vendredi 8 décembre 2017

Lettre ouverte à la ministre de la Santé


Lettre ouverte à la ministre de la Santé

Madame la ministre,
L’Ordre National Infirmier n’a jamais été une demande motivée de la profession.
Aujourd’hui Le service de recouvrement IJCOF, au service de l’ordre national infirmier, intensifie et inonde de relances intimidantes les professionnel(le)s qui ne demandent qu’à assurer leurs missions auprès de la population. 
Serait-ce pour combler le déficit d’un ordre infirmier qui, depuis plus de 11 ans, ne répond pas aux aspirations de la profession ?
Pour rappel, cette instance privée, avec des missions de service public, a été élue par moins de 14% des infirmier(e)s en France, du public, du privé et du libéral !!! C’est dire si cette structure est contestée par la profession.
A ce jour, seulement 225.000 / 600.000 infirmier(e)s sont inscrites à l’ordre infirmier. Et de quelle manière ? Pour la plupart sous la contrainte de directions des soins et encadrements éloignés de l’exercice professionnel des infirmier(e)s.
Cette instance n’est pas une demande des professionnels. Ils réclament la reconnaissance de leur qualification, avec un salaire à la hauteur de leurs missions et de leurs responsabilités, une évolution de leur formation initiale, de meilleures conditions de travail pour une meilleure qualité des soins.
La profession continue à refuser de s’inscrire parce qu’elle ne veut pas d’une instance disciplinaire supplémentaire et qu’elle refuse de payer pour travailler.
D’ailleurs, de nombreux députés voire ministres (Mesdames BACHELOT et TOURAINE) ne s’y sont pas trompés en proposant des projets de loi dans la continuité de celui du député Yves BUR en 2010, celui de Madame Touraine, avant qu’elle ne soit ministre de la santé, en mai 2011, et du député Jean-Marie LE GUEN en novembre 2012. Ils souhaitaient rendre facultatif l’adhésion à un ordre professionnel paramédical. Sans oublier la mission de la députée Madame Le HOUEROU qui a déposé un amendement en ce sens pendant la discussion de la loi de modernisation de notre système de santé.
Il n’est pas admissible et juridiquement contestable de faire porter le financement d’une mission de service public sur les seul(e)s professionnel(le)s. 
La seule obligation que vous devez exiger de ces professionnel(le)s, c’est qu’elles et ils aient le Diplôme d’Etat infirmier et que celui-ci soit enregistré au fichier ADELI, auprès de vos services.
Nous revendiquons le libre choix d’adhérer, conformément aux principes démocratiques et aux droits constitutionnels. 
Nous demandons que seul l’Etat contrôle l’accès à notre profession et sa régulation. 
Nous revendiquons l’abrogation de l’Ordre et la réattribution des personnels et des missions dans les services du Ministère de la santé.
L’Intersyndicale CFDT, CFTC, CGT, FO, SNICS-FSU, SUD santé sociaux, UNSA santé sociaux, majoritaire dans les établissements de santé et dans les établissements de l’Education nationale, souhaite vous entretenir rapidement sur ce sujet qui conduit la profession au sentiment d’incompréhension devant cette situation qui dure depuis 11 ans.
Veuillez recevoir, Madame la Ministre, nos salutations respectueuses.
L’Intersyndicale
CFDT Santé Sociaux, CFTC Santé Sociaux, CGT Santé Action Sociale, FO Santé, Snics-FSU, SUD Santé Sociaux, UNSA Santé Sociaux.

vendredi 1 décembre 2017

Des unités hospitalières seront créées dès 2018 afin de lutter contre les violences faites aux femmes


