis plus de 60 ans.  
Vous faites part de votre inquiétude face aux nombreux cas de rougeole, et aux 10 décès (en majorité dans un contexte de co-morbidité) consécutifs depuis 2008, situation qui serait due à l’insuffisance de la couverture vaccinale, alors qu’elle n’a jamais été aussi élevée dans notre pays.  
En effet, selon l’Institut National de Veille Sanitaire (InVS), la couverture vaccinale à l’âge de 24 mois pour le ROR est passée de 89,2 % avec 1 dose et 60,9 % avec 2 doses en 2010, à 90,5 % avec 1 dose et 78,8 % avec 2 doses en 2015.
En ce qui concerne la vaccination contre la rougeole seule (incluant Rouvax® et les vaccins ROR), la couverture vaccinale en grande section de maternelle (5-6 ans) est passée en dix ans (pour les années scolaires de 2002-2003 à 2012-2013) de 93,2 % à 96,4 % avec 1 dose, et de 28,1 % à 83,2 % avec 2 doses. Les taux que vous indiquez sont donc nettement dépassés et en constante augmentation. 
Si réellement les cas de rougeole ont augmenté alors que la couverture vaccinale n'a cessé de croître, c'est peut-être qu'il existe un autre problème qu'il serait trop délicat de soulever.
Nous constatons du reste, toujours d’après les mêmes sources officielles, que pour tous les vaccins obligatoires ou recommandés la situation est comparable et que, malgré les 41 % de Français exprimant une certaine méfiance vis-à-vis des vaccins dans une récente enquête, la population de notre pays n’a jamais été aussi vaccinée.  
La Société Française de Santé Publique, dans son avis du 26 décembre 2016, propose une autre solution pour améliorer encore la couverture vaccinale sans pour autant utiliser la contrainte (cf. annexe ci-dessous).  
Augmenter le nombre de vaccins obligatoires n’apportera rien à la santé publique en matière de maladies infectieuses ; en revanche, vous prendriez une lourde responsabilité dans l'augmentation des cas d'effets indésirables, d’accidents post-vaccinaux, de maladies dégénératives, etc.
Vous ne pouvez ignorer qu'un acte médical, quel qu'il soit, doit être individualisé, et que chaque enfant réagit différemment à chaque vaccin, les facteurs en jeu étant nombreux (terrain atopique éventuel, système HLA, etc.). Le principe de vaccination de masse n'en tient déjà pas compte, et multiplier pour tous le nombre d'antigènes multiplierait aussi les risques.
Vous admettez que le double système « vaccins obligatoires + vaccins recommandés » n’est pas réaliste, mais vous dites que c’est une exception française, ce qui n’est pas tout à fait exact puisque plusieurs pays d’Europe occidentale ont au moins une obligation vaccinale et de nombreuses recommandations. Toutefois la plupart des pays dont la situation sanitaire est comparable à celle de la France ont une excellente couverture vaccinale tout en se limitant à des recommandations, sans la moindre obligation, et bien sûr sans la moindre sanction pénale.  
Seule l’Italie vient de promulguer un décret-loi imposant brutalement 12 vaccins obligatoires pour la fréquentation scolaire, ce qui n’a pas manqué de provoquer une vague de stupeur et de protestations dans le pays même et dans le monde entier.
Par ailleurs, en mai dernier le Parlement suédois a déclaré anticonstitutionnelle toute obligation vaccinale, et début juin le Bundestag a repoussé une proposition de loi tendant à rendre obligatoire le vaccin ROR.  
Il nous semble impensable que la France suive l’exemple d’un pays dont un ancien ministre de la santé, Monsieur Francesco de Lorenzo (et nombre de ses collaborateurs), fut sévèrement condamné pour corruption de la part d’un laboratoire producteur de vaccins ; d’un pays dont l’indice de perception de la corruption élaboré par l’ONG Transparency International est l’un des plus catastrophiques d’Europe, alors que Suède et Allemagne font figure d’excellents élèves ; le nouveau gouvernement français, avec le louable projet de loi sur la moralisation de la vie publique, ne peut que s’inspirer de leur exemple.   
La Ligue Nationale pour la Liberté des Vaccinations revendique la liberté de choix pour tous après une information complète et objective, conformément à la loi dite « Kouchner » du 4 mars 2002.  
Confiants dans votre lucidité et votre compétence,
Nous vous prions d’agréer...



Références :

« La SFSP considère, comme la Conférence Nationale de Santé, qu'il est nécessaire de s’engager résolument vers la levée de l’obligation vaccinale et de permettre à l'usager de prendre et d'exercer toutes ses responsabilités. Cela aurait de plus l'avantage de faire progresser l'harmonisation des pratiques vaccinales au sein de l'Europe.
Pour cela, elle appelle sans délai :
à proposer une liste de vaccinations indispensables ;  
à assurer leur gratuité sans avance de frais ;
à renforcer le plaidoyer en faveur des vaccinations auprès du grand public en l’adaptant aux freins et leviers spécifiques aux groupes les plus difficiles à rejoindre ;
à compléter ce plaidoyer par des campagnes régulières auprès des professionnels ;
à généraliser et rendre obligatoire l'utilisation des carnets de vaccination électroniques en expérimentation permettant de suivre les couvertures vaccinales ;
à élargir la liste des professionnels de santé à même d'assurer des vaccinations ;
à mobiliser les professionnels de santé pour qu’ils soient exemplaires en matière de leur propre couverture vaccinale. Le cas échéant trouver des mécanismes incitatifs à définir.
La levée de l’obligation vaccinale comporte des risques en matière de couverture pour les trois vaccins actuellement concernés par l'obligation, mais étendre l’obligation peut transformer des hésitants en opposants.
Disposer d'un outil de suivi de la couverture vaccinale permet aux pouvoirs publics d'intervenir en cas de sous vaccination ou d'épidémie en imposant ponctuellement une obligation du fait d'une situation sanitaire exceptionnelle. »  



Source  



Pour "La Vie Hospitalière" le gouvernement ferait bien de ne pas profiter de sa "position de force", qui pourrait apparaître illégitime paradoxalement compte tenu que lors des dernières élections la grande majorité du peuple s'est pas exprimé !
Il y a un grand malaise en France, et, il serait intéressant de se pencher, enfin, sur les vrais problèmes, les vrais maux de notre société de consommation ouverte comme une brèche dans le paquebot France aux intérêts de groupes privés internationaux pour la plupart...
Les vaccinations, elles devraient faire l'objet d'un contrôle strict et les "usagers" devraient être informés préalablement des produits utilisés dans les vaccins et être informés des risques liés à ces derniers, ceci est un droit autrement la responsabilité du gouvernement est grandement engagée en cas d'effets secondaires pour les usagers potentiels, il semble que ce sont plus les intérêts des laboratoires que ceux des citoyens et citoyennes qui sont privilégiés.


Ceci écrit, les hôpitaux supportent  eux aussi depuis de années cette politique qui vise à tirer profit de toutes choses, l'intérêt général est bien mal représenté...le peuple aussi si l'on se réfère au camembert  ci-dessous:




Plus le temps passe et plus il y a quelque chose qui pue au royaume de France.



L'Union syndicale Solidaires se prépare à la riposte contre la tentative de casse des acquis sociaux par le gouvernement

L'Union syndicale Solidaires se prépare à la riposte contre la tentative de casse des acquis sociaux par le gouvernement

À l’issue de son 7 ème congrès l'Union syndicale Solidaires a d’adoptée une motion appelant à construire une mobilisation large et unitaire dans la rue. 
C’est la  première organisation syndicale sur le plan national à rejoindre les mobilisations prévues pour le 19 juin dans de nombreuses villes et à Paris devant l'Assemblée Nationale. 

Face à l’urgence sociale construire une mobilisation large et unitaire dans la rue, dans les entreprises et les administrations avec les salarié(e)s, précaires, chômeurs, étudiant(e)s, retraité(e)s est devenue une priorité pour tous !



Un coup d’État démocratique

La recomposition politique menée par Emmanuel Macron n’aura pas fait illusion longtemps sur la réalité de la politique menée par son gouvernement : c’est celle d’un ultra-libéralisme assumé qui va encore un peu plus servir les intérêts des plus privilégiés, au détriment de la majorité de la population.



Après une simagrée de concertation qui a peut être pu convaincre certains syndicats qui voulaient l’être, la réalité s’est vite imposée : une méthode d’adoption en accéléré, par ordonnances avec un planning de réunions lors de la période estivale, pour éviter tout mouvement de contestation.
Une réforme qui déséquilibre encore un peu plus le rapport de force entre salarié(e)s et patronat, pour la plus grande satisfaction du Medef .
Ces nouvelles dispositions vont diminuer les droits des salarié(e)s, dégrader leurs conditions de travail, tandis que tous les moyens sont donnés au patronat : Modification possible des salaires et des conditions de travail, voire du contrat de travail lui-même au niveau de l’entreprise, plafonnement imposé des indemnités prud’homales suite à un licenciement abusif, pour savoir enfin combien coûtera un(e) salarié(e) dont on se débarrasse ! 


Intégrés à ces projets, de nouvelles remises en cause des institutions représentatives du personnel (IRP) avec de nouvelles propositions de fusion d’instances. L’enjeu est clair et vise la remise en cause de la présence et du droit syndical existant, la santé et les conditions de travail pourraient être les grands perdants avec la disparition du CHSCT.

Globalement il s’agit d’un approfondissement des lois El Khomri, Rebsamen et Macron mais ce projet vise un changement majeur du contexte de la négociation, de la représentation et in fine de la lutte syndicale en France.




mercredi 14 juin 2017

Un pneumologue grassement payé par Total


Un pneumologue grassement payé par Total

Le pneumologue Michel Aubier aussi médiatique que tolérant envers la pollution a été rémunéré plus de 150.000 euros par an par Total en 2013 et 2014.
C’est une première pour le Sénat et pour la justice. Le pneumologue Michel Aubier est jugé mercredi à Paris pour avoir menti sur ses liens avec le groupe Total lors d’une audition par une commission sénatoriale
Le 16 avril 2015, l’ancien chef de service à l’hôpital Bichat de Paris avait nié tout lien avec des « acteurs économiques » face à une commission du Sénat qui le recevait pour évoquer le « coût économique et financier de la pollution de l’air ». Il avait auparavant juré de dire « toute la vérité, rien que la vérité », en levant la main droite.
Lors de cette même audition, le pneumologue avait notamment déclaré que « le nombre de cancers dans les pathologies respiratoires » liées à la pollution était « extrêmement faible ».

5 ans de prison et 75.000 euros d’amende

Problème, Libération et Le Canard Enchaîné avaient ensuite révélé que le pneumologue recevait du groupe pétrolier Total entre 50.000 à 60.000 euros par an depuis la fin des années 1990. Des informations qu’il avait lui-même reconnues en mars 2016, devant la commission sénatoriale réunie à huis clos. C’est ce qui lui vaut d’être jugé pour « témoignage mensonger », comme s’il avait menti devant un tribunal, un délit est passible de cinq ans de prison maximum et 75.000 euros d’amende.
Mais dans son édition du 12 juin Le Monde (article payant) révèle des éléments à charge. Selon le quotidien, le professeur Aubier avait également omis d’indiquer son emploi chez Total dans sa déclaration publique d’intérêt, ainsi que des collaborations avec plusieurs laboratoires, dont MSD France, PPD France, Resal, Laser, alors qu’il était membre d’une commission de la Haute Autorité de santé (HAS).