« La France ne doit plus être un de ces pays où les femmes ont peur », a déclaré le Président de la République Emmanuel Macron le 25 novembre, journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, où il a fait observer une minute de silence en hommage aux 123 femmes tuées en 2016 par leur partenaire ou ex-partenaire.
Faisant état du sentiment d'« horreur et de honte » qui s'est emparé de lui devant le déferlement des témoignages de femmes harcelées, le Président a décrété l'égalité entre femmes et hommes « grande cause du quinquennat », et a fixé trois priorités : le renforcement de l'arsenal répressif, un meilleur accompagnement des victimes et le développement de l'éducation et du combat culturel en faveur de l'égalité. 
Une dizaine de structures pilotes pour la prise en charge
En 2016, 225000 femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint; moins d'une sur cinq a déposé plainte. 
Pour accompagner les victimes, des unités spécialisées dans la prise en charge globale psychotraumatique seront créées dans les centres hospitaliers dès 2018; une dizaine de structures pilotes sont prévues dans les mois qui viennent, en métropole. 
Les soins psychotraumatiques liées aux violences subies pourront être pris en charge par la sécurité sociale. Les unités médico-judiciaire des hôpitaux pourront garder les preuves des violences, même si la victime ne souhaite pas porter plainte. 
Emmanuel Macron a promis de « traquer partout ceux qui pratiquent l'excision, cette barbarie », et a appelé à porter « une attention toute particulière pour les femmes migrantes qui fuient leur pays, car elles cherchent aussi à fuir l'excision pour elles-mêmes et leurs petites filles ». 
Délai de prescription, âge du consentement…
Le projet de loi contre « les violences sexuelles et sexistes » qui sera présenté en 2018 par Marlène Schiappa, secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes, et Nicole Belloubet, ministre de la Justice et garde des Sceaux, devrait comporter plusieurs mesures destinées à renforcer l'arsenal répressif.
Le délai de prescription des crimes sexuels sur les mineurs sera étendu à 30 ans, à compter la majorité de la victime, au lieu de 20 ans actuellement. La victime pourrait donc porter plainte jusqu'à l'âge de 48 ans, comme le préconisait la mission conduite par Flavie Flament et Jacques Calmettes - après une première loi doublant les délais pour les majeurs, jusqu'à 20 ans pour les crimes.  
Le projet devrait aussi fixer un âge minimal du consentement, en dessous duquel le viol est automatiquement constitué de fait. Emmanuel Macron a plaidé pour l'établir à 15 ans - celui de la majorité sexuelle - « par conviction intime » et « par souci de cohérence et de protection des mineurs ». Le Haut conseil pour l'égalité entre les hommes et les femmes proposait 13 ans, eu égard aux législations espagnoles (12 ans), britanniques (13 ans), Belges (14 ans) ou Danemark (15 ans). La garde des Sceaux Nicole Belloubet qui s'était aussi prononcée pour un seuil à 13 ans, a indiqué qu'il y aurait un débat au Parlement. 
La loi devrait créer un délit d'outrage sexiste punissant le harcèlement de rue, « verbalisable immédiatement pour un montant dissuasif ». « Une mesure qui porte une dimension symbolique puissante, et un aspect tout à fait réaliste », a commenté Nicole Belloubet.
Les victimes de violence, harcèlement ou discrimination pourront effectuer un signalement en ligne dès le début de l'année, et parler en direct avec des policiers ou gendarmes formés, quels que soient l'heure et le jour. Elles pourront aussi porter plainte dans les lieux de prise en charge, comme les hôpitaux. 
Des associations inquiètes des moyens 
Le CSA pourra intervenir sur les contenus numériques (internet, jeux vidéos, et plus seulement sur la télévision et la radio) pour lutter contre la pornographie accessible aux enfants, ou contre des contenus incitant à la violence contre les femmes. Des modifications législatives et une application pour les victimes sont attendues dès 2018 pour lutter contre le cyberharcellement ...
Les associations réclamaient un plan d'urgence. Si elles saluent l'engagement du président, elles regrettent l'insuffisance du budget interministériel de 420 millions d'euros, qui s'appuie sur l'existant, sans que des fonds supplémentaires ne soient débloqués. « Sans financement, tout plan de communication, de formation, de sensibilisation, de prise en charge des victimes sera vain » met en garde Osez le Féminisme, tandis que la militante Caroline De Haas appelle à prendre exemple sur l'Espagne et son plan d'un milliard sur cinq ans. 

Extrait d'un article de Coline Garré 
Lequotidiendumedecin.fr

jeudi 9 novembre 2017

Greffe de peau : un exploit de la thérapie génique



Greffe de peau : un exploit de la thérapie génique

Grâce à la thérapie génique, un enfant âgé de 7 ans atteint d’une épidermolyse bulleuse a bénéficié d’une greffe de peau quasiment intégrale. Une première dans le monde. Deux ans après cette intervention réalisée en Allemagne, le petit patient est en bonne santé.
Des chercheurs* ont utilisé les ressorts de la thérapie génique auprès d’un enfant, Hassan, souffrant de dommages cutanés importants. Agé de 7 ans, le petit, réfugié syrien, était atteint d’une épidermolyse bulleuse, maladie congénitale de la peau. Accueilli en juin 2015 en soins intensifs pédiatriques en Allemagne**, Hassan avait perdu 60% de sa peau. « Et le petit Hassan ne pesait que 17 kilos lorsqu’il a été pris en charge, un paramètre engageant son pronostic vital », précisent les Drs Tobias Hirsch, Tobias Rothoeft et Norbert Teig.
80% de son épiderme retrouvé
Après échec des traitements, les médecins ont donc prélevé et modifié génétiquement les cellules de la peau du petit avant de procéder à la greffe « au niveau des jambes, du dos, des flancs, partiellement sur la zone de l’estomac, mais aussi le cou et le visage ». Au total, « le petit a retrouvé 80% de son épiderme grâce à la thérapie génique ». Une première dans le monde. « Aujourd’hui Hassan est en bonne santé, son tissu épidermique a une résistance normale et il est pleinement intégré dans sa famille et son cercle social ».
Cette prouesse pourra renforcer « l’arsenal thérapeutique dans la prise en charge de l’épidermolyse bulleuse mais aussi d’autres maladies ou traumatismes provoquant de graves dommages de la peau ».
A noter : Maladie rare, l’épidermolyse bulleuse touche 1 enfant sur 53 000 naissances dans le monde. Elle est considérée comme incurable. En fonction de son degré de sévérité, elle peut aussi fragiliser les organes internes et fragiliser des fonctions vitales.