Plus de 150.000 euros par an

Et ce n’est pas tout. Le Monde, qui a consulté l’enquête bouclée en janvier dernier, ajoute que si le professeur Aubier avait bien déclaré aux impôts ses émoluments versés par Total, les sommes dépassent largement les 50.000 à 60. 000 euros annuels évoqués.
En réalité, Michel Aubier, qui bénéficiait d’un contrat de « médecin-conseil de la direction générale » du groupe depuis 1997, était rémunéré 109.956 euros en 2014, 106.787 euros en 2013 et 99.402 euros en 2012, affirme le quotidien. Sans oublier les actions gratuites perçues: 1.200 en 2014 -61.548 euros-, 1.100 en 2013 et 740 en 2012, le tout alors que son contrat ne l’obligeait qu’à « environ 9 demi-journées par mois » dans les locaux de l’entreprise.

Une peine exemplaire?

Son avocat François Saint-Pierre plaidera la relaxe: « Il n’y avait pas de conflit d’intérêts entre son intervention au Sénat et ses fonctions de médecin du travail chez Total, il n’était pas impliqué dans la production industrielle. » Plus largement, il entend « critiquer durement » le fonctionnement même de ces commissions parlementaires. « Si ce sont des organes politiques, il n’y a pas de serment. Mais s’il y a un serment, alors on peut attendre des membres qu’ils se comportent comme des magistrats, avec la même impartialité », a-t-il déclaré à l’AFP. Et de rappeler que la rapporteure de la commission, la sénatrice écologiste Leila Aïchi, s’était publiquement émue d’un « mensonge (…) inadmissible ».
Les ONG "Générations futures" et "Ecologie sans frontière" ont réclamé « des peines exemplaires » et souhaité que « ce procès soit le début d’une prise de conscience des méfaits des conflits d’intérêt dans le domaine de la santé ».

Source L'Express




Avant toute conclusion de la justice "La Vie Hospitalière", dans cette affaire, ne se bornera qu'à révéler les faits portés à sa connaissance, sans plus de commentaire.

samedi 10 juin 2017

La démographie des pharmaciens au 1er janvier 2017


La démographie des pharmaciens au 1er janvier 2017



L’Ordre national des pharmaciens vient de publier son panorama annuel des pharmaciens au 1er janvier 2017. Par rapport à l’année 2015, le nombre d’inscrits au tableau de l’Ordre est relativement stable pour l’ensemble de la profession (-0,42%), avec 74 44 pharmaciens enregistrés dans les différentes sections de l’Ordre.
L’âge moyen est également constant en 2016, s’élevant à 46,7 ans (soit +0,1 an par rapport à 2015). Cette très faible évolution depuis quelques années traduit une inversion de la tendance au vieillissement de la population pharmaceutique. Ainsi, la profession assure son renouvellement avec une prépondérance de pharmaciens âgés de moins de 33 ans, alors que les tranches des 48-52 ans et des 53-57 ans prédominaient respectivement en 2006 et 2011. Les départs à la retraite, pourtant retardés, sont compensés par l’arrivée de jeunes pharmaciens qui s’installent de plus en plus tôt.
Entre les métiers de la pharmacie, des contrastes sont toutefois à noter : les industriels ont en moyenne moins de 42 ans, les pharmaciens de la distribution en gros et des établissements de santé moins de 45 ans, alors que les titulaires d’officine et les pharmaciens biologistes médicaux sont plus âgés (respectivement 50,3 ans et 49,6 ans, en moyenne). De même, au sein des filières de la pharmacie, des nettes différences d’âge sont visibles : entre les adjoints et les titulaires d’officine, 6,6 ans les séparent en moyenne ; dans l’industrie et la distribution en gros, les pharmaciens responsables sont majoritairement plus âgés que leurs confrères exerçant d’autres fonctions (pour l’industrie, ils sont en moyenne de 12 ans plus âgés que les pharmaciens adjoints).

Enfin, la profession demeure majoritairement féminine, un constat particulièrement remarquable pour les pharmaciens adjoints d’officine, puisque plus de 80% d’entre eux sont des femmes, ou encore pour les pharmaciens en établissement de soins (métier à 75% féminin).

Un maillage territorial est particulièrement dense et équilibré
Par ailleurs, l’ordre constate que « le maillage territorial est particulièrement dense et équilibré, sécurisant l’accès aux médicaments et produits de santé, ainsi qu’aux actes biologiques ». Pour 100 000 habitants, on recense en moyenne 33 officines, 3,9 PUI et 5,7 laboratoires de biologie médicale.
Enfin, des regroupements de structures s’opèrent en nombre pour l’ensemble des métiers de la pharmacie. Les jeunes officinaux s’associent de plus en plus en société et de plus en plus tôt, même si l’exercice libéral demeure attractif. Sous l’effet de la réforme de la biologie médicale de 2010, on constate cette année encore une forte concentration des laboratoires de biologie médicale, le nombre de structures ayant été divisé par 2 (voire 3) en 6 ans. Entre établissements de santé, la coopération est le maître-mot avec une augmentation de plus de 17% des groupements de coopération sanitaire en 2016.
Ainsi, une nouvelle manière d’exercer se dessine. Les regroupements permettent notamment de partager la responsabilité, réduire le risque financier en le mutualisant et réaliser des économies d’échelle alors porteuses pour le développement des structures. « Cette tendance forte au regroupement est en adéquation avec l’évolution de la société et de l’équilibre vie personnelle/ professionnelle. L’avenir de la profession est à imaginer dans le sillage de cette nouvelle manière d’exercer », estime l’Ordre.
Les grandes tendances par métier de la pharmacie

. Pharmaciens biologistes (section G)
Sous l’effet de la réforme de la biologie médicale de 2010, la très importante restructuration duréseau
biologiste se poursuit : dans la plupart des régions, le nombre de laboratoires de biologie médicale a été divisé par 2, voire 3, en 6 ans. La moyenne d’âge des pharmaciens biologistes (49,6 ans) suscite une interrogation qu’il faudra surveiller.

. Pharmaciens de l’industrie (section B)
Le nombre d’inscrits en section B a légèrement augmenté (+81 pharmaciens en 2016), en faveur du dynamisme et de la jeunesse des pharmaciens de l’industrie. Toutefois, la moyenne d’âge des pharmaciens responsables augmente chaque année, mettant en évidence l’intérêt de former des jeunes pour assurer le renouvellement dans l’avenir.
. Pharmaciens de la distribution en gros (section C)
Le nombre d’établissements et de pharmaciens inscrits en section C reste stable malgré une rationalisation du réseau toujours en cours. Le métier de pharmacien dans la distribution reste très attractif du fait de l’industrialisation des processus et du renforcement de la sécurisation de la chaîne (traçabilité, sérialisation), ce qui permet d’assurer le renouvellement des effectifs.
. Pharmaciens titulaires d’officine (sections A)
La restructuration du réseau officinal s’effectue de manière progressive et les pharmaciens en sont les principaux acteurs. La tendance à l’exercice en association se poursuit : l’officine devient un outil de travail partagé entre une équipe. L’officine est toujours attractive puisque les installations se poursuivent et en particulier celles des jeunes.

. Pharmaciens adjoints d’officine et autres exercices (section D)

Les métiers de la section D sont particulièrement attractifs : les effectifs sont stables, avec un léger accroissement du nombre d’adjoints et une forte augmentation des pharmaciens chargés de la dispensation des gaz à usage médical (+10,4% en 2016). Le renouvellement est assuré puisque les pharmaciens inscrits en section D sont relativement jeunes : 43,7 ans en moyenne, soit 3 ans de moins que la moyenne générale.

. Pharmaciens des établissements de santé (section H)

La section H affiche une certaine stabilité, tant en nombre de pharmaciens exerçant en établissement de santé que de pharmacies à usage intérieur. Les groupements de coopérations sanitaires poursuivent quant à eux leur croissance (+17,4% en 2016).

 . Pharmaciens des départements et collectivités d’outre-mer (section E)

La progression du nombre de pharmaciens d’outre-mer reste modérée en 2016 (+1,5%). De même, la répartition par effectif et territoire est stable.

Pour en savoir plus l’Ordre des Pharmaciens propose de consulter sur son site :

Source : MyPharma


mercredi 7 juin 2017

CONTAMINATION MORTELLE L’équipe de vaccination n’aurait pas respecté les normes de sécurité…



CONTAMINATION MORTELLE 
L’équipe de vaccination n’aurait pas respecté les normes de sécurité…
Quinze enfants sont décédés après l’administration de vaccins contaminés dans une région reculée du sud-est du Soudan du Sud, pays en guerre depuis fin 2013, a annoncé ce vendredi le ministre de la Santé.
« Une enquête (…) a conclu que les graves infections et effets toxiques résultant de l’administration d’un vaccin ont provoqué cet incident », a déclaré le ministre Riek Gai Kok lors d’une conférence de presse à Juba. « L’équipe de vaccination n’a pas respecté les normes de sécurité approuvée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ».
Une seule et même seringue avait été utilisée pendant la campagne de vaccination
Le ministre sud-soudanais a notamment assuré qu’une seule et même seringue avait été utilisée, pendant les quatre jours de la campagne de vaccination, pour l’étape consistant à mélanger le vaccin à un diluant en vue de son injection. « La réutilisation de la seringue dite de reconstitution implique que cette dernière est contaminée, puis contamine à son tour les flacons contenant les vaccins contre la rougeole, et infecte donc les enfants vaccinés », a souligné le ministre.
L’enquête, menée par un comité sud-soudanais spécialiste de la santé avec l’aide d’experts de l’OMS et de l’Unicef, a également montré que les vaccins, inoculés lors d’une campagne de vaccination supervisée par les autorités de la région de Kapoeta, n’avaient pas été conservés dans le respect des règles de la chaîne du froid, favorisant leur contamination. Les enfants décédés lors de cet incident ont commencé à mourir à partir du 2 mai alors que 32 autres enfants ont souffert de symptômes incluant des vomissements, de la fièvre et des diarrhées, mais ont survécu. En tout, environ 300 personnes ont été vaccinées contre la rougeole lors de cette campagne de vaccination.
Manon Aublanc 



mardi 6 juin 2017

Campagne «Pare à Chute» : plus de 300 structures engagées


Campagne «Pare à Chute» : plus de 300 structures engagées

L’ARS Île-de-France salue l’engagement des 304 structures qui ont participé à la campagne «Pare à Chute, maîtriser le risque» lancée en 2016.
Les chutes sont fréquentes, aussi bien en ville qu’en institution, et entraînent chaque année en France près de 9 000 décès chez les personnes de plus de 65 ans. La multiplicité des recommandations, des facteurs de risque, des acteurs (issus du soin ou de la rééducation) et des pratiques de prévention rendent le sujet difficile à appréhender au sein des structures. Les chutes sont souvent perçues comme une fatalité par les équipes, et la contention comme l’unique moyen de les prévenir et ce malgré le risque de chute grave induit par la contention.
L’objectif de la campagne «Pare à Chute, maîtriser le risque», lancée en février 2016 pour un an, était d’éviter les chutes graves et de développer une prise de conscience des professionnels pour remettre en cause leur inéluctabilité. 
Elle reposait sur la mise en œuvre de cinq pratiques institutionnelles à fort impact et cinq auprès du patient (en savoir plus sur la campagne "Pare à Chutes")
Au final, ce sont 304 structures qui se sont engagées dans la campagne (177 médico-sociales, 113  sanitaires et 14 mixtes). 90% d’entre-elles ont réalisé le diagnostic initial et 50% ont réalisé l’intégralité du projet. 
Les structures engagées rapportent une tendance à la diminution des chutes graves, une réduction du recours à la contention, ainsi qu’une prise de conscience de la part évitable des chutes et de l’importance de tous, soignants, rééducateurs, entourage et patient, pour favoriser la mobilité. Ainsi, en fin de projet, 36 875 patients ou résidents évalués à risque de chute grave n’en ont pas fait.
La synthèse des résultats globaux, l’évaluation et la capitalisation de cette campagne seront restituées lors d’une réunion régionale le mardi 26 septembre 2017, à l’Institut Pasteur.