*Université de Bochum (Allemagne) et du Centre de médecine régénérative de l’Université de Modène (Italie)
**Katolisches Klinikum Bochum

Source : NATURE du 8 novembre 2017


mercredi 1 novembre 2017

Grande manifestation le 16 novembre


Grande manifestation  le 16 novembre  

Converger, additionner nos forces, faire mouvement, faire grève 
Les organisations syndicales CGT, FO et Solidaires avec les organisations étudiantes lycéennes UNEF, UNL et FIDL ont décidé d’appeler à une grande journée de mani- festations et de grève le 16 novembre. 
Bien sûr, ceux et celles qui s’opposent depuis des mois aux ordonnances après s’être opposé-es à la loi El Khomri auraient préféré un front plus large et plus déterminé, mais nous savons que nos mobilisations prennent de l’ampleur et s’ancrent dans les entreprises et les services. 
Les attaques du gouvernement sont globales (budget de l’État et de la sécu, CSG, APL, sélection à l’université…) et les ordonnances (avec la remise en cause de ce qui re- lève de la loi au profit d’une négociation locale beaucoup plus aléatoire) touchera tous les secteurs y compris le public, et toutes les entreprises. 
De même le gouvernement applique la politique des riches, de « la tête de cordée » comme si ceux et celles qui travaillent avaient vocation à être en permanence à la traîne ou dans le caniveau… 
Alors dès aujourd’hui nous préparons le 16 novembre dans tous les secteurs, les services, les administrations et les en- treprises. Dans certains secteurs, des mobilisations auront lieu dans cette période de façon spécifique, tout ceci doit participer du même mouvement. De plus, des réunions de travailleurs et de travailleuses, des assemblées générales sont prévues pour discuter d’ancrer la grève, de la reconduire. C’est un début mais c’est beaucoup. 
Retrait des ordonnances 

La bataille des ordonnances n’est pas terminée, nous exi- geons la non-ratification de l’assemblée, nous refusons les décrets, nous travaillons à les bloquer dans les branches, dans les entreprises et les services. 
Le combat est difficile mais les mécontentements s’ accu- mulent et nos forces aussi ! 


Notre mouvement doit être clair, uni, fort et déterminé 

Nous n’acceptons ni ne négocions aucune régression au nom de la compétitivité. 
Nous voulons pour ceux et celles qui travaillent, qui s’y préparent ou qui ont travaillé, plus de salaire, de revenu, de meilleures conditions de travail, de formation, d’éduca- tion, de logement, des services publics pour toutes et tous. 
Ce sont les combats que nous engageons partout et que nous entendons faire converger le 16 novembre. 

- Nous appelons à réunir des intersyndicales les plus larges possibles dans les localités, les secteurs, les entreprises, à faire des réunions de personnel, des assemblées géné- rales pour préparer le 16 et pour engager la suite y compris quand c’est possible par des mouvements de reconduction de la grève. 

- Nous appelons toutes les organisations syndicales à se joindre à l’appel au 16 au plan national, local ou sectoriel. 

- Nous organisons avec toutes les forces disponibles un front large contre la politique des riches. 

(Communiqué de l'Union syndicale SOLIDAIRES)

lundi 4 septembre 2017

Appel à la résistance !


Appel à la résistance !

Contre la destruction du Code du Travail et les attaques contre le Service Public nous vous invitons à participer aux prochaines mobilisations.


Mardi 12 septembre 2017
Journée Nationale de Grève et Manifestations 

Manifestation à 14 heures
 départ Place de la Bastille







Avis



AVIS

Aujourd'hui nous avons accédé à l'Internet sans problème...
Depuis le 11 juillet nous avons de gros problèmes pour travailler correctement.

Le 8 août nous avons pensé que tout était redevenu normal, mais, hélas  la situation était que temporaire.
Nous nous donnons donc les moyens de faire face à tout problème technique ou autre... afin de demeurer opérationnel.
La période estivale est passée, nous faisons nous aussi notre rentrée, et par la grande porte.

Nous envisageons même de créer un site qui serait fonctionnel, hors de l'hexagone... c'est simplement une question de temps, de plus une ligne non ADSL est prévue permettant de suppléer si besoin.



samedi 22 juillet 2017

Plus de 100 jours de grève dans un EHPAD !


Plus de 100 jours de grève dans un EHPAD !


Ce n’est plus un secret depuis longtemps, les « maisons de retraites » où EHPAD, demandent à leur personnel d’être efficaces et efficients, ce qui est la moindre des choses, dans les établissements, ayant en charge nos anciens, mais ça a un coût.
Exceptionnelle, la durée. Du jamais vu en France au sein des EHPAD...
Tous secteurs d’activités confondus, difficile de trouver un conflit plus long. Si : 214 jours d’arrêt de travail dans un bureau de poste des Pyrénées-Orientales, en 2016… À côté, le conflit au sein de la SNCF (24 novembre au 15 décembre 1995) ferait presque figure de « petit joueur ».
Sûr, les 10 employés grévistes (des aides-soignantes, surtout), soit le quart du personnel à temps plein de la maison de retraite du groupe privé Les Opalines (77 résidents), à Foucherans (Jura), ne cherchent pas à figurer dans le Livre Guiness des records. 
Car plus de 3 mois sans percevoir leur salaire, ça fait mal, très mal. Comment font-ils pour ne pas trop perdre d’argent ? « On a organisé un concert le 25 mai », répond la tonique cégétiste Anne-Sophie Pelletier. « La salle était gratuite, les musiciens se sont produits bénévolement. 
On a récolté de quoi payer 40 % de nos salaires de mai. On a aussi notre caisse de solidarité. 
On collecte de l’argent dans les rues. Il nous arrive de récolter 200 euros en 1 heure 30. ça nous fait 20 euros chacun… »

« On demande toujours 100 euros net de plus par mois »

Comment cet EHPAD parvient-il à prendre en charge les résidents, avec le quart de son personnel en moins ? « Au début, la direction a fait venir des employés d’autres établissements des Opalines, puis elle a recruté des CDD. 12 résidents ont aussi été placés dans d’autres maisons, à Dôle, Arbois, Salins… » Les grévistes disent avoir encore le soutien de nombre de familles,
même si celui-ci semble moins s’exprimer publiquement qu’au début.