Source : ARS île-de-France

Solidarité du lundi de Pentecôte : à qui profite l'argent récoltée ?


Solidarité du lundi de Pentecôte : à qui profite l'argent récoltée ?
"Sept Français sur dix profitent d'un lundi de Pentecôte férié alors que cette journée reste un jour de solidarité envers les personnes âgées."
Plus de 23 milliards de récoltés de 2014 à 2016...?
Mais où va l'argent vraiment ? Qui contrôle ? Qui sont les bénéficiaires ?
La plupart des Français feront la grasse matinée en ce lundi de Pentecôte. Si c'est un jour férié pour une majorité, le lundi de Pentecôte est la "journée de solidarité" d'un certain nombre de travailleurs. Créée par la loi du 30 juin 2004, après la canicule meurtrière de 2003, la "journée de solidarité" est destinée à favoriser l'autonomie des personnes âgées ou handicapées.

La loi instaure un jour de travail supplémentaire non rémunéré pour les salariés et, en contrepartie de la valeur ajoutée ainsi créée, une "contribution solidarité autonomie" (CSA), égale à 0,3% de la masse salariale, à la charge des employeurs. C'est la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) qui est chargée d'en gérer la recette.

Une organisation à la carte
Si la nécessaire amélioration de la prise en charge de la dépendance a fait largement consensus, le lundi de Pentecôte a lui été vite remis en cause, salariés et employeurs s’accordant sur des solutions alternatives. Dès 2008, ce lundi est alors redevenu férié.

Depuis, cette journée de solidarité s'organise par accord interne à l'entreprise ou à défaut par un accord de branche. En l'absence d'accord, la décision revient à l'employeur, après consultation du comité d'entreprise ou des délégués du personnel. D'aucuns optent pour la suppression d'un jour de congé ou de RTT, d'autres sacrifient un samedi ou choisissent de répartir 7 heures supplémentaires de travail sur l'année. Des entreprises en font cadeau à leurs salariés. Ceux à temps partiel sont concernés, proportionnellement à leur durée de travail.

Plus de 23 milliards d'euros depuis sa création
La "journée de solidarité" a rapporté 2,43 milliards d'euros en 2014. Depuis sa création, la journée de solidarité a rapporté 23,5 milliards d’euros au total. En 2014, 2,43 milliards d’euros ont été collectés par les employeurs publics et privés. La CNSA a redistribué 1,458 milliard d’euros au bénéfice des personnes âgées et 972 millions d’euros au bénéfice des personnes handicapées, précise la Caisse.
Concrètement, les recettes ont ainsi contribué à recruter du personnel pour les maisons de retraite et les structures spécialisées, à financer des heures d’aide à domicile, à financer des travaux de modernisation ou de reconstruction de maisons de retraite ou d’instituts spécialisés pour personnes handicapées ou encore à renforcer la professionnalisation des services d’aide à domicile.
Par ailleurs, depuis le 1er avril 2013, la CSA est étendue aux retraités avec l’entrée en vigueur de la "contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie" (CASA). Cette taxe assise sur les pensions de retraite, d'invalidité et les préretraites, étend l’effort de solidarité aux retraités imposables. Elle a rapporté 684 millions d’euros en 2014.
La recette 2015 financera la loi "d’adaptation de la société au vieillissement"
En 2015, l’intégralité des recettes de la CASA sera versée à la CNSA, précise la Caisse. Elles permettront de financer des dépenses prévues dans la future loi "d’adaptation de la société au vieillissement", à laquelle les sénateurs ont donné leur feu vert en mars, et un plan d’aide à l’investissement dans les établissements médico-sociaux pour personnes âgées et pour personnes handicapées de 100 millions d'euros.
Le projet de loi "vieillissement" est centré sur le maintien à domicile des seniors en perte d'autonomie avec une revalorisation de l'Allocation personnalisée à l'autonomie (APA) qui couvre une partie des dépenses d'aide à domicile de près de 700.000 personnes âgées. La journée de solidarité devrait rapporter 2,460 milliards d'euros en 2015, estime la Caisse, ce chiffre restant une prévision.
Sources 


vendredi 2 juin 2017

Congé de maternité unique annoncé par la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes/hommes


Congé de maternité unique annoncé par la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes/hommes 

La secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes hommes, Marlène Schiappa , vient d’annoncer la création d’un congé de maternité unique prévu dans le programme d’Emmanuel Macron.

Il est effectivement nécessaire que toutes les femmes puissent bénéficier de 16 semaines de congé maternité sans perte de revenu.

Cependant, nous tenons à rappeler que l’Organisation Internationale du Travail préconise 18 semaines et que des organisations syndicales, au plus près de la vie des femmes au travail, revendiquent jusqu’à 26 semaines, avec maintien intégral du salaire.

Nous tenons aussi à rappeler les revendications féministes formulées par les organisations féministes et syndicales, notamment lors du 8 mars dernier, jour de Grève des femmes.

- L’allongement de la protection contre le licenciement à 6 mois après la naissance ;
- L’obligation d’aménager ou de modifier le poste de travail dès l’annonce de la grossesse et dès lors que les conditions de travail (port de charges, postures, horaires…) peuvent menacer la santé de la mère et/ou de l’enfant ;
- L’allègement du temps de travail d’au moins une heure par jour (y compris pour les salariées à temps partiel) à partir du 3e mois de grossesse ;
- L’accès de droit pour tous les parents d’enfants de moins de 6 ans à un temps partiel de 80 % payé 100 % du salaire ;
- L’allongement du congé paternité à 1 mois et le maintien intégral du salaire ;
- L’augmentation de la rémunération du congé parental et la validation gratuite pour la retraite (retraite de base et complémentaire AGIRC/ ARRCO) ;
- La mise en place de sanctions dissuasives pour les entreprises qui licencient ou placardisent des femmes du fait de leur maternité.

Le Collectif National pour les Droits des Femmes sera très vigilant quant à la mise en place des mesures annoncées et continuera à se battre pour l’extension des droits des femmes .
(Communiqué de presse du Collectif Droit des Femmes)


jeudi 1 juin 2017

Santé : forte hausse du nombre de malades nécessitant des traitements de longue durée en France d’ici 2020



Santé : forte hausse du nombre de malades nécessitant des traitements de longue durée en France d’ici 2020
Selon l’Assurance-maladie, un demi-million de patients en plus souffriront d’au moins une pathologie chronique ou nécessiteront des soins de longue durée.
Une population plus nombreuse et plus âgée, des maladies plus fréquentes… En 2020, la France devrait compter 548 000 personnes de plus qu’en 2015 atteintes d’au moins une pathologie chronique ou nécessitant un traitement au long cours (diabète, cancer, maladie psychiatrique…). Cette projection inédite a été dévoilée mercredi 31 mai par la Caisse nationale de l’assurance-maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) à l’occasion de la présentation d’une analyse « médicalisée » des dépenses de santé en 2015.
Pour la première fois, les statisticiens de la CNAM ont croisé les prévisions démographiques de l’Insee et les évolutions prévisibles des principales pathologies. L’objectif était d’établir celles qui connaîtront les plus fortes hausses d’effectifs ces prochaines années et ainsi mieux « identifier les leviers de maîtrise de dépenses ». Entre 2015 et 2020, le nombre de personnes atteintes d’une maladie cardio-neuro-vasculaire devrait par exemple grimper de 13 % et passer de 4,5 millions à 5,1 millions de patients, les deux tiers de cette hausse s’expliquant par la seule évolution démographique, soit en l’occurrence le vieillissement de la population.
D’autres pathologies devraient également connaître de fortes hausses de leurs effectifs au cours de cette période : + 12 % pour le diabète (455 000 patients de plus), + 10 % pour les maladies respiratoires chroniques (340 000 patients de plus), + 11 % pour les maladies psychiatriques (100 000 patients de plus), + 20 % pour les maladies inflammatoires (234 000 patients de plus). Des hausses spectaculaires qu’il faut lire avec prudence car les patients qui cumulent plusieurs pathologies sont comptabilisés plusieurs fois. Ayden Tajahmady, le directeur adjoint de la stratégie et des études statistiques à la CNAM, explique :
« Cette progression peut paraître importante mais il n’y a pas d’explosion. C’est la poursuite d’une tendance qui tend même à se ralentir en raison d’une évolution démographique plus modérée. »
L’augmentation du nombre de patients atteints de maladies cardio-neuro-vasculaires ne serait ainsi que de 2,7 % par an jusqu’en 2020, contre 3,3 % chaque année entre 2013 et 2015. Plus exceptionnellement, on assiste même à quelques diminutions d’effectifs. Le nombre de personnes prenant des traitements psychotropes ou des traitements du risque cardio-vasculaire devrait ainsi « reculer respectivement de 8 % et de 6 % ».
Budget contraint
Une évolution du nombre de malades à laquelle l’Assurance-maladie devra répondre avec un budget contraint, ce qui l’oblige, comme elle le détaille chaque année à la fin du mois de juin, à engager des actions de prévention ou de « maîtrise médicalisée » des dépenses (réduction de la durée de séjour à l’hôpital, optimisation de l’utilisation des ambulances, etc.). Emmanuel Macron a annoncé pendant la campagne qu’il entendait plafonner la progression des dépenses à 2,3 % chaque année (contre 2,1 % cette année, et 1,75 % en 2016).
Mercredi, la CNAM n’a pas souhaité chiffrer les dépenses supplémentaires qu’entraîneront nécessairement ces centaines de milliers de nouveaux patients. « Ce calcul aurait été trop hasardeux, chaque pathologie ayant vingt-sept postes de dépense différents », souligne M. Tajahmady, en rappelant qu’il est aujourd’hui impossible de prédire l’évolution du prix de certains traitements médicamenteux.
L’Assurance-maladie s’est toutefois prêtée à cet exercice a posteriori pour certaines maladies. Elle a par exemple constaté une hausse de la dépense moyenne de soins pour le traitement du cancer du sein, passée de 11 288 euros par patiente par an en 2012 à 12 035 euros en 2015. Une augmentation due à un recours croissant à des nouveaux médicaments, plus onéreux.
A contrario, la dépense moyenne annuelle par patient traité pour une maladie coronaire chronique, comme une angine de poitrine, a baissé de 2,7 % entre 2012 et 2015 en raison de la baisse des prix de certains médicaments et une diminution des dépenses d’hospitalisation, « concomitante à une hausse des soins infirmiers en ville ».

Conflit à l'hôpital de Cayenne : une réunion interministérielle engagée à Paris


Conflit à l'hôpital de Cayenne : une réunion interministérielle engagée à Paris
Les agents du Centre Hospitalier Andrée Rosemon (CHAR) de Cayenne sont en grève depuis plus de deux mois !

Une réunion interministérielle tente de trouver une issue au conflit... 
Comment sortir d'un conflit historique ? 
Jamais le Centre Hospitalier Andrée Rosemon (CHAR) de Cayenne n'a connu une telle crise sociale. 
Les grévistes du syndicat UTG (Union des Travailleurs Guyanais) Santé sont déterminés, "La Vie Hospitalière" apporte tout son soutien à cette lutte légitime.