Pour "La Vie Hospitalière" les revendications de ces personnels soignants sont légitimes et devraient faire boule de neige !
Sans même attendre les manifestations syndicales du 12 septembre.
Trop, c'est trop !
 

mardi 18 juillet 2017

Suites du suicide d’une collègue le 7 mars 2017



Suites du suicide d’une collègue le 7 mars 2017

Un CHSCT s’est tenu le 11 juillet 2017,concernant la restitution du rapport d’enquête sur le suicide de notre collègue Sandrine, le 7 mars 2017 sur son lieu de travail, le Département d’Information Médicale (DIM).
Sud avait fait plusieurs alertes et demandé une expertise externe concernant les conditions de travail dans ce service et plus particulièrement le management délétère du chef de
service.
L’enquête montre clairement l’imputabilité au service du décès de madame BARA Sandrine:

Du fait de son absence du deuil de son métier d’origine soignante, IADE, par une reconversion imposée et comprise par elle comme une
injustice, jamais acceptée.

Du fait d’un environnement socio-professionnel dégradé, comme le montre particulièrement:
Le DGI (Danger grave et imminent) déposé par FO et soutenu par SUD et la CFDT.
Le diagnostique psychosocial.
Le rapport de l’expertise de SECAFI demandé par SUD et soutenu par FO et la CFDT.
L’analyse en particulier causale et systémique du rapport remis le 25 juin 2017.

Les témoignages de ses collègues sont éloquents:

VERBATIM (définition) Est constitué de l’ensemble des mots et phrases employés par une population lors d’une enquête:

«Peu de gens peuvent se targuer de connaitre Sandrine.»
«C’était une bosseuse, elle mettait un point d’honneur à être à jour dans son travail, elle était attentive à ce que son travail soit bien fait»
«Mme Bara ne trouve pas sa place dans un système qui déraille»
«Elle avait signifié ne plus pouvoir assumer la charge de travail»

Concernant le service du DIM dans son ensemble:

«C’est un vrai gâchis» dit par toutes les personnes interrogées. »
«Je viens pour que Sandrine ne soit pas morte pour rien»
«Je n’ai jamais connu ça ailleurs»
«Nous étions abandonnés livrés à nous-mêmes»
«On faisait de l’abattage»… « Je ne veux pas qu’on oublie qu’il y a une vie en moins et ce n’est pas parce qu’on nous met ailleurs que ça y est.»
Pour SUD la reconnaissance de l’imputabilité au service du décès de notre collègue ne nous fera pas oublier que nous avions tout mis en œuvre dans la cadre du CHSCT pour prévenir cet acte désespéré.
La Direction n’a pas pris ses responsabilités à la hauteur de la gravité des faits qui aujourd’hui ne sont plus contestés.
Une réorganisation du DIM a été mise en place .

Source : Sud Santé Solidaires du GHUPC

Malaise à l’hôpital public : il y a urgence !

  Malaise à l'Hôpital Public, il y a urgence !

Avec toujours plus de responsabilités et moins d’effectifs, les cadres de santé se retrouvent aux prises entre une exigence sur la qualité des soins et des impératifs de rentabilité. Maillon essentiel du système hospitalier, ils pourraient bien y perdre leur équilibre.

Une infirmière de l’hôpital Cochin à Paris s’est suicidée mardi matin 7 mars sur son lieu de travail. La direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a dit « prendre très au sérieux ce nouvel événement tragique qui renforce sa détermination dans la prévention et la détection des risques psychosociaux et l’amélioration des conditions de travail ».

Le personnel hospitalier a pris de plein fouet la vague de réformes qui submerge les établissements publics depuis le début des années 2000. Tout le monde est à bout. Les cadres de santé se retrouvent tiraillés entre deux impératifs : répondre à l’exigence de qualité des soins et améliorer la performance économique.
Sous fond de rigueur budgétaire, c’est aujourd’hui la course contre la montre dans les services. Avec le passage à la T2A (tarification à l’activité, axe majeur du plan Hôpital 2007), les centres hospitaliers sont désormais facturés selon le volume et la nature des soins qu’ils réalisent, avec une démarcation entre ceux qui sont rentables et les autres. « J’ai choisi de prendre des responsabilités pour promouvoir la qualité des soins. Et je me retrouve écrasée par des logiques financières. L’hôpital doit faire du chiffre. Et les équipes, travailler en conséquence. Il faut sans arrêt auditer leurs pratiques. Les services de soins sont devenus des petites entreprises », assène Nathalie, cadre de santé en région parisienne.
Prise en charge chronométrée
Pour compresser davantage les dépenses de santé et intensifier les entrées des patients, un coup d’accélérateur est donné au « virage ambulatoire ». La règle du jeu : planifier tous les actes de soins sur une même journée pour libérer les patients le soir. Cette modalité de prise en charge chronométrée épuise les équipes paramédicales et l’encadrement.
« Le virage ambulatoire met les cadres sous tension. Pour réduire les temps de séjour, ils sont chargés d’optimiser l’organisation...

samedi 1 juillet 2017

Une grande dame nous a quitté


Une grande dame nous a quitté

Simone Veil (née Jacob le 13 juillet 1927) est décédée hier. La France a perdue une grande dame, une militante féministe, une rebelle qui a aussi été artisan de la paix entre les peuples européens, mais c'est surtout en tant que ministre de la santé, 
du gouvernement de Jacques Chirac, que Simone Veil a marqué l'histoire.