Une mission ?...
Le 29 mai, une réunion interministérielle avait été prévue à l'Elysée entre les collaborateurs des différents ministères pour travailler sur des réponses adaptées. Le gouvernement devant aussi trouver des négociateurs pour venir en Guyane rencontrer tous les acteurs du conflit.

Et, un bras de fer !...
Dans le courant du mois de mai les sénateurs guyanais, Georges Patient et Antoine Karam, s'étaient entretenus avec la ministre des Outre-mer, Annick Girardin sur ce conflit. 
Les élus ont également déposé un référé devant le tribunal administratif de Cayenne pour non respect de l'Accord de Guyane qui prévoyait le versement de 20 millions d'euros en urgence au Centre Hospitalier. Selon eux, six millions ont été versés pour le moment. 

La lutte continue !...
Les agents hospitaliers restent déterminés. Les grévistes demandent de meilleurs conditions de travail, des moyens matériels et humains supplémentaires, ils demandent en fait ce qu'ils devraient leur être attribués de droit.

Pour l’heure, les négociations entre syndicat et direction bloquent sur le nombre de postes nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement. Le syndicat UTG Santé revendique 239 postes supplémentaires, la direction en propose 36,5, c'est bien peu...



mercredi 31 mai 2017

Front social : jour de manifestation le 19 juin


Front social : jour de manifestation le 19 juin 
Dans la suite du premier tour social et du 8 mai, le #FrontSocial se mobilise le 19 juin pour des manifestations nationales contre le les ordonnances prévues par Macron durant l’été. 



Il y a urgence. Macron président est pressé de finir le travail de Macron ministre 49.3 de la loi Travail. Il veut des député(e)s au service d’une loi d’habilitation dès juillet, qui l’autorise à légiférer par ordonnance. Elle permet d’éviter tout débat, avec les député(e)s en particulier.
Pour lui, la démocratie est une perte de temps, la preuve. Son urgence ce n’est pas le chômage, c’est durcir la loi Travail et préparer d’autres destructions sociales. 
Le #FrontSocial appelle le 19 juin toutes celles et tous ceux qui sont déterminé·e·s à lui résister.
Après le succès de la 1re manifestation du quinquennat Macron à Paris le 8 mai, organisons des rassemblements partout en France pour envoyer un message clair au nouveau pouvoir en place : mouvement social contre la régression sociale !
Rendez-vous à 18 heures devant l’Assemblée nationale



Front social : rencontre nationale le 10 juin


Front social : rencontre nationale le 10 juin
Après le succès des mobilisation du 1er tour social le 22 avril et la première manifestation du quiquennat Macron le 8 mai, retrouvons-nous pour débattre, échanger et construire le nécessaire #FrontSocial.
Cette réunion nationale sera l’occasion de discuter des positions communes à défendre pour notre réseau mais aussi définir un mode de fonctionnement et nos activités pour les semaines à venir.


Que vous soyez une organisation, un syndicat, un collectif, une association, un militant… prenez date et venez construire l’indispensable riposte à Macron, sa nouvelle loi travail, ses ordonnances, l’état d’urgence, la répression et tous les autres mesures libérales de sa politique anti-sociale.
Rendez vous au 29 boulevard du Temple dans le 3em de 10h à 17h ( Métro République )

Communiqué du Front Social

dimanche 28 mai 2017

Agnès Buzyn et les conflits d'intérêts...