(Archives AFP)

Ainsi le 26 novembre 1974, Simone Veil, ministre de la Santé, s'est opposée aux députés, loin d'être acquis à la cause qu'elle entendait défendre dans son projet de loi légalisant l'avortement en France. 
Elle a donné un discours retentissant, toutefois, trois jours et deux nuits, dans l'hémicycle, (où sur 490 député(e)s il y avait seulement  9 femmes...) ont été nécessaires pour arriver à faire passer cette loi, au petit matin,  le 29 novembre 1974 (1).
C'est grâce aux votes de l'opposition de gauche que la loi Veil sera adoptée. 
D'abord prévue pour être appliquée durant cinq ans, elle a été rendue définitive en 1979.
Elle a fait avancer le droit des femmes à disposer de leur corps, mettant fin ainsi à des drames où la finalité pouvait s'avérer grave. Que de vies de sauvées, que de drames évités depuis (2).

"La Vie Hospitalière" adresse à sa famille et à ses proches toutes ses sincères condoléances.




1) La loi a été définitivement adoptée le 20 décembre 1974, 
à l'Assemblée nationale
 par 277 voix pour (192 voix contre). Au Sénat 185 sénateurs ont voté pour, et  88 contre...
Le 17 janvier 1975, la loi est autorisée pour cinq ans. Elle sera rendue définitive par la loi du 31 décembre 1979.



2) Pour rappel : la loi Veil autorise l'IVG dans un délai de 10 semaines de grossesse, sur simple demande auprès d'un médecin. 




vendredi 23 juin 2017

CHU : La gériatrie ne veut plus payer le prix de l’austérité !!!


CHU : La gériatrie ne veut plus payer le prix de l’austérité !!!


Depuis plus de 2 ans, nos organisations syndicales (SUD, CGT, FO, et CFDT) dénoncent les conditions de travail dégradées des agents des Unités de Soins Longue Durée du CHU de Rennes (USLD), localisées sur le site de La Tauvrais. 
À ces alertes répétées, la direction du CHU n’oppose qu’un discours budgétaire austéritaire et renvoie nos collègues en souffrance à l’insuffisance de financement.
Avec une infirmière pour 40 patients pour dispenser des soins de plus en plus lourds, des aides-soignants en nombre insuffisant pour dispenser repas et toilettes dans des conditions respectueuses de la dignité humaine et de l’éthique soignante, avec un manque d’agents de service pour entretenir convenablement les locaux, l’ensemble des 3 services d’USLD a atteint aujourd’hui un point de rupture. Après deux droits d’alerte CHSCT pour danger grave et imminent, et l’intervention de l’inspection du travail, la Direction campe toujours sur ses positions.
À l’aube d’une nouvelle législature, il est plus que jamais temps de poser de manière concrète et ambitieuse les problématiques du service public de santé autrement qu’en termes de réductions de moyens et d’effectifs, comme le fait encore le nouveau gouvernement, qui programme 15 milliards d’euros supplémentaires de coupe dans les budgets de la santé dans les 5 prochaines années. Les conséquences, ce sont les patient-es et les hospitaliers qui en souffrent au quotidien.
Pour toutes ces raisons, les agents ont décidé de se mobiliser et d’alerter les élu(e)s, les responsables administratifs, ainsi que l’ensemble de la population rennaise, sur l’état inquiétant de la gériatrie publique rennaise. 
Une opération de distribution de tracts, avec signature d’une pétition, sera organisée le 26 juin, entre 7 heures 45 et 9 heures 30 au carrefour près de la Tauvrais, puis en destination des familles l’après-midi de 13 heures 30 à 15 heures.
Les agents du CHU et nos organisations syndicales invitent donc la presse à venir les rencontrer à cette occasion, et vous invitent à prendre connaissance de la lettre ouverte qu’ils diffuseront à l’occasion.

L’intersyndicale SUD – CGT – FO - CFDT
GERIATRIE PUBLIQUE EN SOUFFRANCE Lettre ouverte à la population, aux élu(e)s, aux responsables 

"Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Nous, agents des Unités de Soins de Longue Durée à La Tauvrais, souhaitons vous alerter sur l’état très dégradé du secteur public gériatrique rennais, comme certainement partout en France.

En effet, l’absence chronique de volonté politique d’établir un financement solide et suffisant pour nos services, a généré un manque criant de moyens humains. Aujourd’hui, nous ne sommes plus en mesure d’assurer une prise en charge digne des personnes âgées dans nos services.
Avec une infirmière pour 40 patient-es, dont certain-es relèvent des Soins Palliatifs, nous ne pouvons pas leur dispenser en toute sécurité les soins indispensables.
Sans Aide-Soignant-es en nombre suffisant, nous ne pouvons pas prendre soin des patient-es, en leur donnant leur repas, en les lavant, dans des conditions respectant leur dignité humaine et notre éthique de soignant-es.
Sans Agents de Service Hospitalier en nombre suffisant, nous ne pouvons pas entretenir les locaux pour offrir un cadre de vie accueillant, digne d’un service public moderne et respectueux.
Aujourd’hui, nous souffrons terriblement de cette situation, physiquement et moralement. Nous sommes épuisé-es car nous revenons sans cesse sur nos repos, au détriment de notre vie privée. Nous sommes atteint-es moralement, car nous ne nous retrouvons pas dans l’évolution de nos métiers et les conditions de leur exercice. 
Nous devons affronter quotidiennement des situations humaines insupportables, et faire face aux attentes légitimes des familles sans les moyens nécessaires. Notre Direction, alertée à de multiples reprises, se retranche derrière des réponses technocratiques et des prétextes budgétaires que nous ne pouvons plus entendre.
Pour retrouver des conditions de travail et d’accueil dignes, nous avons besoin : 
De financements pour des places de soins palliatifs supplémentaires; 
- de 3 postes infirmier(e)s supplémentaires, un(e) par service de La Tauvrais; 
- de 3 postes d’Aide-soignant(e)s supplémentaires de matin; 
- de 3 postes d’Agents de Service Hospitaliers supplémentaires d’après-midi.


Le Personnel de l'USLD du CHU de RENNES"

samedi 17 juin 2017

Lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn Ministre des Solidarités et de la Santé


Lettre ouverte à Madame Agnès Buzyn
Ministre des Solidarités et de la Santé

Madame Agnès Buzyn
Ministère des Solidarités et de la Santé
75350 PARIS SP

 

16 juin 2017
Madame le Ministre,
La publication de votre entretien avec les journalistes du quotidien Le Parisien concernant votre projet de rendre onze vaccins obligatoires a provoqué la stupéfaction et l’indignation des membres de notre association qui réclame la liberté vaccinale depuis plus de 60 ans.  
Vous faites part de votre inquiétude face aux nombreux cas de rougeole, et aux 10 décès (en majorité dans un contexte de co-morbidité) consécutifs depuis 2008, situation qui serait due à l’insuffisance de la couverture vaccinale, alors qu’elle n’a jamais été aussi élevée dans notre pays.  
En effet, selon l’Institut National de Veille Sanitaire (InVS), la couverture vaccinale à l’âge de 24 mois pour le ROR est passée de 89,2 % avec 1 dose et 60,9 % avec 2 doses en 2010, à 90,5 % avec 1 dose et 78,8 % avec 2 doses en 2015.
En ce qui concerne la vaccination contre la rougeole seule (incluant Rouvax® et les vaccins ROR), la couverture vaccinale en grande section de maternelle (5-6 ans) est passée en dix ans (pour les années scolaires de 2002-2003 à 2012-2013) de 93,2 % à 96,4 % avec 1 dose, et de 28,1 % à 83,2 % avec 2 doses. Les taux que vous indiquez sont donc nettement dépassés et en constante augmentation. 
Si réellement les cas de rougeole ont augmenté alors que la couverture vaccinale n'a cessé de croître, c'est peut-être qu'il existe un autre problème qu'il serait trop délicat de soulever.
Nous constatons du reste, toujours d’après les mêmes sources officielles, que pour tous les vaccins obligatoires ou recommandés la situation est comparable et que, malgré les 41 % de Français exprimant une certaine méfiance vis-à-vis des vaccins dans une récente enquête, la population de notre pays n’a jamais été aussi vaccinée.  
La Société Française de Santé Publique, dans son avis du 26 décembre 2016, propose une autre solution pour améliorer encore la couverture vaccinale sans pour autant utiliser la contrainte (cf. annexe ci-dessous).  
Augmenter le nombre de vaccins obligatoires n’apportera rien à la santé publique en matière de maladies infectieuses ; en revanche, vous prendriez une lourde responsabilité dans l'augmentation des cas d'effets indésirables, d’accidents post-vaccinaux, de maladies dégénératives, etc.
Vous ne pouvez ignorer qu'un acte médical, quel qu'il soit, doit être individualisé, et que chaque enfant réagit différemment à chaque vaccin, les facteurs en jeu étant nombreux (terrain atopique éventuel, système HLA, etc.). Le principe de vaccination de masse n'en tient déjà pas compte, et multiplier pour tous le nombre d'antigènes multiplierait aussi les risques.
Vous admettez que le double système « vaccins obligatoires + vaccins recommandés » n’est pas réaliste, mais vous dites que c’est une exception française, ce qui n’est pas tout à fait exact puisque plusieurs pays d’Europe occidentale ont au moins une obligation vaccinale et de nombreuses recommandations. Toutefois la plupart des pays dont la situation sanitaire est comparable à celle de la France ont une excellente couverture vaccinale tout en se limitant à des recommandations, sans la moindre obligation, et bien sûr sans la moindre sanction pénale.  
Seule l’Italie vient de promulguer un décret-loi imposant brutalement 12 vaccins obligatoires pour la fréquentation scolaire, ce qui n’a pas manqué de provoquer une vague de stupeur et de protestations dans le pays même et dans le monde entier.
Par ailleurs, en mai dernier le Parlement suédois a déclaré anticonstitutionnelle toute obligation vaccinale, et début juin le Bundestag a repoussé une proposition de loi tendant à rendre obligatoire le vaccin ROR.  
Il nous semble impensable que la France suive l’exemple d’un pays dont un ancien ministre de la santé, Monsieur Francesco de Lorenzo (et nombre de ses collaborateurs), fut sévèrement condamné pour corruption de la part d’un laboratoire producteur de vaccins ; d’un pays dont l’indice de perception de la corruption élaboré par l’ONG Transparency International est l’un des plus catastrophiques d’Europe, alors que Suède et Allemagne font figure d’excellents élèves ; le nouveau gouvernement français, avec le louable projet de loi sur la moralisation de la vie publique, ne peut que s’inspirer de leur exemple.   
La Ligue Nationale pour la Liberté des Vaccinations revendique la liberté de choix pour tous après une information complète et objective, conformément à la loi dite « Kouchner » du 4 mars 2002.  
Confiants dans votre lucidité et votre compétence,
Nous vous prions d’agréer...