Agnès Buzyn et les conflits d'intérêts...
Un article passé le 7 mars 2016 sur Mediapart qui nous interroge...:
Agnès Buzyn, qui prend ce lundi ses fonctions à la tête de la haute-autorité de santé (HAS), acteur clé du système de santé français, considère que les liens d’intérêt entre experts et laboratoires pharmaceutiques sont un gage de compétence. Plusieurs militants de la transparence comme le docteur Irène Frachon, à l’origine du scandale du Mediator, s’inquiètent auprès de Mediapart.
Au moins, les choses sont claires. « L’industrie pharmaceutique joue son rôle, et je n’ai jamais crié avec les loups sur cette industrie. Il faut expliquer que vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pharmaceutique pose la question de la compétence des experts. » Tels furent les propos tenus par le professeur Agnès Buzyn, alors présidente de l’Institut national du cancer (INCA) et qui vient d’être nommée ce lundi à la tête de la Haute Autorité de santé (HAS), lors d’une réunion organisée par le Nile, un cabinet de lobbying, en février 2013. Entendue au Sénat le 20 janvier dernier, dans le cadre de travaux de la commission des affaires sociales, elle n’a pas changé de position.
Intitulée « Prévention des conflits d’intérêts en matière d’expertise sanitaire », cette table ronde, loin de chercher à limiter les conflits d’intérêts en santé publique, avait au contraire pour cible la loi Bertrand. Adoptée en décembre 2011, à la suite du scandale du Mediator, cette loi vise à prévenir les conflits d’intérêts et à renforcer l’indépendance de l’expertise sanitaire publique. Elle rend obligatoire pour les professionnels de santé et décideurs publics la déclaration publique de leurs liens d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique. De leur côté, les laboratoires doivent déclarer les avantages consentis aux professionnels de santé, aux associations et aux fondations.
Mais cette avancée dans la prévention des conflits d’intérêts ne fait pas l’unanimité. Une partie de ses détracteurs n’ont pas hésité à faire entendre leur voix devant les sénateurs. Parmi eux, Agnès Buzyn a longuement expliqué que l’obligation de déclarer tout lien d’intérêt est devenue trop « handicapante » pour certains chercheurs. « Ils ne le supportent plus et refusent de venir aux expertises de l’INCA. On passe notre vie à écrire des mails d’excuses aux experts pour leur expliquer pourquoi on n’a pas pu les retenir à l’analyse de leurs déclarations. » Agnès Buzyn regrette de ne pouvoir prendre des chercheurs qui ont, avec l’industrie pharmaceutique, des liens d’intérêt pourtant susceptibles d’influencer leurs expertises.
Selon la nouvelle présidente de la HAS, agence sanitaire en charge de l’évaluation et du remboursement des médicaments, le fait de ne pas travailler avec des laboratoires met en doute la qualité de l’expertise. « Quand on voit les débats que nous avons avec nos tutelles (…), l’indépendance des experts est mise en avant et personne ne semble se soucier de la qualité de l’expertise. (…) On commence à avoir des experts institutionnels qui n’ont plus aucun lien avec l’industrie pharmaceutique et dont on peut se demander, à terme, quelle va être leur expertise, puisqu’ils ne sont plus à aucun “board” [conseil de direction – ndlr] », a déploré Agnès Buzyn.
En quoi consiste exactement la mission de l’expert dans un “board” ? Cette question, aucun sénateur n’a eu la curiosité de la poser… Participer au “board” d’un laboratoire pharmaceutique ne relève pas de la recherche scientifique, mais consiste à conseiller l’industrie sur sa stratégie de marketing de développement d’un médicament. C’est, aussi, intervenir dans des colloques. Est-ce vraiment là un gage de compétence ? Si l’intérêt scientifique semble minime, en revanche, le gain financier n’est pas négligeable. Certains professeurs peuvent être rémunérés 2 000 euros la journée, pour une réunion.
L’industrie pharmaceutique propose, en général, ces contrats à des médecins hospitalo-universitaires qui ont déjà le statut de leader d’opinion et qui peuvent ainsi asseoir leur renommée, voire l’étendre au niveau international. Un bon plan de carrière en somme. En février 2009, l’Inspection générale des affaires sociales avait déjà pointé ce problème : seule une part marginale des contrats liant les laboratoires pharmaceutiques aux professionnels de santé concerne des travaux de recherche. Plus de 90 % des liens d’intérêt publiés relèvent de contrats de marketing (contrats d’orateurs ou de consultants).
Les propos d’Agnès Buzyn ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux de Philippe Lamoureux, directeur général du Leem, syndicat des industries pharmaceutiques : « Un expert sans conflit d’intérêts est un expert sans intérêt. » Sans intérêt pour les laboratoires, mais non pour la santé publique. Le scandale du Mediator a pu être révélé grâce au travail de médecins ou pharmaciens indépendants rédacteurs de la revue Prescrire, ou à celui de la pneumologue Irène Frachon.
Cette dernière, interrogée par Mediapart, regrette vivement les positions d’Agnès Buzyn : « La solution n’est pas, comme l’affirme Agnès Buzyn, de passer outre ces liens d’intérêt. L’affaire du Mediator le démontre de façon tragique : des experts indiscutablement “compétents” sont restés solidaires d’un industriel lourdement criminel, en minimisant notamment les dégâts de ce poison. Il faut donc se doter d’une expertise vraiment indépendante. Une des solutions, comme le proposent les membres de l’association Formindep, [Association pour une formation et une information médicales indépendantes – ndlr] est de créer des filières d’études de haut niveau d’expertise qui puissent assurer de belles carrières et des rémunérations suffisantes afin de prévenir la captation par l’industrie. »
Mais on ne pourra pas reprocher à Agnès Buzyn de ne pas mettre en pratique ses propos. De 2009 à 2011, alors même qu’elle venait d’être nommée membre du conseil d’administration puis vice-présidente de l’Institut national du cancer, elle n’a pas pour autant renoncé à participer aux boards de deux laboratoires, Novartis et Bristol-Meyers Squibb.
Doit-on parler de conflit d’intérêts ou de souci de parfaire ses compétences en tant que chercheuse ? Interrogée par Mediapart, Agnès Buzyn a minimisé le rôle de vice-présidente de l’INCA : « C’est au cas où le président tombe malade. C’est purement honorifique. » À l’entendre, on pourrait finalement se passer d’un vice-président à l’INCA. Pour Novartis et Bristol-Meyers Squibb, Agnès Buzyn a dispensé des formations à des médecins, participé à des réunions de marketing pour des traitements contre le cancer et est également intervenue dans des colloques.
Concernant le montant de ces contrats passés avec les laboratoires, elle n’en a pas gardé un souvenir précis. Pourtant, ce travail a duré de 2007 à 2011. Une seule estimation nous a été donnée pour l’année 2009 : 10 000 euros. Si elle affirme aujourd’hui qu’il ne s’agit pas d’une situation de conflit d’intérêts, elle a néanmoins jugé nécessaire, en mars 2011, de cesser tout travail pour les laboratoires pharmaceutiques. À cette date, sa future nomination à la présidence de l’INCA devenait officielle et, en plein scandale du Mediator, une série de rapports sur les conflits d’intérêts était rendue publique.
Selon Anne Chailleu, présidente du Formindep, association présente à la table ronde organisée au Sénat, « la conception de l’expertise d’Agnès Buzyn va à l’encontre du sens de l’Histoire mais également de la rigueur scientifique. Alors que la loi de santé vient de renforcer la transparence des liens entre industrie et professionnels de santé, et que le Conseil constitutionnel a rappelé récemment qu’elle était un principe fondateur de la sécurité sanitaire, de tels propos sont anachroniques et démontrent que toutes les leçons du Mediator n’ont pas été tirées ».
Effectivement, lors de la présentation de sa candidature à la présidence de la Haute Autorité de santé (HAS), le 27 janvier dernier devant l’Assemblée nationale, Agnès Buzyn a totalement passé sous silence l’importance de garantir l’indépendance des experts de la Haute Autorité de santé. Il avait fallu l’intervention de la députée Catherine Lemorton, présidente de la commission affaires sociales, pour rappeler que la HAS doit être une agence « indépendante » des laboratoires pharmaceutiques.
Pascale Pascariello