Références :

« La SFSP considère, comme la Conférence Nationale de Santé, qu'il est nécessaire de s’engager résolument vers la levée de l’obligation vaccinale et de permettre à l'usager de prendre et d'exercer toutes ses responsabilités. Cela aurait de plus l'avantage de faire progresser l'harmonisation des pratiques vaccinales au sein de l'Europe.
Pour cela, elle appelle sans délai :
à proposer une liste de vaccinations indispensables ;  
à assurer leur gratuité sans avance de frais ;
à renforcer le plaidoyer en faveur des vaccinations auprès du grand public en l’adaptant aux freins et leviers spécifiques aux groupes les plus difficiles à rejoindre ;
à compléter ce plaidoyer par des campagnes régulières auprès des professionnels ;
à généraliser et rendre obligatoire l'utilisation des carnets de vaccination électroniques en expérimentation permettant de suivre les couvertures vaccinales ;
à élargir la liste des professionnels de santé à même d'assurer des vaccinations ;
à mobiliser les professionnels de santé pour qu’ils soient exemplaires en matière de leur propre couverture vaccinale. Le cas échéant trouver des mécanismes incitatifs à définir.
La levée de l’obligation vaccinale comporte des risques en matière de couverture pour les trois vaccins actuellement concernés par l'obligation, mais étendre l’obligation peut transformer des hésitants en opposants.
Disposer d'un outil de suivi de la couverture vaccinale permet aux pouvoirs publics d'intervenir en cas de sous vaccination ou d'épidémie en imposant ponctuellement une obligation du fait d'une situation sanitaire exceptionnelle. »  



Source  



Pour "La Vie Hospitalière" le gouvernement ferait bien de ne pas profiter de sa "position de force", qui pourrait apparaître illégitime paradoxalement compte tenu que lors des dernières élections la grande majorité du peuple s'est pas exprimé !
Il y a un grand malaise en France, et, il serait intéressant de se pencher, enfin, sur les vrais problèmes, les vrais maux de notre société de consommation ouverte comme une brèche dans le paquebot France aux intérêts de groupes privés internationaux pour la plupart...
Les vaccinations, elles devraient faire l'objet d'un contrôle strict et les "usagers" devraient être informés préalablement des produits utilisés dans les vaccins et être informés des risques liés à ces derniers, ceci est un droit autrement la responsabilité du gouvernement est grandement engagée en cas d'effets secondaires pour les usagers potentiels, il semble que ce sont plus les intérêts des laboratoires que ceux des citoyens et citoyennes qui sont privilégiés.


Ceci écrit, les hôpitaux supportent  eux aussi depuis de années cette politique qui vise à tirer profit de toutes choses, l'intérêt général est bien mal représenté...le peuple aussi si l'on se réfère au camembert  ci-dessous:




Plus le temps passe et plus il y a quelque chose qui pue au royaume de France.



L'Union syndicale Solidaires se prépare à la riposte contre la tentative de casse des acquis sociaux par le gouvernement

L'Union syndicale Solidaires se prépare à la riposte contre la tentative de casse des acquis sociaux par le gouvernement

À l’issue de son 7 ème congrès l'Union syndicale Solidaires a d’adoptée une motion appelant à construire une mobilisation large et unitaire dans la rue. 
C’est la  première organisation syndicale sur le plan national à rejoindre les mobilisations prévues pour le 19 juin dans de nombreuses villes et à Paris devant l'Assemblée Nationale. 

Face à l’urgence sociale construire une mobilisation large et unitaire dans la rue, dans les entreprises et les administrations avec les salarié(e)s, précaires, chômeurs, étudiant(e)s, retraité(e)s est devenue une priorité pour tous !



Un coup d’État démocratique

La recomposition politique menée par Emmanuel Macron n’aura pas fait illusion longtemps sur la réalité de la politique menée par son gouvernement : c’est celle d’un ultra-libéralisme assumé qui va encore un peu plus servir les intérêts des plus privilégiés, au détriment de la majorité de la population.



Après une simagrée de concertation qui a peut être pu convaincre certains syndicats qui voulaient l’être, la réalité s’est vite imposée : une méthode d’adoption en accéléré, par ordonnances avec un planning de réunions lors de la période estivale, pour éviter tout mouvement de contestation.
Une réforme qui déséquilibre encore un peu plus le rapport de force entre salarié(e)s et patronat, pour la plus grande satisfaction du Medef .
Ces nouvelles dispositions vont diminuer les droits des salarié(e)s, dégrader leurs conditions de travail, tandis que tous les moyens sont donnés au patronat : Modification possible des salaires et des conditions de travail, voire du contrat de travail lui-même au niveau de l’entreprise, plafonnement imposé des indemnités prud’homales suite à un licenciement abusif, pour savoir enfin combien coûtera un(e) salarié(e) dont on se débarrasse ! 


Intégrés à ces projets, de nouvelles remises en cause des institutions représentatives du personnel (IRP) avec de nouvelles propositions de fusion d’instances. L’enjeu est clair et vise la remise en cause de la présence et du droit syndical existant, la santé et les conditions de travail pourraient être les grands perdants avec la disparition du CHSCT.

Globalement il s’agit d’un approfondissement des lois El Khomri, Rebsamen et Macron mais ce projet vise un changement majeur du contexte de la négociation, de la représentation et in fine de la lutte syndicale en France.




mercredi 14 juin 2017

Un pneumologue grassement payé par Total


Un pneumologue grassement payé par Total

Le pneumologue Michel Aubier aussi médiatique que tolérant envers la pollution a été rémunéré plus de 150.000 euros par an par Total en 2013 et 2014.
C’est une première pour le Sénat et pour la justice. Le pneumologue Michel Aubier est jugé mercredi à Paris pour avoir menti sur ses liens avec le groupe Total lors d’une audition par une commission sénatoriale
Le 16 avril 2015, l’ancien chef de service à l’hôpital Bichat de Paris avait nié tout lien avec des « acteurs économiques » face à une commission du Sénat qui le recevait pour évoquer le « coût économique et financier de la pollution de l’air ». Il avait auparavant juré de dire « toute la vérité, rien que la vérité », en levant la main droite.
Lors de cette même audition, le pneumologue avait notamment déclaré que « le nombre de cancers dans les pathologies respiratoires » liées à la pollution était « extrêmement faible ».

5 ans de prison et 75.000 euros d’amende

Problème, Libération et Le Canard Enchaîné avaient ensuite révélé que le pneumologue recevait du groupe pétrolier Total entre 50.000 à 60.000 euros par an depuis la fin des années 1990. Des informations qu’il avait lui-même reconnues en mars 2016, devant la commission sénatoriale réunie à huis clos. C’est ce qui lui vaut d’être jugé pour « témoignage mensonger », comme s’il avait menti devant un tribunal, un délit est passible de cinq ans de prison maximum et 75.000 euros d’amende.
Mais dans son édition du 12 juin Le Monde (article payant) révèle des éléments à charge. Selon le quotidien, le professeur Aubier avait également omis d’indiquer son emploi chez Total dans sa déclaration publique d’intérêt, ainsi que des collaborations avec plusieurs laboratoires, dont MSD France, PPD France, Resal, Laser, alors qu’il était membre d’une commission de la Haute Autorité de santé (HAS).

Plus de 150.000 euros par an

Et ce n’est pas tout. Le Monde, qui a consulté l’enquête bouclée en janvier dernier, ajoute que si le professeur Aubier avait bien déclaré aux impôts ses émoluments versés par Total, les sommes dépassent largement les 50.000 à 60. 000 euros annuels évoqués.
En réalité, Michel Aubier, qui bénéficiait d’un contrat de « médecin-conseil de la direction générale » du groupe depuis 1997, était rémunéré 109.956 euros en 2014, 106.787 euros en 2013 et 99.402 euros en 2012, affirme le quotidien. Sans oublier les actions gratuites perçues: 1.200 en 2014 -61.548 euros-, 1.100 en 2013 et 740 en 2012, le tout alors que son contrat ne l’obligeait qu’à « environ 9 demi-journées par mois » dans les locaux de l’entreprise.

Une peine exemplaire?

Son avocat François Saint-Pierre plaidera la relaxe: « Il n’y avait pas de conflit d’intérêts entre son intervention au Sénat et ses fonctions de médecin du travail chez Total, il n’était pas impliqué dans la production industrielle. » Plus largement, il entend « critiquer durement » le fonctionnement même de ces commissions parlementaires. « Si ce sont des organes politiques, il n’y a pas de serment. Mais s’il y a un serment, alors on peut attendre des membres qu’ils se comportent comme des magistrats, avec la même impartialité », a-t-il déclaré à l’AFP. Et de rappeler que la rapporteure de la commission, la sénatrice écologiste Leila Aïchi, s’était publiquement émue d’un « mensonge (…) inadmissible ».
Les ONG "Générations futures" et "Ecologie sans frontière" ont réclamé « des peines exemplaires » et souhaité que « ce procès soit le début d’une prise de conscience des méfaits des conflits d’intérêt dans le domaine de la santé ».

Source L'Express




Avant toute conclusion de la justice "La Vie Hospitalière", dans cette affaire, ne se bornera qu'à révéler les faits portés à sa connaissance, sans plus de commentaire.